Jusqu'où écouter les rabbins : le cas du calendrier
Pourquoi, pour la fixation du calendrier, il faut suivre le Sanhedrin même quand il se trompe, avec l'exemple de Rabban Gamliel et Rabbi Yehoshoua.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Roch Hachana, fête historique ou symbole ?, 1 h 00
En bref
Le Rav aborde la question de savoir jusqu'où il faut écouter les rabbins, à partir de la Michna de Horayot : on suit leur avis quand ils ont raison, mais la fixation du calendrier (kiddouch ha-hodech) relève du Sanhédrin et doit être suivie même lorsqu'il se trompe, comme le montre l'épisode de Rabban Gamliel et Rabbi Yehoochoua dans le traité de Roch Hachana. Il prolonge ce point par l'étude du lien entre Roch Hachana et Yom Kippour, qui ne peuvent l'un sans l'autre, à travers la paracha de Nitsavim et l'unité d'Israël qu'elle exprime. Il pose enfin des questions restées ouvertes : pourquoi neuf brakhot à la amida de Roch Hachana et non dix, et pourquoi Kol Nidre ouvre Yom Kippour.
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Yofi, et j'ai cru comprendre qu'on aurait aussi une étude dimanche entre Roch Hachana et Yom HaKippourim. On m'a lancé ça tout à l'heure, donc je ne sais pas si ça va avoir lieu ou pas. En tout cas, si ça a lieu, on se concentrera particulièrement sur Yom HaKippourim. Alors, les amis, on a beaucoup parlé de Roch Hachana la dernière fois. Aujourd'hui, j'aimerais qu'on aborde justement cette dualité que représentent Roch Hachana et Yom HaKippourim.
On ne peut pas faire l'un sans l'autre. Tout le monde m'entend, on est d'accord ? Oui, oui, d'accord. On ne peut pas faire l'un sans l'autre.
Alors, pour rentrer dans le vif du sujet, j'aimerais parler d'abord d'un truc qui n'a rien à voir, comme d'habitude. Jusqu'où doit-on écouter les rabbins ? Voilà une question qui est bonne. Jusqu'où doit-on écouter les rabbins ? D'après la Torah, on nous dit:
« Ki yipalé mimkha davar lamichpat, ben dam le dam, ben din le din, ben nega le nega, divrei rivot bisharekha, vekamta ve'alita el hamakom asher yivkhar Hachem Elokekha bo, ouba'ta el hakohanim halevi'im vé'el hachofet asher yihyé vayamim hahem, vedarachta vehigidou lekha et devar hamichpat, ve'assita al pi hadavar asher yagidou lekha min hamakom hahou,... »
Donc, nous dit la Torah, dans le livre de Devarim, que tu dois écouter les rabbins. Et si tu as une question, tu vas aller voir les rabbins et tu fais ce qu'ils te disent. Jusqu'où faut-il écouter les rabbins ? Eh bien, en fait, ça va dépendre. D'après la Michna, dans le traité de Horayot, nous dit…
Je ne vais pas rentrer dans les détails halakhiques, mais ça veut dire tout simplement qu'on doit écouter les rabbins quand ils ont raison. Quand ils ont tort, on ne doit pas les écouter. Ah, évidemment ! Pour que toi tu sois capable de dire que le rabbin a tort, il faut boire beaucoup de soupe !
Bien sûr ! Mais si ça arrivait que tu aies, je ne sais pas moi, des sources que lui n'avait pas, une autre compréhension de la situation parce que tu as été témoin de quelque chose qu'il n'a pas vu, alors s'il a tort, il a tort ! Le rabbin est un être humain, il a le droit d'avoir tort ! Et là, on nous dit donc, d'après la halakha, parce que je sais que vous allez me dire: « Non, mais il y a marqué que Rachi nous dit: même s'ils te disent que la droite c'est la gauche et que la gauche c'est la droite, tu dois les écouter. »
C'est vrai que c'est l'enseignement de Rachi d'après le Sifri, mais ce n'est pas la halakha. La halakha, c'est que tu dois écouter les rabbins quand ils te disent que la droite c'est la droite et que la gauche c'est la gauche. Pourquoi je vous fais cette introduction ? Parce que tout ça est vrai, sauf pour un cas. Il y a un cas où même si le rabbin a tort, et on sait qu'il a tort, eh bien on devra quand même l'écouter. Et c'est quoi, ce cas ? Et d'ailleurs, ce n'est pas simplement un rabbin, c'est le Sanhédrin.
La sanctification du nouveau mois. En d'autres termes, la prise de décision du calendrier. C'est la prérogative du Sanhédrin. Et même si je sais qu'il a tort, eh bien je vais devoir quand même l'écouter. Lama ? Lama makara ? Et on nous raconte l'histoire que vous connaissez peut-être, dans le Talmud, dans le traité de Roch Hachana. On nous dit que Rabban Gamliel…
… était en mahloket avec Rabbi Yehoshua au sujet de la date de Roch Hachana: c'est une histoire de molad zaqen. Rabbi Yehoshua n'était pas d'accord avec le décompte de Rabban Gamliel. Rabban Gamliel était le Nassi, et il a ordonné à Rabbi Yehoshua de venir lui rendre visite avec ses chaussures et son bâton le jour où, d'après son calcul à lui, Rabbi Yehoshua était censé ne pas venir, c'est-à-dire Kippour. En d'autres termes: s'il dit, on n'est pas d'accord, donc on a un jour d'écart entre toi et moi, je t'ordonne de venir me rendre visite le jour où ça tombe pour toi, Kippour. Je te demande de transgresser ce que tu penses être Kippour.
Et on va voir dans le Talmud: on nous raconte qu'effectivement Rabbi Yehoshua est venu. À ce moment-là, Rabban Gamliel lui a dit: « Kol ha-kavod », Rabbi, « ve-tal midi ». Rabbi, parce que tu es plus grand que moi en Torah, mais tu l'as été parce que tu as accepté ce que moi j'ai décidé.
Et la question qu'on se pose, c'est: pourquoi, dans cette question de Kiddouch HaHodech, est-ce tellement particulier que, même si techniquement on sait que les gens ont tort, que les rabbins ont tort, eh bien on va le faire quand même ? C'est-à-dire ? C'est une question que je garde complètement en suspens. Aujourd'hui, on va ouvrir plein de portes, et on essaiera de les refermer toutes ensemble à la fin.
La deuxième question que je pose, c'est: pourquoi, dans la tefilah de Roch Hachana, n'y a-t-il que neuf brachot ? Bizarre ! Pourquoi je dis bizarre ? Eh bien parce qu'il devrait y avoir dix brachot. Kedoucha, Eloah ye-pitzoul baham… Vous dites, ça, c'est par rapport à l'autre. On va voir. Je ne sais pas. Pitzoul baham, on n'a qu'à tous écouter l'autre. À ce moment-là, si le problème c'est pitzoul baham,
… alors, pour toutes les halakhot, c'est comme ça. Or, ce n'est pas comme ça, on l'a dit, pour toutes les autres. Donc, la deuxième question, c'est: pourquoi y a-t-il neuf brachot à Roch Hachana ? Il devrait y en avoir dix. Pourquoi devrait-il y en avoir dix ? Parce qu'à Roch Hachana, nous avons, comme dans tous les jours, les trois premières et les trois dernières. Ça, ça ne bouge pas. Après, nous avons Chofarot, Malchouyot, Zichronot, Vechofarot. Donc ça fait encore trois. Neuf. Mais on a aussi…
… Kedoucha de la tavnit. Dans les fêtes, on a une bera'ha qui parle uniquement de la sainteté du jour. Mekadech Chabbat: on dirait Chabbat. Donc on devrait avoir Mekadech Israël veyom hazikaron, ensuite Malchouyot, Zichronot, Vechofarot. Ça devrait nous amener à dix. Et on n'en a que neuf. Bizarre. C'est la deuxième interrogation.
Et la troisième interrogation, les amis, c'est ce qui ouvre la tefilah de Yom HaKippourim. On a dit qu'on allait faire le parallèle entre Roch Hachana et Yom HaKippourim. Et la tefilah qui ouvre Yom HaKippourim est une tefilah extrêmement problématique. La tefilah qui ouvre Yom HaKippourim, c'est la fameuse tefilah de Kol Nidré. Et cette tefilah de Kol Nidré est hautement problématique au niveau du judaïsme. Je voudrais vous lire simplement ce que dit Rabbénou Amram Gaon.
Rabbénou Amram Gaon, c'est les Guéonim, c'est il y a plus de mille ans. Et Rabbénou Amram Gaon va écrire un Sidour qui s'appelle Seder Rav Amram Gaon. Et dans le Seder de Rav Amram Gaon, juste avant le début de Kippour, il écrit à propos du minhag de …
Cours d'Orot veKelim
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