La téchouva, un retour de l'être plutôt qu'un repentir
Rav Oury Cherki explique que la téchouva est une nostalgie de l'origine, avant d'être une réparation des fautes.
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En bref
Le Rav explique que la techouva ne se réduit pas au repentir : le mot signifie retour, et la Torah parle de revenir à l'Éternel plutôt qu'à la seule observance des commandements. Il présente la techouva comme un mouvement intérieur de l'être vers son origine, qui entraîne ensuite la correction du comportement. Il s'appuie sur Maïmonide, qui parle de « celui qui fait techouva et revient de ses fautes », pour montrer que la réparation des erreurs vient après ce mouvement fondamental.
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Shalom. La techouva, qu'est-ce que c'est ? Techouva est un terme hébraïque que l'on traduit en général par repentir, parce qu'on n'a pas mieux en français. Mais en vérité, le terme de techouva veut dire le retour. La période qui commence avant Roch Hachana et qui s'achève avec Kippour et même Roch Hachana Rabba est une période de techouva. On peut donc dire que c'est effectivement le moment du repentir: on regrette les mauvaises actions qu'on a pu faire et on se prépare à une vie meilleure.
Mais c'était effectivement très inexact. Quand nous lisons ce que dit la Torah à propos du retour, elle ne dit pas « tu reviendras à l'observance des commandements ». Elle dit tout à fait autre chose: elle dit « tu reviendras à l'Éternel ton Dieu ». Cela veut dire que la techouva est fondamentalement une sorte de soif métaphysique, une sorte de nostalgie de l'origine, et que cette nostalgie de l'origine entraîne également l'amélioration du comportement.
Parce que la Torah nous dit: tu reviendras à l'Éternel ton Dieu, et alors tu accompliras ses commandements. Ce dont il est question, c'est donc un retour de l'être. La techouva, contrairement à l'idée reçue, n'est pas un retour des pécheurs vers un bon comportement; c'est au contraire un retour de l'être dans sa plus pure intériorité, qui revient à son origine.
Or, pour avoir la soif de l'origine, pour avoir ce qu'on appelle la nostalgie métaphysique, il faut être un être pur dès le départ. C'est la raison pour laquelle certaines sources talmudiques nous disent que la techouva, le retour, est justement une prérogative des justes et non pas des pécheurs. On pourrait dire que même les pécheurs ont le droit de faire techouva. Ils ont le droit de participer à cette ascension permanente de l'être vers le Créateur, mais fondamentalement, la techouva n'a pas été créée pour la rémission des péchés, pour réparer ses erreurs. La techouva, c'est un mouvement fondamental de l'être.
Un de nos maîtres, Maïmonide, quand il parle de la techouva, dit que si on a péché, si on a eu une erreur, si on a transgressé une parole de la Torah, lorsque l'on fait techouva et que l'on revient de ses fautes, alors il faut faire telle et telle chose.
Remarquez ici la formulation extraordinaire de Maïmonide: quand on fait techouva et qu'on revient de ses fautes. Donc, faire techouva, ce n'est pas revenir de ses fautes. Faire techouva est un mouvement inné, spontané de l'être, qui a une soif de l'infini. Et cette soif de l'infini entraîne également une recherche du comportement qui nous rend dignes de cette rencontre, et donc la réparation des erreurs. Mais la techouva, fondamentalement, commence par la partie la plus noble et la plus pure de l'être humain.
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