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Larmes aux yeux et joie au cœur à Roch Hachana

Pourquoi Roch Hachana est à la fois jour de crainte du jugement et jour de joie du souvenir.

4 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Les slichot et le retour à la grandeur de Dieu, 9 min

En bref

Le cours part de la double nature de Roch Hachana, jour du souvenir (Zichron Teruah) selon la Torah et jour du jugement (Yom Hadin) selon la Michna, et de la question de savoir s'il faut s'y réjouir ou trembler. Il s'appuie sur la lecture de la Torah par Ezra à Jérusalem, où le peuple pleura jusqu'à midi avant d'être invité à la fête. Il montre, à partir de l'enseignement du Rav Yehouda Léon Ashkénazi (Manitou), comment joie et crainte se rejoignent dans la rencontre avec le Créateur.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Roch Hachana, le début de l'année, bon, ça c'est évident. Mais comment est-ce que c'est appelé dans la tradition ? Dans la Torah, le terme employé c'est Yom HaZikaron, Zikhron Teroua, le jour du souvenir. Chez les Hakhamim, dans la Mishna, nous voyons que c'est le jour du jugement, Yom haDin.

Or, le souvenir et le jugement sont vraiment deux choses totalement différentes. Quand on est face à un jugement, on est inquiet. On est dans l'inquiétude, il y a le tremblement, il y a la terreur du jugement, ce qu'on appelle Kherdat HaDin. Par contre, le souvenir est une raison de joie. On ne m'a pas oublié. Et c'est terrible d'être oublié. Donc, quand nous parlons de Roch Hachana en tant que Yom HaZikaron, c'est un jour de joie.

Le problème, effectivement, c'est qu'il y a une dialectique. Il faut savoir si le jour de Roch Hachana est un jour de réjouissance ou un jour de tremblement. Et même dans la halakha, nous avons des hésitations par rapport à cela. En effet, certains posqim disent qu'on a le droit de jeûner le jour de Roch Hachana, parce que c'est un jour où on est jugé, et jeûner un jour de jugement, c'est une bonne chose. Et certains disent qu'il est absolument interdit de jeûner à Roch Hachana, puisque c'est un Yom Tov, un jour de réjouissance.

Et alors, que faire ? Si nous nous référons à ce que nous dit le Tanakh, nous voyons qu'à l'époque d'Ezra, il s'est passé quelque chose d'assez surprenant. Ezra rassemble le peuple dans la grande cour du Beit HaMikdash à Jérusalem, et il leur lit la Torah. Une lecture un peu différente de la nôtre, puisqu'elle a duré six heures, depuis le lever du soleil jusqu'à midi.

Pendant six heures, Ezra lit la Torah. Il le fait d'ailleurs pendant deux jours, ce qui fait donc une lecture de la Torah qui dure douze heures. En douze heures, on peut effectivement lire tous les cinq rouleaux de la Torah, surtout si on ne fait pas de mishebéra'h au milieu. Le Tanakh nous raconte qu'en entendant les paroles de la Torah, lues d'une manière qui devait encourager la techouva, le peuple s'est mis à pleurer abondamment. Et ils ont pleuré jusqu'à midi.

À midi, Ezra et Néhémie leur disent: arrêtez, vous n'avez pas le droit de pleurer, c'est un jour de fête. Allez chez vous, mangez bien, réjouissez-vous, buvez des bonnes boissons, et la joie que vous aurez avec Dieu, c'est ça votre force. Redvat Hachem Imah Ousrem. Alors on peut se demander: pourquoi a-t-il pensé à leur dire ça seulement l'après-midi ? Il aurait pu le dire le matin. Donc nous voyons qu'il y a une ambivalence également dans le jour de Roch Hachana,

qui est moitié jour de tremblement et de crainte, et moitié jour de réjouissance. Comment faire la jonction entre les deux ? Le Rav Yehouda Léon Ashkénazi enseignait qu'il y a fondamentalement la joie. La joie, c'est qu'on se souvient de moi. Je reviens à mon origine. Je reviens au moment fondateur de mon être, le moment de la création.

C'est pour ça que Roch Hachana, en tant que jour de la création du monde, est également le jour où je me souviens moi-même d'avoir été créé. Et s'il y a eu un moment où j'ai été créé, c'est qu'il y a eu un moment où l'on m'a désiré. Le fait d'être désiré me remplit de joie. Mais c'est là que commence le tremblement, parce que je sais que le fait qu'on se souvienne de moi, c'est ça qui va me juger. Il y a donc ici une conjonction qui n'est possible que lors de la rencontre avec le Créateur.

Il y a la joie du souvenir, il y a le tremblement d'être jugé. Il semble que c'est un peu ce que voulait dire le poète, dans le poème que nous récitons, que les Sefaradim récitent avant la Sodrée du Shofar: Ein bemar bokha velev sameah. Les yeux sont humidifiés par les larmes et le cœur est rempli de joie. Et justement, c'est cette conjonction-là qui est la particularité de Roch Hachana. Shana Tova.

Cours d'Orot veKelim

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