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La gazelle de l'aurore et le féminin divin

Comment une exposition sur la Shekhina et la gazelle a été transformée par le 7 octobre en œuvres de témoignage.

16 min

Ensuite : Le judaïsme face au fondamentalisme, la liberté d'interpréter, 12 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je vais vous parler de l'exposition Ayelet HaShachar, « La gazelle de l'aurore », dont j'ai été la curatrice au Musée de la Bible en 2024. L'expo était censée avoir lieu en novembre 2023, mais suite aux événements d'octobre, tous les musées étaient fermés. Il n'y avait plus d'art pendant six mois.

Et ce n'est pas seulement ça: une partie des œuvres n'étaient pas encore terminées. Donc là, je vais expliquer le sujet et aussi comment ces œuvres, qui étaient censées célébrer la Chekhina, le mystère du féminin divin, ont changé, elles sont devenues des œuvres de témoignage.

L'expo a été conçue dans le sillage du Sod Ayala, le secret de la gazelle, un mythe porteur d'une multitude de significations dans la Kabbale à travers les âges, et dont les racines se trouvent dans la Bible. Les apparitions de la gazelle et les références à elle dans les Écritures sont liées à la nature, à l'ardeur pour le divin, aux eaux, à l'amour et à la beauté céleste. La gazelle possède de multiples visages. Elle est sensuelle, virginale et simultanément maternelle.

Dans les Midrashim, la gazelle est identifiée à la Chekhina, la présence divine féminine. Je cite le Midrash: « La plus pieuse des bêtes, dont la miséricorde pour ses enfants est abondante. » Elle apparaît dans des contextes messianiques, reconnue comme celle qui détient le secret de faire descendre l'abondance.

Le chef a des montres supérieures vers le nôtre à travers le secret de la pluie. L'expo contenait 33 œuvres: vidéos, dessins, peintures, installations, gravures et performances. Je vais vous en montrer six. Par la suite, dans la littérature rabbinique, la biche de l'aube, la Tachahar, est associée aux eaux souterraines

et célestes, ainsi qu'à l'étoile du matin, Shachar, brillante de la lumière de Vénus. Dans l'astrologie juive, c'est Vénus. En vertu de ses actes d'amour et de miséricorde, Dieu écoute sa prière. Lorsque les animaux sont à la recherche d'eau, dit le Midrash, ils se rassemblent autour d'elle. Elle creuse un trou dans le sol, y place ses cornes et crie vers Dieu. Dieu écoute sa prière et fait monter le Tehom, les eaux primordiales.

Par ces caractéristiques, la gazelle en vient à symboliser le processus de rédemption. Chaque nuit, cette gazelle mystérieuse donne naissance à l'aube nouvelle. Elle porte à la fois la douleur et le bonheur de l'enfantement. Sur le plan symbolique, elle représente également la naissance du sujet féminin. Toutes les nuances de la femme se reflètent dans cette image de la gazelle, qui incarne la révélation de El Shaddai, le divin, fertile et nourricier

dans notre monde. Ce mythe dépeint la rencontre fatidique de la gazelle, représentant, comme on l'a dit, la pureté, la grâce, la beauté divine et la nourriture, avec le serpent. Et vous avez la citation ici. Cette créature représente les forces du mal, mais aussi la masculinité et la guérison. De cette union des contraires, comme disait Jung, coincidentia oppositorum,

coïncidence des opposés, délivrée dans la douleur, naît la rédemption. Le Zohar va tisser un motif grandiose, et pour notre sensibilité un peu bizarre, de la naissance de la rédemption, fondé sur cette légende rabbinique du Talmud de Babylone, traité Baba Batra. Sais-tu quand les biches mettent bas ?

La matrice de cette biche, donc son utérus, est étroite, ce qui rend l'accouchement difficile. Quand elle s'accroupit pour accoucher, je lui envoie un dragon, dit Hachem, qui la mord à l'ouverture de son utérus, lequel se relâche alors, et elle m'ébat. Si le serpent l'atteignait un instant trop tôt ou un instant trop tard, elle mourrait immédiatement. C'est l'image de la rédemption. C'est une question de Heref Ein

du Augenblick, du moment propice. À partir de cette légende, alors que l'obscurité de la nuit se lève, la gazelle est tourmentée par les douleurs du travail. Le Zohar va beaucoup expliquer et entrer dans les détails. Je n'apporte pas les textes maintenant, mais à l'écrit, ce sera détaillé.

Et le ciel lui envoie, avec compassion, ce serpent pour la mordre, et va accélérer son accouchement. Initialement, l'exposition avait donc été conçue comme une célébration de ses mystères. Mais le terrible massacre du 7 octobre s'est abattu sur Israël, et l'attaque a visé non seulement Israël, mais la femme dans son essence, le féminin, la maternité et l'individuation féminine. Les thèmes mêmes autour desquels l'exposition était

censée s'articuler. Donc le thème de la matrice a été attaqué en lui-même, et certaines de ses œuvres sont devenues des témoignages de la négation brutale de tout ce que la gazelle était censée représenter, tout en évoquant, de manière concomitante, la force procréatrice de la vie et sa continuité.

Alors, durant les processus créatifs que je vais montrer très brièvement, en préparation de l'expo, l'image de la gazelle a accompagné les artistes dans toutes ses manifestations. Elle est celle qui porte la félicité, celle qui porte la catastrophe, et celle qui porte la rédemption. Combien de temps j'ai encore ? Là, j'ai passé cinq minutes. Après, juste un passage qui est très important.

Après chaque catastrophe qu'a vécue ou survécue le peuple juif à travers les générations, c'est justement l'image de la gazelle dans les écrits qui fait luire l'espoir et la résurrection. Dans la tradition juive, depuis les temps des prophètes, les périodes de crise d'Israël ont été dépeintes comme des naissances difficiles. Dans ce sens, les commentateurs bibliques Rashi et Ibn Ezra comparaient le hame Israël à une ayalette,

à une gazelle qui a de la peine à accoucher. Nous sommes encore au milieu de la crise, mais aussi au début d'une délivrance, on l'espère, d'une nouvelle réalité pour le peuple d'Israël, sortie du ventre de la gazelle, selon les paroles du prophète Isaïe. « Qui a jamais entendu pareille chose ? Qui a jamais vu rien de tel ? Un pays peut-il naître en un seul jour ? » demande le prophète. « Une nation peut-elle venir au monde en un seul instant ? »

« Car à peine Sion a-t-elle été en travail qu'elle a enfanté ses fils. » Ici, vous la voyez en détail, justement la gazelle de l'aurore. On voit la Chekhina ailée sous les traits de la Niké de Samothrace, déesse de la victoire, de la sagesse et de la guerre, que vous connaissez, la statue du Louvre que vous connaissez. Mais au Louvre, elle est dépourvue de bras, de jambes et de tête, et l'artiste ici lui a rendu son visage et ses ailes.

Son corps ressuscite comme une prière pour la résurrection de la Chekhina, de la poussière, qui viendra apporter la victoire. Modeste et à la fois audacieuse, elle tente, le créateur, de sauver le monde sans tarder. Elle reflète le pouvoir féminin qui apportera le changement, comme il est écrit dans le psaume 22, qui est nommé Ayelet HaShahar, d'après la gazelle de l'aurore. Je vais y revenir après, au sujet d'Esther. Elle dit: « Et toi, Éternel, ne sois pas loin. »

En hébreu biblique, c'est la force féminine au sein de la gazelle. Donc, ce n'est pas seulement la gazelle, mais c'est aussi, en hébreu, la force, la force rédemptrice, la force qui …

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