Le Moussaf de Roch Hachana et la règle des dix versets
Pourquoi le Moussaf est différent, et pourquoi on lit au moins dix versets à la Torah.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Assis puis debout : la halakha des tekiot de Roch Hachana, 37 min
En bref
Le Rav Eli Kling explique la structure du Moussaf de Roch Hachana, qui se distingue de l'Amida habituelle par trois bénédictions centrales propres à la fête : Malchouyot, Zichronot et Shofarot. Il montre que la Michna exige d'illustrer chacune de ces trois bénédictions par dix versets. Il analyse à partir de la Guemara de Roch Hachana, puis de la Guemara de Megila, les différents avis sur le chiffre dix, qui renvoient à la question de ce qui donne son respect à la Torah et à la royauté divine.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonsoir à tous, on se retrouve sur l'île Maud, on est avec le Rav Eli Kling, qui va nous faire cours sur Roch Hachana. L'intitulé du cours, c'est un drôle de Moussaf. Behavad Arav. Oui, un drôle de Moussaf. Erev Tov à tout le monde. Un drôle de Moussaf parce qu'il ne ressemble à rien, en fait. Il ne ressemble à rien de connu. Petit rappel que tout le monde connaît, mais petit rappel quand même: la Amida.
C'est le passage central des prières juives. La Amida, qui est au centre des trois prières journalières, comprend toujours la même structure. Vous avez trois brachot au début, immuables, quel que soit le jour de l'année. Vous avez trois brachot à la fin. Et au milieu, vous avez des brachot qui changent en fonction du jour: jour de semaine normal, jour de Chabbat, etc.
Alors, les trois premières brachot, vous les connaissez. La première, qui ne change jamais, c'est ce qu'on appelle Birkat Avot, la prière des Pères, parce qu'on y mentionne Avraham, Yitzhak et Yaakov, et elle se termine par Baroukh Ata Hachem, Magen Avraham, le protecteur d'Avraham. La deuxième bracha, on l'appelle Gvura, parce qu'elle commence par Atah Gibor, tu es puissant, et elle parle de la puissance infinie de Dieu.
On y cite essentiellement deux puissances particulièrement impressionnantes. Une que l'on voit et que l'on constate tout le temps, et une que l'on ne constate pas encore, mais qu'on va constater un jour. La première, c'est celui qui fait tomber la pluie et qui gouverne le temps. La deuxième, c'est la résurrection des morts. Et ça se termine par Baroukh Ata Hachem, Mehayé HaMetim. La troisième bracha, qui elle aussi est immuable et ne varie pratiquement jamais, c'est ce qu'on appelle Birkat HaKadoch, puisqu'elle parle de la sainteté d'Hachem. Sainteté, c'est le mot français qu'on utilise d'habitude pour traduire Kedoucha. Vous savez que ce n'est pas exactement la traduction, puisque Kedoucha, ça ne se traduit pas vraiment. Kedoucha, ça veut dire à part. Ça serait plutôt « consacré » que « sacré », si vous voulez. En tout cas, Birkat HaKadoch, c'est donc la troisième bracha.
Une fois qu'on a fini la Amida, il y a trois brachot qui ne changent pas, également immuables. La première, on l'appelle Avodah, parce qu'elle parle du service dans le Temple de Jérusalem. C'est une petite bracha qui commence par Retsé, et qui se termine par Hamaḥazir Shekhinato létsion, celui qui fera revenir sa Chekhina, sa présence divine, à Tsion. On parle ici du Beit HaMikdash. Ensuite, il y a Modim, qui est une bracha de remerciement pour tous les miracles quotidiens, c'est-à-dire les miracles qui ont l'air naturels finalement, que l'on rencontre le matin, à midi et le soir. C'est Birkat HaHodaa, qui se termine par Hatov Shimcha oulecha naé lehodot. Et enfin, la dernière bracha, comme d'habitude dans le judaïsme, c'est la fin, c'est le Chalom, la paix.
La paix dans le sens le plus large du terme: Sim Chalom, Hamévarekh amo Israël ba-chalom. Et comme vous le savez, la paix chez nous, c'est toujours à la fin. Vous avez remarqué. Dans le Kaddish, c'est à la fin qu'on dit Oseh chalom. Dans le Birkat HaMazon, c'est à la fin. Et dans la Amida également. Parce que le chalom, c'est une aspiration, et on sait très bien que ça ne vient pas tout de suite. On parle ici du vrai chalom, on ne parle pas des paix froides,
des paix chaudes, des paix tièdes, qui sont des inventions israéliennes en fait, et qui valent ce qu'elles valent. Je ne dis pas qu'il ne faut pas faire la paix, même froide. Mais ce n'est pas de cette paix-là qu'on parle chez les prophètes. La paix, chalom, vient de chalem, qui veut dire chlémout, la plénitude. Et chlémout, ça veut dire la perfection. Ce n'est pas, si vous voulez, un cessez-le-feu entre deux reprises de combat.
Donc la paix est toujours à la fin. Vous avez les trois premières, les trois dernières, et au milieu, en fonction du jour, le chiffre varie. Quand c'est un jour normal, en semaine, il y a treize brachot, qui sont des bakachot, des demandes: demandes de santé, demandes d'intelligence, etc., des demandes individuelles et des demandes collectives. Il y en a treize. Donc treize plus trois plus trois, ça fait dix-neuf, et c'est pour ça que ça s'appelle les dix-huit bénédictions. Oui, parce que chez nous, on est toujours un
petit peu bizarre: quand il y a dix-neuf bénédictions, on continue à appeler ça Chmoné Essré, dix-huit. Historiquement, il n'y en avait que dix-huit, on en a rajouté une à la fin, et comme on avait déjà pris l'habitude de l'appeler les dix-huit, on a gardé le nom. Les dix-huit sont très conservateurs, vous voyez. À partir du moment où ça s'appelle dix-huit, ça s'appelle dix-huit. Ah, il y en a dix-neuf, ça s'appelle dix-huit quand même. Surtout parce que le dix-huit a un sens également, bon. Mais ce n'est
pas le sujet pour aujourd'hui.
Vous connaissez cette blague-là ? Si, elle est connue. Si, elle est très connue. C'est la blague des trois représentants les plus hauts des trois religions monothéistes. Après un énième attentat au nom de Dieu, ils en ont marre, et ils se réunissent tous les trois. Il y a le pape. Il y a l'imam le plus important de l'Arabie saoudite — pour les sunnites, on n'a pas réussi à amener le chiite dans l'histoire, ce n'est pas exagéré. Et il y a le grand rabbin d'Israël. Ils sont là
tous les trois, et ils se disent franchement: est-ce que ça vaut vraiment la peine de se déchiqueter pour si peu ? Après tout, sur les principes de base, on est tous d'accord. On est tous les fils d'Avram. Il n'y a qu'un seul Dieu unique qui a créé le monde, et tout le monde est d'accord là-dessus. Chacun a sa particularité, évidemment, ça énerve les autres, mais ce n'est pas une raison pour se casser la figure régulièrement. Vous vous rendez compte, les millions de morts qu'il y a
déjà eu au nom du Dieu unique, ça ne se fait pas. Alors ils décident de fonder une seule religion monothéiste.
Une seule religion. Et pour ça, ils savent qu'il faut effacer les choses qui choquent trop les autres. Ils donnent donc rendez-vous un mois plus tard pour essayer de convaincre leurs cardinaux, leurs imams et leurs rabbins qu'il y a quand même des choses à changer pour créer une seule religion unique, et qu'ainsi il n'y aura plus de guerre de religion. Vous la connaissez quand même. Si, je vois que vous la connaissez. Là, oui, vous la connaissez.
Je la termine quand même puisque j'ai commencé. Ils se réunissent un mois plus tard. Le pape dit: oh là là, c'était très compliqué avec les cardinaux, j'ai dû parler des heures et des jours. Mais on a fini par enlever l'histoire que Jésus est une source divine. Et cette histoire des trois qui font un, qui font trois, on a bien vu que ça vous dérangeait. On a enlevé tout ça. Finalement, Jésus …
Cours d'Orot veKelim
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