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Roch Hachana, temps de l'universel pour les Bné Noa'h

Pourquoi Roch Hachana est le jour où la réparation du monde et l'unité de Dieu deviennent centrales, et ce qu'elle dit aux Bné Noa'h.

31 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Les trois jours redoutables : Roch Hachana, Kippour, Simchat Torah, 59 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, bonjour à nos amis dans le monde entier. C'est à nouveau un plaisir pour nous de vous rencontrer. Cette rencontre devrait être plus fréquente, mais pour des raisons techniques nous n'avons pas eu le loisir de nous rencontrer plus souvent. En attendant de venir vous voir dans vos différents pays, ou de vous rencontrer à Jérusalem, nous nous servons de la technologie, de l'internet, pour vous rencontrer.

Je voudrais vous parler un peu de la fête de Roch Hachana, dont nous avons déjà parlé l'année dernière. Le jour de l'an hébraïque est quelque chose d'extrêmement particulier. Il ne tombe pas le premier jour de l'année, et cela est extrêmement surprenant. Par exemple, le jour de l'an occidental est le premier janvier, parce que janvier est le premier mois de l'année.

L'année hébraïque tombe au milieu de l'année civile: Roch Hachana est le premier jour du septième mois, le mois de Tichri. Et l'année hébraïque, elle, commence en Nisan, le mois de la sortie d'Égypte, au printemps. Il y a donc chez nous une différence entre deux types d'années. Il y a l'année des mois, l'année du renouvellement. En hébreu, le mois se dit Chodesh, c'est-à-dire l'invitation au renouvellement perpétuel. Et puis il y a le début de l'année, qu'on appelle également Chana. Chana, cela veut dire le jour où commence le changement, la transformation.

C'est-à-dire qu'il y a deux aspects au temps. Vous avez un temps de renouvellement, d'espoir, et puis il y a également un temps, disons pessimiste, le temps qui détruit tout ce qui est. Sans trop entrer dans les détails, la stratégie du calendrier hébraïque est une stratégie de sauvetage du temps. Nous faisons participer les deux manières de concevoir le temps dans la même année: le temps du renouvellement, et le temps de la décadence, qui est rattrapé par le temps du renouvellement. C'est un peu compliqué, ce que je dis là; j'aurais peut-être dû ne pas entrer dans tous ces détails, mais il est important de le savoir.

En tout cas, ce qui est particulier au temps de Roch Hachana, le nouvel an que nous fêtons le premier jour du septième mois, le premier de Tichri, c'est que c'est le temps de l'universel. Nous autres, les juifs, avons dans nos prières des demandes que nous formulons face au Créateur. Nous lui demandons de nous donner la santé, le bien-être, qu'il accepte nos prières, qu'il reconstruise Jérusalem, qu'il amène le Messie. Nous demandons beaucoup de choses au Créateur. Nous demandons la guérison, mais nous avons également des prières qui concernent l'avenir de l'humanité entière, ce qu'on appelle le Tikoun Olam, la réparation du monde. D'habitude, ces prières sont formulées à la fin du rituel du matin.

Dans le rituel de l'après-midi ou du soir, il y a la fameuse prière Alénou leChabéah, où nous avons le devoir de glorifier le Maître de tout. Dans cette prière, qui est très émouvante, très belle, et que je vous invite à lire en traduction dans vos langues, il y a une demande intense que le nom de Dieu soit connu dans toute la terre, que le nom de Dieu soit Un véritablement, et qu'il se produise une transformation de l'idée de la divinité.

Vous savez que, quand nous proclamons chez nous l'unité, nous disons Chéma Israël Hachem Elokénou: « Écoute Israël, l'Éternel est notre Dieu. » Dans cette affirmation il y a quelque chose de restrictif: il n'est que notre Dieu, il n'est pas encore le Dieu de toutes les nations. Mais on dit ensuite Hachem Ehad. Rachi explique, l'un des commentateurs, que cela veut dire qu'un jour Dieu sera Un.

Cette demande, que Dieu soit Un pour l'ensemble de l'humanité, qu'il ne soit pas seulement reconnu par Israël mais par l'humanité tout entière, nous la formulons également tous les jours dans le Kaddish, la fameuse prière que, par erreur, on appelle la prière pour les morts. C'est la prière dans laquelle on demande la sanctification, la glorification du nom de Dieu dans toute la terre: Yitgadal veyitkadach chemé rabba, que son grand nom soit exalté et sanctifié dans le monde entier.

Ces prières, Alénou leChabéah, le Kaddish, sont au centre de la prière le jour de Roch Hachana. Au lieu de parler de la rédemption de l'humanité à la fin de la prière, comme si c'était quelque chose de subsidiaire, le jour de Roch Hachana, cela devient l'événement central de la liturgie juive. C'est pour cela que l'on peut dire, d'une certaine manière, que la fête de Roch Hachana est la fête noachide par excellence. C'est la fête dans laquelle l'humanité rejoint, dans ses aspirations, les aspirations profondes du peuple d'Israël, et inversement.

Il est donc pour nous presque naturel de faire cette rencontre par internet justement à l'approche de la fête de Roch Hachana, qui pour nous est la fête réellement universelle. Nous disons dans nos prières: Hayom harat olam, c'est aujourd'hui le jour de la gestation du monde. Hayom ya'amid bémichpat kol yetsouré olam: c'est en ce jour qu'il fait le jugement de toutes les créatures du monde.

Le jugement n'est pas quelque chose de terrifiant, de terrorisant. Au contraire, le jugement, c'est la rencontre. De temps en temps, il est important de savoir si nous sommes fidèles à ce que nous sommes, à ce qu'on attend de nous. Il y a pour cela le jour de Roch Hachana.

Dans le jour de Roch Hachana, ce qui est absolument extraordinaire, c'est que nous ne parlons pas de techouva, de repentir, alors que c'est justement ce qu'on devrait faire ce jour-là. On pourrait, le jour de Roch Hachana, se présenter devant Dieu et dire: pardonne-moi, mea culpa, je viens regretter mes mauvaises actions. Eh bien, non, pas du tout. Lors de la fête de Roch Hachana, on met tout cela de côté. La liturgie juive interdit le vidouï, la confession des péchés: tout cela est interdit le jour de Roch Hachana.

Pourquoi ? Parce que, d'une certaine manière, faire le processus du repentir, c'est se concentrer autour de soi-même. Et se concentrer autour de soi-même, c'est se rapetisser. On peut dire que le processus de la techouva porte en lui-même un péché, celui de la restriction de la personne. Quand je pense à tout le mal que j'ai fait, je me restreins, je me rapetisse.

Pendant la période de la techouva, qui commence déjà le premier du mois d'Eloul, depuis trente jours nous disons les prières de Sélichot, les prières de pardon, et cette période s'achève le jour de Kippour, dix jours après Roch Hachana. Au milieu de cette période de contrition, où nous réfléchissons à notre comportement et même aux mauvaises actions que nous avons faites, il y a un jour ou deux jours où l'on s'arrête. C'est la fête de Roch Hachana.

Pendant la fête de Roch Hachana, la règle nous dit, la loi nous dit, qu'il ne faut plus parler de soi-même. Il faut parler de la sanctification, de la glorification de l'Éternel dans l'humanité tout entière. Et c'est ainsi que nous arrivons à une dimension d'amour. Nous aimons le Créateur. Nous ne pensons plus à nos péchés, nous pensons à l'aimer. …

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