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Téchouva par amour : quand la faute devient mérite

Rav Kook et Resh Lakish : pourquoi la téchouva par amour transforme les fautes volontaires en mérites.

49 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Alénou : des familles devenues nations, 56 min

En bref

Le Rav Ackerman étudie avec le public un passage d'Orot HaTechouva du Rav Kook et l'enseignement de Resh Lakish sur la techouva par crainte (mihira) et la techouva par amour (me'ava), dont les fautes volontaires peuvent devenir des mérites. Il s'appuie sur l'opposition entre le temps vécu en série, linéaire, et un temps relié à un niveau supérieur où passé, présent et futur se tiennent ensemble. Il conclut que la techouva me'ava permet de transformer le passé et ouvre l'avenir, à la différence d'un regard résigné sur ce qui est cassé.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Présentation de l'étude

Notre prochain intervenant est le Rav Ackerman. Je pense que, dans ce public, il est inutile de le présenter, si ce n'est pour dire qu'il est un ingénieur issu de cette institution-là, et qu'il enseigne aussi: non seulement il est le Rav de la Midrash Youda, mais il est aussi Rosh Hamidrash, ici, et il y a quelques-uns de ses élèves qui sont dans la salle. Ça fait beaucoup de chance. Nous collaborons beaucoup sur ces questions-là, de Torah et de science. C'est la première fois qu'avec la Midrash Youda nous faisons quelque chose ensemble. Avec le Rav Aterman, il y a du personnel, ça nous est déjà arrivé de faire pas mal de choses. Le triumvirat qui travaille ensemble, le Dr Morali, le Rav Ackerman et moi-même, nous sommes tous là. On va l'écouter avec la plus grande attention. Donc, Erev Tov à tous.

L'étude qu'on va avoir maintenant porte sur un texte du Rav Kook dans Orot HaTechouva, que vous avez reçu. Cette semaine, la semaine dernière, c'était le de Ben Ogro, du Pono Ibraha, la première année. Et comme vous savez, il est le premier, et peut-être le seul, qui a traduit en français les écrits du Rav Kook. Le premier livre qu'il a traduit, c'est Orot HaTechouva. Donc on le remercie, et on l'étudiera aussi, l'Iloui Nichma.

Le texte que vous avez ici, c'est ça qu'on va étudier ce soir. C'est un enseignement que vous connaissez bien, de Resh Lakish. Resh Lakish savait de quoi il parlait quand il parlait de techouva, parce que vous savez que, dans sa vie antérieure, avant d'être un tamitracha, il était le chef de la mafia. Il travaillait chez Angel. Et il nous a donné un enseignement extrêmement important: il y a deux sortes de techouva, la techouva mihira et la techouva mehava. Mihira, ce n'est pas la vitesse, hein.

Donc, la techouva mihira, c'est la techouva de crainte. Si on fait techouva par crainte, crainte de la punition, c'est-à-dire qu'on a peur de se faire taper sur les doigts, à ce moment-là on dit que, quand on fait techouva mihira, les zedonot, ce sont les fautes qu'on a faites de manière… qu'on a faites exprès, c'est-à-dire bemézid, volontairement, sont transformées grâce à la techouva en chegagot, c'est-à-dire que HaKadosh Baroukh Hou nous les considère comme si on ne les avait pas faites exprès. Et par contre, si on fait techouva mehava, c'est-à-dire si on fait techouva par amour, par amour de HaKadosh Baroukh Hou et de la vérité, à ce moment-là, les zedonot deviennent kizgagot, comme des erreurs, et alors ça, c'est super. Les fautes qu'on a faites exprès sont transformées en zekhouyot, en mérite.

Je vous conseille de faire attention, et je vais vous dire à quoi il faut faire attention. Par exemple, vous avez volé 100 000 shekels: c'est comme si vous aviez donné 100 000 shekels en tsedaka, vous comprenez ? C'est-à-dire que c'est inversé. Alors il faut faire attention, parce qu'il y a une autre phrase qui dit: si vous voulez déjà donner cent mille shekels, donnez cent mille shekels. Mais ne volez pas cent mille shekels en vous disant que vous allez faire techouva mehava et qu'après vous allez avoir les zekhouyot. Ça ne marche pas. D'accord ? En tout cas, bedi'avad, a fortiori, à propos de la faute, il y a un principe comme ça.

C'est en fait le point qu'on va essayer de mieux comprendre: approfondir la différence entre les deux, et surtout la techouva mehava, c'est-à-dire le fait que, quand on fait techouva… Donc c'est notre étude de ce soir, et c'est à partir de cela qu'on va commencer.

## Le texte du Rav Kook

Et ensuite, je vais expliquer ce que je peux expliquer. Je vous lis en français le premier paragraphe du début, en français, sauf que je changerai deux mots, parce que je préfère:

« Intarissables sont les ondes de la Techouva, individuelles et générales, telles des vagues de flammes à la surface du soleil. Elles s'élancent et s'élèvent dans une lutte incessante, donnant la vie à une multitude de mondes et à d'innombrables créatures.

Nul n'a le pouvoir de recueillir l'afflux infini de l'abondance des couleurs émanant de ce magnifique soleil qui illumine les mondes, le soleil de la Techouva. Leur flux est si puissant, il se précipite avec une telle profusion et à une si vertigineuse vitesse. Il jaillit en effet directement de la source de la vie, dont le temps lui-même n'est qu'une des forces restreintes, en hébreu tsimtsoum, de son épanchement. »

Vous pouvez regarder dans le côté hébreu: une des forces restreintes, c'est… Shezman, Balsmou, Rakecha, Natavniyot, Ametsoum, Tzamo, Tshelo. C'est-à-dire que le temps n'est qu'une restriction, en fin de compte, de ce soleil de la Techouva.

Vous remarquez que les thèmes du Rav Kook, qui est poétique, sont un peu les thèmes que nous avions entendus dans le cours de… Voilà. Donc il faudrait, Mehmet, pouvoir comprendre, et le point que je voudrais…

C'est-à-dire que le temps n'est qu'une partie restreinte de ce soleil de Hachouva qui donne énormément de couleurs, de flux, etc. Vous avez compris, ou vous n'avez pas compris, comme moi, hein, c'est ça ? C'est du Rav Kook. Ok, alors on commence.

## Transmission en parallèle et en série

C'est parti. Ça, c'est le Rav Kook, c'est moi qui ai dessiné, vous voyez. J'ai fait les beaux arbres. Top. Alors, je vais utiliser une notion que j'ai apprise au Makhon Lev, il y a longtemps, dans la transmission de l'information. Lorsqu'on veut transmettre une certaine information, il y a deux manières différentes de la transmettre. Il y a ce qu'on appelle le parallèle, ou bien le série. En hébreu, toury ou makbili.

Par exemple, si je veux transmettre le mot Shalom, on peut l'envoyer avec quatre fils différents: sur le premier, il y a le Shin, ensuite le Lamed, ensuite le Vav, le Mem. C'est plus compliqué que ça, mais en tout cas, de manière simple. Et à ce moment-là, ça a un grand avantage. Quel est l'avantage ? Si on le transmet en parallèle, c'est simultané. Simultanément, quoi ? Ça arrive en même temps, ça va plus vite, etc. Sauf que ça demande… c'est un Roch HaFa, c'est-à-dire qu'il nous manque des fils pour pouvoir transmettre les choses en même temps.

Il y a donc une deuxième manière de faire les choses, en série. Et à ce moment-là, qu'est-ce qu'on fait ? Par exemple, j'ai pris l'exemple du télégraphe. Vous vous souvenez ? Zichono livracha, j'ai marqué, il fait partie de l'Yartzaï de ce soir. Le télégraphe n'avait qu'un seul fil, donc ça nous donnait du fil à retordre, ce n'était pas simple, parce que, pour envoyer les choses, qu'est-ce qu'on faisait ? On envoyait les lettres les unes après les autres. Pour dire Shalom, on disait Shin, ensuite Lamed, ensuite Vav et Mem. C'est comme le shofar: tiou, tiou, tera, shvarim, teroua, etc. C'est comme ça qu'on transmettait, en somme, on transmettait les choses.

Cours d'Orot veKelim

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