La fin des Juifs de France et le renouveau du judaïsme en Israël
Dov Maïmon analyse le risque pour les Juifs de France et appelle à l'alya comme réponse.
Ensuite : Le mythe du génocide de Gaza face à l'antisionisme, 13 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers frères et chères sœurs, Ave Maria ! Bon, écoutez, d'abord, quel bonheur de vous retrouver, de nous retrouver ici, quel moment magique de se retrouver ensemble. On est seuls mais ensemble, comme disait Francky Tapiron. Donc, ce que je voyais, je regardais les visages quand Didier était en train de parler. Et je me disais: les gens se disent, mais ce n'est pas possible, comment on pourrait imaginer ? Alors, comment ça se fait qu'on ne peut pas imaginer ? La première chose, pour qu'on n'imagine pas une chose comme ça, c'est ce qu'on appelle une dissonance cognitive.
Parce que depuis 1789, chaque génération était plus laïque, plus laïcisée, moins communautaire et moins proche de la religion et moins proche de la communauté que la génération précédente. Il y avait plus de mariages mixtes. Et depuis le début du XXIe siècle, d'une manière absolument incroyable, qui est contraire à toutes les théories qu'on connaît dans le monde, les Juifs sont plus religieux que leurs parents et plus religieux que ce qu'ils étaient il y a vingt ans. Donc on a un phénomène de l'entre-soi. Et ce qu'on voit ici, d'ailleurs, c'est qu'on est dans l'entre-soi. Et donc on ne comprend pas comment on pourrait tout à coup, alors qu'on a un judaïsme parisien, capitale mondiale, la gastronomie cacher, 250 restaurants, une vie merveilleuse, des centres d'études partout, des gens qui, de plus en plus... comment ça pourrait tout à coup s'effacer ?
Alors là, je vais répondre tout simplement, d'une manière assez brutale: le judaïsme polonais était à son apogée en 1939. C'est une illusion d'optique. Ça veut dire que ça ne veut rien dire. Ce qui dépend de la communauté, de l'avenir d'une communauté, de la pérennité d'une communauté, c'est: est-ce que les pouvoirs publics et la police vont nous protéger ? Et si elle ne nous protège pas ?
Et comme a dit Didier, ça dépend de la démographie. Si la maire de Strasbourg a annulé son jumelage avec Ramat-Gan, et si le maire de Bordeaux a annulé son jumelage avec Achdod, et si le maire de Grenoble a annulé son jumelage pour prendre des villages palestiniens, c'est parce qu'il y a des élections municipales. Comme il a dit, si les Juifs sont à 2000 % de la population, et si 25 % des jeunes de moins de 35 ans font le ramadan, si 23 % des jeunes bébés qui naissent ont un prénom arabo-musulman, alors ça veut dire qu'on a cinquante fois plus de musulmans, en fait, dans les villes, donc dans les endroits où se trouvent les Juifs.
Donc les Juifs, en vérité, les gens vont aller suivant des calculs assez simples. L'État d'Israël, l'État français ne fera rien, l'État d'Israël ne fera rien non plus. Donc chacun doit penser à lui-même. Donc, rien de simple: prenez, préparez chacun une petite valise avec un passeport en règle, de l'argent liquide, des adresses de goyim qui pourraient vous protéger, et vérifiez le soir avant de dormir que vous avez de l'essence dans la voiture. Sinon, pas de quoi s'inquiéter, tout va bien jusqu'à maintenant.
Alors, maintenant, je vais venir sur des choses plus importantes. Sans ça, je ne vais pas parler. Je vais vous dire deux choses. Première chose: j'ai fait un podcast cette semaine en hébreu. Donc, vous avez compris. C'est moi qui ai écrit le plan pour l'Alia des Juifs de France pour M. Benjamin Netanyahou. Et là, cette semaine, j'ai fait un podcast en hébreu. Parce qu'en fait, pour les Juifs de France, on a écrit La fin des Juifs de France, où celui qui a envie d'avoir les yeux ouverts prend le livre, le lit en deux heures, ça se lit comme un homopolicier, et vous allez savoir tous les chiffres, et vous allez voir pourquoi on arrive à ces analyses.
C'est ce qu'on appelle du due diligence dans le monde du business, c'est-à-dire qu'on fait une analyse de risques: les risques endogènes, les risques exogènes, des choses comme je fais pour le gouvernement israélien, classiquement. Et simplement, j'ai fait un podcast en hébreu qui a passé maintenant les 400 000 vues. Je ne sais pas si vous imaginez qu'il est sorti samedi soir en hébreu, d'une heure, et qu'il passe partout, et qu'il est en train de dire ce que je suis en train de vous dire, et que les gens comprennent que ce qu'on est en train de dire, il y a de quoi s'inquiéter.
Pourquoi je le fais en hébreu ? Parce qu'en fait, c'est ici que ça se joue. Ça dépend du gouvernement israélien et de ce qu'il va mettre en place: les structures, les plans, une commission gouvernementale pour faciliter, enlever tous les blocages, etc. C'est facile. Vous vous rappellerez: A, B, C, D, E. Prenez des notes, parce que c'est à l'examen. Alors, A comme Avoda, ça veut dire travail; B comme Bayit, maison; C comme communauté; D comme diplôme, reconnaissance de diplôme; et E comme éducation des enfants. Donc c'est simple, vous avez compris. Si on règle ces cinq problèmes, on va régler pas mal de choses.
Beaucoup de Juifs, en fait, les Juifs de France savent pertinemment que leurs petits-enfants ne vivront pas en France. À quelle vitesse ça va aller, ça dépend des aléas, de toutes sortes de choses. On connaît l'histoire. De manière générale, les Juifs ont toujours une tendance à partir à la dernière minute. Vous savez, c'est pour ça qu'on mange des matsot à Pessa'h, parce qu'on est partis dans la précipitation. Vous vous rappelez, en Algérie, les Juifs sont partis une main devant, une main derrière. En 1956, en Égypte, etc. L'histoire se répète en permanence. Les Juifs sont des optimistes invétérés, parce que chacun se croit qu'il va sortir, qu'il va passer entre les gouttes, parce que ça fait deux mille ans qu'on habite en France, on ne va quand même pas disparaître d'un jour à l'autre. On a vu le décret infâme de Napoléon, etc.
Alors, ce que je voudrais vous dire maintenant, ce qui me paraît très, très intéressant, c'est ce qui est en train de se passer ici, dans cette salle. Regardez, je suis quand même un anthropologue participatif, donc je vous dis un peu ce que je vois. Je vois d'abord qu'on est tous dans un même bateau, on est une communauté transnationale, c'est-à-dire qu'on vient à Jérusalem pour parler de l'avenir du judaïsme francophone, du judaïsme français. C'est extraordinaire. Je salue l'initiative, qui est exceptionnelle. On se retrouve tous ici. En fait, on est des frères et sœurs. Vraiment, c'est pour ça que j'ai commencé comme ça.
Et puis, l'histoire collective s'écrit en Israël, on l'a entendu de multiples fois. On a compris qu'il y a un judaïsme en diaspora, mais c'est un judaïsme de bac à sable, c'est-à-dire qu'on parle du cacher, du Chabbat, de tout ça. Alors qu'ici, les questions, ce sont les otages. Quelles doivent être les normes de combat dans une guerre asymétrique ? Qu'est-ce qu'on doit faire ? Quelles sont nos priorités ? On voit un judaïsme qui est complètement renouvelé. Vous …
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