Alénou : des familles devenues nations
Le double témoignage d'Israël dans Alénou : séparé des nations, et ouvert à l'unité de toute l'humanité.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Bilan noachide et les degrés de l'expiation selon Maïmonide, 48 min
En bref
Le cours part du texte Alenou lechabéa'h, récité à la fin des prières et au cœur de la prière de Moussaf de Roch Hachana. Le Rav montre que ce texte définit la mission universelle d'Israël : une première partie particulariste qui remercie d'avoir été séparé des nations, une seconde partie qui espère l'unité de l'humanité reconnaissant le Créateur. Il s'appuie sur la distinction entre « mishpehot » (familles) et « goyim » (nations) dans le chapitre 10 de Béréchit pour expliquer la différence entre des peuples qui vivent en paix et des nations qui se définissent par un territoire et la guerre.
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Pourquoi m'a-t-on demandé de parler d'Alénou leChabéa'h ? Je suppose parce que c'est la prière centrale du Moussaf de Roch Hachana. Il y a là, disons, la dimension universelle de la Torah, et c'est donc un texte extrêmement important. Alors, si vous voulez, on peut parler d'autres choses, hein ? Ça ne me dérange pas. Ça vous va ? C'est parfait. D'accord, c'est très bien. Nous souhaitons tous une bonne réussite à David Altar dans ses Milouïm.
Qu'ils reviennent en bonne santé et dans la joie. Personne n'a répondu Amen. C'est très bien. Amen, Amen. Si tout le monde est à New York, on a déjà commencé la dictature, tout le monde est déjà… Bon, d'accord, pas de problème. J'accepte tout à fait. À part ça, je ne peux pas ne pas signaler que nous sommes aujourd'hui dans un jour de joie, étant donné les événements heureux que nous connaissons. Et je tiens à rappeler que c'est une joie quand nos ennemis tombent.
Vous allez peut-être me dire: oui, mais il est dit « Ne te réjouis pas lorsque ton ennemi trébuche ». Vous connaissez le verset dans le livre de Michlé, les Proverbes: « Lorsque ton ennemi tombe, ne te réjouis pas. » On se sert de ce verset à tort et à travers parce qu'on ne comprend pas exactement ce qu'il dit. Pour le comprendre, il faut le lire en entier.
Ce que la Torah, ce que le prophète, ce que le roi Salomon nous dit, c'est que tant que ton ennemi n'a fait que trébucher et qu'il n'est pas encore mort, ne te réjouis pas, parce qu'on ne sait jamais, il peut peut-être se relever. Pour comprendre cela, il y a un texte dans la Guemara à propos de Rava, un des maîtres de la Guemara, qui disait: « Quand je suis malade, publiez-le, publiez ma maladie, pour que mes ennemis se réjouissent. » Il est possible que toute sa maladie n'avait pour but que de réjouir ses ennemis. Une fois que c'est fait, c'est fait. Quand mon ennemi trébuche, la seule chose qu'il mérite, peut-être, c'est que je me réjouisse. Mais une fois qu'il est mort, il n'y a aucun problème.
Regardez dans la Torah, à propos de la Mer Rouge. Quand la Torah dit: « Vayar Israël et Mitzrayim meta al sefat hayam », lorsqu'Israël a vu l'Égypte morte sur le bord de la mer, « az yachir Moshe », c'est alors que Moshé s'est mis à chanter, vous, Israël, avec les enfants d'Israël. Donc, étant donné que notre ennemi n'a pas seulement trébuché, mais qu'il est également mort, il est non seulement légitime, mais même, je pense, moralement obligatoire de se réjouir et de remercier HaKadosh Baroukh Hou pour ce qui est arrivé. C'était simplement pour justifier un discours agressif envers nos ennemis.
Maintenant que nous en avons fini avec cette remarque, on peut passer au texte d'Alénou leChabéa'h, que l'on récite d'habitude à la fin de chaque prière, à la fin de Chacharit, de Mincha et de Arvit. C'est en fait un texte dont l'origine se trouve dans la prière de Moussaf de Roch Hachana. Une partie de ce texte revient d'ailleurs à Kippour. C'est un texte fondamental parce qu'il nous explique ce que nous, les Juifs, voulons faire dans le monde. Nous avons un message universel.
Rappelons une chose importante: le texte d'Alénou est divisé en deux paragraphes, deux passages. Le premier passage commence par Alénou et finit par le mot Od. Si vous prenez la première lettre d'Alénou, c'est un Aïn. La dernière lettre de ce premier passage, c'est un Dalet. Aïn et Dalet, cela fait Ed, qui veut dire témoignage. Ensuite, vous passez au deuxième passage. Al kèn nekavè commence par un Aïn, et finit par Ehad, un Dalet, un nouveau Ed. Donc vous avez deux témoins: Ed plus Ed, deux Ed. Le témoignage d'Israël se résume dans ces deux dimensions. D'ailleurs, c'est le prophète qui dit: « Atem edai, neum Hachem, va'ani El », vous êtes mes témoins, paroles de l'Éternel, et je suis Dieu. Ce qui veut dire, à la limite, c'est ce que dit le Midrash: si vous témoignez de moi, je suis votre Dieu; si vous ne témoignez pas, je ne suis pas votre Dieu.
Et que témoignons-nous ? Le premier message de la première partie d'Alénou dit le contraire de ce que dit la deuxième partie. La première partie dit que nous louons HaKadosh Baroukh Hou de nous avoir séparés des nations. La deuxième partie, Al kèn nekavè, c'est l'espoir de l'unité de toute l'humanité, qui va entièrement connaître le Créateur. Il y a donc une première partie particulariste et une deuxième partie universelle.
Je vais vous raconter une petite histoire au sujet du Grand Rabbinat d'Israël. À un moment, il y a eu tout un débat entre les rabbins pour savoir s'ils allaient faire une commission interconfessionnelle ou pas, si le Grand Rabbinat d'Israël allait s'occuper des goyim ou non. Dans le grand conseil rabbinique, un des rabbins, dont je ne dirai pas le nom, a dit: « Surtout pas, les goyim ne nous intéressent pas. » Et un autre rabbin, qui pensait le contraire, a répondu: « Monsieur le rabbin, vous êtes encore dans le premier paragraphe d'Alénou, mais moi je suis arrivé au deuxième. »
En fait, il y a un rapport direct entre les deux paragraphes. Qui est l'auteur d'Alénou et du Chabéa'h ? Il y a une tradition, qui n'est probablement pas historique mais qui est symbolique, chez les Guéonim, selon laquelle le premier paragraphe d'Alénou a été écrit par Yehoshoua bin Noun, Josué, lors de la conquête d'Erets Israël. C'est-à-dire qu'au moment…
Bon, c'est sympa, mais…
Il faudrait, dans ce cas, que votre fils soit d'accord. Il ne suffit pas que vous soyez d'accord. Bon, en tout cas, bien le bonjour à toute la famille, déjà, puisque je vois que c'est Fabien. Continuons… ah non, ce n'est pas le même. Bref, où en étais-je ? Oui: au moment de la conquête d'Erets Israël, nous entrons en conflit avec les nations. C'est précisément le même moment où l'on parle du message universel.
Rappelez-vous que Yehoshoua, quand il fait passer le peuple, quand il fait traverser le Jourdain au peuple, et qu'il les amène à Hachem, écrit la Torah sur des pierres, et la Torah nous dit qu'il faut le faire de manière très explicite: be'er hetev. Qu'est-ce que « très explicite », dit la Guemara ? En soixante-dix langues. Nos ancêtres ne parlaient pas soixante-dix langues, ils parlaient l'hébreu.
Cela veut dire qu'au moment où nous nous imposons sur la scène internationale, sur le plan politique et militaire, c'est le moment de parler avec toutes les nations de la terre. Si vous voulez, c'est le problème du rôle d'Israël une fois qu'il revient sur sa terre, ou quand il entre pour conquérir sa terre: c'est d'amener les nations à se poser la question de savoir de quel côté elles se trouvent. Sont-elles du côté de la bénédiction, ou du côté de la malédiction ? On pourrait même faire des cartes de géographie, avec une sorte …
Cours d'Orot veKelim
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