Roch Hachana, de la royauté aux souvenirs jusqu'au Shofar
La prière de Moussaf progresse de la joie du couronnement vers la liberté que sonne le Shofar.
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Ensuite : Pourquoi l'année commence au septième mois, 52 min
En bref
Le cours présente la prière de Moussaf de Roch Hachana, la plus longue de l'année, et en explique la progression en trois temps : Malkhouyot (la royauté de Dieu), Zichronot (le souvenir qu'Il a de chacun et d'Israël) et Chofarot (le shofar comme signe de liberté). Il montre pourquoi le jour du jugement est vécu dans la joie plutôt que dans l'aveu des péchés. On y apprend que la rencontre avec le Créateur est source de vie, et que servir Dieu suppose d'être libre.
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La prière centrale de Roch Hachana, de la fête de la nouvelle année dans le calendrier d'Israël, c'est celle de moussaf. C'est la prière supplémentaire qui concerne le jour lui-même et qui est la plus longue de l'année. Dans cette prière, il y a également l'insertion de la sonnerie du Chofar, qui est le commandement central de cette journée. Mais ce qui est intéressant, c'est de voir la progression au sein de cette prière, de quoi elle parle. Comme le jour de Roch Hachana est le jour du jugement,
et que, quand on est jugé, il serait intéressant de faire techouva, de se repentir de ses péchés et de faire l'aveu de ses péchés, ce qu'on appelle le vidouï, rien de tout cela n'apparaît dans la prière de Roch Hachana. Il n'est pas question des péchés, il n'est pas question, ou presque, du jugement. En tout cas, l'atmosphère est une atmosphère de joie.
C'est quand même assez surprenant, tout simplement parce que le jour de Roch Hachana, fondamentalement, tel qu'il apparaît dans la Torah et tel qu'il apparaît dans la Bible, ainsi que dans les sources tannaïtiques anciennes, est un jour de fête. C'est le couronnement du Créateur. Que veut dire le couronnement ? C'est comme un roi qui s'intronise. Or, étant donné que le jour de Roch Hachana commémore la création du monde, on peut dire que c'est un jour de joie. C'est le jour où la vie est apparue, où l'être a fait son émergence à partir du néant.
Donc effectivement, c'est un jour de joie, et c'est la raison pour laquelle la première partie du moussaf, de cette prière de Roch Hachana, est une prière dans laquelle sont rapportés dix versets différents de la Bible qui parlent du couronnement de Dieu, de sa royauté. Or, la royauté, le fait de rencontrer son Créateur, est une source de joie, pour une raison très simple: quand je rencontre mon Créateur, je rencontre également la source de ma vie. Cette rencontre n'est donc pas une rencontre avec une puissance qui m'écraserait,
mais au contraire avec une puissance qui me donne à moi ma propre puissance. C'est donc un jour de joie. Mais si on se souvient de moi (c'est d'ailleurs pour cela qu'il est appelé le jour du souvenir), cela veut dire également qu'on va m'examiner, et donc que je serai jugé. Il y a donc à la fois un élément de joie et un élément redoutable. Mais tout cela se déroule dans une atmosphère collective de réjouissance, de rencontre avec le Créateur.
La deuxième partie de cette prière de moussaf, c'est celle qu'on appelle Zikhronot, c'est-à-dire les souvenirs. Parler de souvenirs est un peu étrange: le Créateur n'a pas besoin de se souvenir, étant donné qu'il n'a rien oublié. Mais le fait qu'il se comporte envers nous comme quelqu'un qui se souvient de nous est également quelque chose de bien supérieur au simple fait de recevoir sa royauté. Quand vous acceptez la royauté de quelqu'un, vous ne savez pas ce qu'il a à vous dire. Mais si le roi s'adresse à vous et vous dit « Je me souviens de toi », cela vous donne une certaine importance: vous n'êtes pas annihilé. Or, la conscience d'avoir un rôle dans la réalité, un rôle dans l'histoire, c'est ce qui donne un sens à ma vie. Le souvenir fait donc partie de la deuxième partie.
C'est également le souvenir d'Israël en tant qu'identité collective. C'est pour cela qu'il est question du retour d'Israël sur sa terre. C'est aussi le temps où le Créateur se souvient de l'ensemble des êtres, et c'est là que cela prend une dimension universelle absolument gigantesque, dans laquelle nous parlons de la réconciliation entre le Créateur et sa créature.
Puis arrive la troisième partie, dans laquelle il est question du Chofar, cette corne de bélier dans laquelle on souffle et dont on fait entendre les sons le jour de Roch Hachana. Les Chofarot, c'est-à-dire les versets qui parlent justement de la manifestation du Chofar, constituent un moment de liberté. En effet, la sonnerie du Chofar... on ne peut être serviteur de Dieu que si l'on est véritablement libre. Dieu n'a pas besoin de régner sur des esclaves; il veut régner sur une création qui est dans sa pleine stature. C'est pour cela qu'intervient la troisième partie du moussaf, qui parle du Chofar, libérateur de l'identité humaine.
Cours d'Orot veKelim
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