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Les slichot et le retour à la grandeur de Dieu

Pourquoi sortir de sa petitesse précède l'aveu du péché, et comment le vidouï rétablit la relation avec le Créateur.

9 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : Roch Hachana, de la royauté aux souvenirs jusqu'au Shofar, 5 min

En bref

Ce cours présente les Séli-hot, prières de la nuit qui précèdent Kippour, et explique pourquoi elles attirent une jeunesse israélienne parfois éloignée de la mitsva : elles répondent à une soif de rencontre intime avec le Père. Il montre comment la structure de la prière, entre le Achré et le Kaddish, les treize attributs de miséricorde et le Tachanoun, organise le retour vers Dieu. Enfin il éclaire le sens du vidouï, aveu des fautes, qu'il faut comprendre comme une réconciliation et non comme une confession humiliante.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Les slichot, ce sont les prières que nous organisons à l'approche du jour de Kippour. Ce sont des prières particulières, qui se font pendant la nuit. Traditionnellement, cela se fait vers la fin de la nuit, avant l'aube, avant que commence la prière du matin. Elles sont très souvent appréciées par ceux qui y participent, parce qu'il y a dans la nuit un élément d'intimité que l'on ressent envers la divinité, et une sorte de retour purificateur à son identité originelle.

En particulier, on voit dans la société israélienne, en tout cas, une appréciation très forte pour les slichot de rite séfarade. Elles amènent une partie très importante de la jeunesse israélienne, qui parfois est très loin de l'accomplissement des mitsvot, mais quand il s'agit des slichot, on voit une affluence très importante. On peut se demander exactement ce que cela cache. Cela cache qu'il y a, en fait, une sorte de soif métaphysique, un languissement pour la vie de l'âme, qui n'est pas possible pendant toute l'année. Pendant toute l'année, nous sommes occupés à nos affaires. Mais il faut parfois un retour à soi-même.

Et donc, le fait que nous ayons des prières pour demander la rémission de nos péchés, on peut dire que c'est presque un prétexte. En vérité, on veut rencontrer notre Père. Et il faut avoir une bonne raison de le rencontrer: on voudrait Te demander pardon. C'est très utile, cela permet également d'entamer le processus du retour, le processus de la techouva. Mais fondamentalement, il y a une sorte de languissement, qui devient une forme de joie lorsque l'on est capable de faire les slichot.

Dans les slichot, il y a tout un discours. Le texte des slichot parle de nos péchés, c'est vrai. Nous disons: « Maître du monde, nous avons été très coupables envers Toi, nous avons transgressé Ta loi, et nous nous repentons de cela. » Mais il y a aussi un danger dans cet investissement permanent: dans le souvenir du péché, on risque également de tomber dans la détresse. On se dit: si je fais tellement de péchés, c'est que je ne suis pas capable de me surmonter, je ne suis pas capable de réussir ma vie.

C'est la raison pour laquelle il y a également une interruption des slichot. Les slichot sont interdites le jour de Roch Hachana. Le jour de Roch Hachana, jour où l'on est en jugement, c'est justement là qu'on nous dit: oublie pour une seconde, oublie pendant deux jours le fait que tu es dans le péché, et occupe-toi de choses plus importantes, plus grandes. Souviens-toi de la création du monde, de la révélation du Sinaï, du retour des exilés. Il y a des allusions à la résurrection des morts. En tout cas, ce que l'on nous demande le jour de Roch Hachana, c'est de s'élever à l'idéal.

Il est intéressant de voir qu'un de nos maîtres, un des auteurs des textes des slichot, je parle ici de Rabbi Yehouda HaLevi, a écrit un texte poétique très beau, dans lequel il s'adresse à une personne qui est supposée être endormie, et il l'invite à regarder les étoiles. Occupe-toi, regarde les étoiles, regarde les tsadikim, regarde la grandeur de la création, et alors tu seras amené naturellement à demander pardon de tes péchés. C'est-à-dire qu'au lieu de commencer par une accusation — tu es misérable, tu as transgressé la loi, tu t'es révolté contre ton maître —

Nous, on nous dit: sors de ta petitesse. Une fois que tu seras sorti de ta petitesse, et que tu t'attacheras à la grandeur de Dieu, à la grandeur du cosmos, à la grandeur de toute chose, c'est alors que naturellement tu seras porté à ne plus vouloir le péché. Le péché vient justement lorsque l'on restreint le champ de sa vie. C'est pour cela que Rabbi Yehouda HaLevi nous dit ces si belles paroles, que l'on trouve dans certains recueils de prières: Yashen Altar Erdam, Azov Itla Alecha. Endors-toi, ne t'endors pas, abandonne tes bêtises, va voir les étoiles, va voir le ciel, et tout le reste. Et après seulement commencent les slichot proprement dites.

Or, dans les slichot proprement dites, il y a différents moments. Cela commence d'abord par le psaume de David, Achré, que nous récitons avant Mincha, et que l'on récite avant les slichot. Pour nous dire: c'est une prière, qui a son importance autant que les autres prières. Donc on commence par Achré, et cela finit par le Kaddish Titkabal, qui est récité après la prière également. Entre ces deux-là, il y a la récitation des treize attributs de miséricorde, Shlosh Esré Middot Sheharahamim, qui sont répétés plusieurs fois, d'ailleurs souvent au son du shofar, et qui nous invitent à ce qu'on appelle chez les philosophes imitatio Dei, l'imitation du divin. En effet, Dieu se manifeste dans l'histoire comme étant porteur des attributs de miséricorde, et nous sommes invités à l'imiter. Quand on se comporte à la manière dont Dieu se comporte, c'est là que tout se transforme dans notre vie.

De l'autre côté, nous avons le Tachanoun, les suppliques. Les suppliques demandent que le Créateur nous fasse sortir des malheurs de l'Histoire, de l'Exil, qu'Il reconstruise Son Temple, et tout ce qui s'ensuit. Et au milieu de tout ce cadre — Achré d'un côté et le Kaddish à la fin, les treize attributs d'un côté et le Tachanoun à la fin — se situe le vidouï, l'aveu du péché, et l'essentiel des slichot.

De quoi s'agit-il ? On traduit parfois le mot vidouï par « confession ». C'est une très mauvaise traduction, pour une raison très simple: la confession est une sorte de cérémonie dans laquelle on doit avouer sa petitesse. « Je suis misérable, j'ai fait telle et telle mauvaise chose. » Tandis que le vidouï est, du point de vue de la tradition d'Israël, une sorte de réconciliation.

En effet, Maïmonide nous dit: quand on fait le vidouï, c'est qu'on a fait techouva, on s'est déjà repenti de son péché, et on va raconter au Créateur son péché. C'est très surprenant: ai-je besoin d'aller raconter au bon Dieu que j'ai fait le mal ? Il le sait très bien. Mais si on regarde ce que dit Maïmonide, il dit: l'itvadot lifnei El, il faut avouer en présence de la face de Dieu.

Ce qui veut dire que le péché a deux effets nocifs. Le premier effet nocif, c'est le péché en lui-même. Le deuxième effet nocif, c'est qu'à partir du moment où je suis dans le péché, je suis éloigné de la face de Dieu. Or, quand je fais le vidouï, j'ai une sorte de récompense: je peux rétablir la relation qui était interrompue. La déconnexion que j'ai vécue à travers le péché, c'est une déconnexion à réparer.

Donc il y a une joie du vidouï. C'est vrai que, lorsque je fais le vidouï, lorsque je fais la liste de mes péchés, je me sens peut-être un peu mal: « J'ai fait ça, et j'ai fait ça, et j'ai fait ça. » J'ai la honte d'avoir fait le péché. Mais d'un autre côté, il y a la …

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