La téchouva pour l'honneur de Hachem
Pourquoi la chillouv du Kavod Hachem ouvre le processus de téchouva, en relation avec le relèvement national.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Simhat Torah, joie de la Torah après le pardon de Kippour, 1 h 14
En bref
Le Rav Ben Chouchan explique, à partir du Rambam et de la paracha Nitzavim, que la première téchouva sera la téchouva pour l'honneur de Hachem, c'est-à-dire le retour à l'amour du peuple d'Israël en tant que nation, dont la profanation du Nom est l'exil lui-même. Il montre que la haine gratuite de la Guemara correspond à l'indifférence envers le collectif, que le sionisme, porté par Herzl, a réveillé cette conscience nationale, et que la tension entre grandes lumières et petites lumières des mitsvot est une étape transitoire qui fait partie du processus de rédemption.
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Bonsoir à toutes et à tous, on est content de se retrouver. Pour ceux qui sont en direct et pour ceux qui vont réécouter le cours en audio ou en vidéo, on est avec le Rav Ben Chouchan, comme chaque jeudi, à 18h en Israël, 17h en France. Et bien sûr, on parle de Inanna de Nouya Omar. On va parler de la techouva à l'approche de Roch Hachana, Bechavon Rav Etchouchan. Est-ce que vous voyez le texte d'abord ? Oui, parfait. Tout est OK, tant mieux. Alors, Shalom, on va entrer dans un sujet très spécifique de la techouva, qui s'appelle Tchouva l'Ikhvod Hachem, la techouva pour la gloire de Dieu. On va essayer de comprendre ce que ça veut dire. On commence à lire: Kodem et le kolmineh, techouva tchenbaot afareah, yathchouva l'Ikhvod Hachem.
Ce qui précédera toutes les autres techouvot qui viendront ultérieurement est la techouva pour la gloire de Dieu. On sait très bien qu'en fin de compte, tout le peuple d'Israël fera techouva. Comme il est dit: tu retourneras vers l'Éternel ton Dieu. C'est vrai que ça peut être compris comme un ordre, c'est-à-dire que tu dois faire techouva, mais c'est formulé de manière future et non pas impérative.
Donc, de là, dit le Rambam: Mikan Chichah Torah, Chikol Israël Atidim Lachouv Techouva. Donc, de là, on a une promesse qu'en fin de compte, tout le peuple d'Israël fera techouva. C'est seulement une histoire de temps. Et ensuite, au peuple d'Israël, l'humanité entière. Ce qui reste à savoir, c'est comment cela va s'effectuer. C'est-à-dire, comment ça va commencer ? Quel va être le déclencheur, le premier maillon, on va dire, de cette chaîne de la techouva ? C'est de ça que ça traite. Donc, dit le Rav, la première techouva, sur la techouva pour l'honneur de Dieu: qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire, la techouva pour l'honneur de Dieu ?
Alors, on sait très bien, dans la Bible et dans d'autres textes du Talmud, que lorsque le peuple d'Israël est en décadence et qu'il est opprimé par les Goyim, dédaigné, délaissé, etc., ceci fait Khiloul Hachem. Par contre, lorsque l'image de marque du peuple d'Israël est élevée, et que le peuple est apprécié par les nations, ça s'appelle Kiddouch Hachem. Comme on le voit, par exemple, dans le prophète Yehezkel, chapitre 36. Là-bas, il raconte que les Juifs étaient installés sur leur terre, et qu'après ils ont fauté, de manière très très basse, une immoralité très très basse: ils ont commis le meurtre, c'est l'adultère, etc. Donc, dit Dieu, je n'ai pas le choix, je suis obligé d'y remédier.
La punition, évidemment, c'est toujours un remède. Pour ce faire, je les envoie en exil. Et après qu'il les a envoyés en exil, il s'élève la colère de ses enfants. Alors le passage dit: Vayavo El Haggoyim Asher Baou Cham. Dieu est venu chez les peuples où les enfants d'Israël étaient allés. Vous voyez: Vehallelou et Chemi Hakadosh, ils ont profané mon saint nom. Alors, qu'est-ce que ça veut dire profaner mon saint nom ? On pourrait imaginer: ils n'ont pas respecté le Chabbat, etc., etc. Eh bien, non.
Behemol Hachem, Am Hachem Eleh, Umeartzo Yatsau. Le fait même que les Goyim les montrent du doigt et disent: voilà donc le peuple de Dieu, et il est sorti de sa terre. Le fait même que l'Israël soit dispersé et qu'il dépende des Goyim, que les Goyim puissent l'assassiner, le piétiner, le mépriser, etc., sans devoir rendre de comptes à personne. Ça les amène à la conclusion que Dieu est impuissant, en d'autres termes, Dieu n'existe pas. C'est ça qui amène à l'athéisme. Donc, pour remédier à ces profanations du nom de Dieu, Dieu dit: je sanctifierai mon grand nom que vous, les enfants d'Israël, avez profané par le fait même que vous étiez en exil.
Il faut bien se rentrer dans la tête que le fait même que les Juifs se trouvent en exil, c'est une profanation du nom de Dieu. À plus forte raison, la Shoah. C'est-à-dire, c'est ça le paradoxe. Chaque Juif qui s'est fait assassiner dans la Shoah, on dit de lui Mita Al Kidoush Hachem, il est mort pour la sanctification du nom de Dieu, et donc il s'est élevé au niveau de la Kedouchah. Mais le phénomène global, que le peuple d'Israël est assassiné sans qu'il puisse réagir, c'est une profanation du nom de Dieu. Et dit le Rav que le premier élan de techouva du peuple d'Israël sera cet élan-là: remettre en place l'honneur de Dieu.
Cela s'effectuera sous la forme de la remise en place de l'honneur du peuple d'Israël. Car nous ne l'oublions pas, ce qui a entraîné notre exil, c'était la faute, comme on le dit dans le Moussaf. À cause de nos fautes, nous avons été exilés de notre terre. Quelle faute ? Toutes sortes de fautes. Il me reste à comprendre ce que veut dire la haine gratuite. Parce que, parallèlement à ça, il est dit dans la Guemara que les Juifs du Beit Chéni, Ayyu Hassoukhim... Torah, Ben Avodah... ont obligé Oumah Tsadim. Ils étudiaient la Torah; Avodah, c'est le service du cœur, c'est-à-dire la Tefila; Gemilout Hassadim, c'est l'entraide. Ça veut dire que lorsque Madame Untel va accoucher, leur voisine en face, Madame Untel, s'occupe de ses enfants, leur apporte à manger, etc. Évidemment, si on agit de la sorte, ça prouve qu'il y a un amour entre les gens.
Donc, comment concilier ce qui est marqué dans la Guemara, que le Beit Hamikdash a été détruit à cause de la haine gratuite, et d'un autre côté, on voit qu'il y avait des expressions d'amour, puisqu'il y avait de l'entraide ? De là, on arrive à comprendre que lorsqu'on parle d'Ahavat Israël, ou bien de Sinat Hinam, il ne s'agit pas des relations interpersonnelles entre les Juifs, mais de la relation de l'individu envers le collectif. Est-ce que le Juif aime son peuple ou n'aime pas son peuple ? Pas s'il aime la voisine d'en face ou son copain de l'étage en dessous. Est-ce qu'il se sent concerné par le sort de la nation ?
Est-ce qu'il comprend qu'il ne réalise qu'un membre du corps national israélien ? Est-ce qu'il comprend que la source de sa vie, c'est le peuple d'Israël, et que la finalité de sa vie et l'objectif de sa vie est de contribuer à l'avancement du peuple d'Israël ? Est-ce qu'il comprend qu'il ne réalise qu'une feuille de cet arbre gigantesque qui s'appelle Klal Israël ? S'il ne le comprend pas, eh bien ça s'appelle Sinat Hinam. Ça s'appelle une indifférence envers le peuple d'Israël. C'était exactement la situation à l'époque du Beit Chéni. Les Juifs ne vivaient que la dimension individuelle.
Bien qu'il y ait, a priori, toutes les structures de l'État: il y avait les systèmes juridiques, il y avait même un Beit Hamikdash, il y avait la police, il y avait tout ce qu'il fallait. Donc, de manière formelle, il y avait une nation, mais dans le fond, il n'y avait pas de nation. Parce …
Cours d'Orot veKelim
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