Simhat Torah, joie de la Torah après le pardon de Kippour
Manitou explique pourquoi la réception de la Torah à Simhat Torah se fait dans la joie, alors qu'à Chavouot elle était suivie de la brisure des tables.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : La liberté que Roch Hachana nous donne chaque année, 1 h 08
En bref
Le cours achève la lecture d'un article de Manitou sur les fêtes de Tichri : Roch Hachana est le jour du jugement de rigueur, Yom Kippour celui de la clémence et du pardon, qui permet de recevoir la Torah dans la joie à Simchat Torah. Le Rav Ouziel montre que la techouva précède la loi, puisque sans pardon la première faute rendrait la Torah définitivement caduque, comme le 17 Tamouz a brisé les premières tables. Il développe enfin le troisième niveau, Hoshana Rabba puis Hanouka, où la solidarité avec le destin d'Israël suffit à être pardonné.
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Quelle chance nous avons de pouvoir retrouver le Rav Ouziel ! Mais c'est surtout une chance que Midrashet Yehuda Manitou vous permette, à quelques jours de Roch Hachana, de faire un don, de faire la mitsva de tsedaka. N'hésitez pas: c'est le dernier jour de la grande campagne de don de Midrashet Yehuda Manitou. Je vais mettre le lien en discussion pour que vous puissiez faire un don. On continue donc avec le Rav Ouziel.
À explorer les écrits de Manitou, bien sûr, et toujours sur le thème de ces jours-ci, de cette joie ou de cette absence de joie pendant les jours de Roch Hachana et de Kippour. Merhaba dravouziem. Eh bien, Erev tov. Aujourd'hui, on va terminer l'article de Manitou. Dans les passages précédents, les deux ou trois chapitres que nous avons vus, nous avons vu comment il existe un balancement perpétuel entre la joie et le sérieux, et aussi entre le passé et le futur, et comment le temps présent représente, pour Manitou, la clé de la compréhension de la notion de techouva, la notion de repentir. Aujourd'hui, nous allons voir le dernier chapitre de cet article.
Il s'intitule: la rédemption, liturgie nécessaire de la religion de la loi. Le titre lui-même demanderait déjà à être expliqué, mais on va d'abord lire le chapitre, et ensuite nous pourrons revenir dessus.
— Non, c'est bon, Rav, bonsoir. Tout le monde m'entend ?
— On entend, Rav. D'accord, c'est bon alors. Je vais vous montrer le texte. Dans ce texte, Manitou va nous expliquer maintenant toutes les fêtes de Tichri. C'est vraiment une très bonne introduction, en tout cas, aux fêtes de Tichri, aux mois de Tichri, aux Yamim Noraïm. Nous allons voir une véritable explication de ce que sont les fêtes de Tichri. Après avoir lu le texte de Manitou, je me permettrai de ramener un autre enseignement de Manitou, non écrit, dans lequel il parle des fêtes de Tichri. Cela nous permettra de compléter ce qu'il dit ici.
Il nous dit donc la chose suivante: on ne saurait trop insister sur l'importance du 10 Tichri comme premier jour de la rédemption, dans l'expérience et dans l'histoire. On en a parlé. C'est, plus ou moins, le résumé de ce que nous avons dit jusqu'à présent. Il ajoute une idée: pour être capable d'accepter la loi morale comme charte du salut, c'est-à-dire pour savoir que, pour arriver à la rédemption, à la Gueoula, nous sommes nécessairement obligés d'avoir une conduite morale, il faut accepter, du point de vue de la liberté et de la responsabilité, la loi morale comme charte du salut. C'est le seul moyen.
Il faut savoir, nous dit-il, que la faute ne mène pas à la damnation. La première faute n'est pas définitive. Il existe la possibilité de se repentir et d'être pardonné. Car si on ne peut pas être pardonné, à la première faute, au premier échec, tout est perdu. Et il dit: a priori, cela devrait être le cas, en toute rigueur, si vraiment le temps de la conscience était irréversible, comme nous l'avons vu la semaine dernière, c'est-à-dire qu'on ne puisse pas revenir en arrière. J'avais expliqué la semaine dernière comment Manitou comprend ce retour en arrière. Et si le pardon n'était pas possible, tout cela ne nous apprendrait pas plus de choses que ce que nous avons vu la semaine dernière.
Maintenant, nous allons entrer dans le vif du sujet. On l'aura remarqué: Chavouot, où la Torah est reçue, est suivi du 17 Tammouz, où les tables sont brisées, lors de la faute du Veau d'or. À Chavouot, nous recevons la Torah, mais ce n'est pas de manière définitive. Chavouot est lié aux premières tables de la loi. Nous avons reçu les premières tables, mais le 17 Tammouz, elles sont brisées, quarante jours après.
Simhat Torah, en revanche, où la Torah est reçue dans la joie, suit Kippour, où le pardon restitue la possibilité de la loi. Or, le pardon, nous l'avons vu la semaine dernière et la semaine d'avant, est restitué le jour de Kippour. Donc, grâce à Kippour, on peut effectivement être joyeux en recevant la Torah.
Chavouot, c'est la fête de la réception de la Torah dans le sérieux, mais un sérieux qui peut se briser, d'une certaine façon, au moment où une faute intervient, et cette faute ne peut plus être pardonnée s'il n'y a pas de pardon. On reste alors définitivement perdu. C'est pour cela qu'à Kippour, où le pardon est institué, on peut, après le pardon, recevoir une Torah différente: une Torah qui sera la loi telle qu'elle est vécue après la faute, après la possibilité du pardon. Nous avons donc besoin du pardon, parce que sinon nous ne pourrons pas recevoir la Torah. Sans pardon, il n'y a pas de sens à donner la Torah, puisque dès que nous l'aurons reçue, nous la perdrons à la première occasion. Nous avons donc besoin de Kippour. Grâce à cela, on a la possibilité de recevoir la Torah dans la joie.
La question que nous nous étions posée est: doit-on être sérieux ou joyeux ? À Kippour, on doit franchement être joyeux, parce que c'est le jour où le pardon est institué. Quand le pardon est institué, il y a alors la possibilité de recevoir la Torah dans la joie, et pas simplement dans le sérieux.
Manitou dit, à la ligne 4: c'est à Tichri que le désespoir est vaincu, c'est-à-dire la tristesse. Il n'y a plus de raison d'être triste grâce au pardon de Kippour. Et qu'est-ce que cette tristesse, ce désespoir ? C'est celui ou celle qu'entretient, en chaque homme, l'écartèlement entre l'exigence du bien absolu et la connaissance de soi comme être pécable.
Pécable est un mot que Manitou aimait beaucoup, parce qu'il s'oppose à péché, c'est-à-dire à celui qui est déjà déchu par le péché: « J'ai fauté, donc je suis perdu. » Ici, on se reconnaît comme être pécable. On ne dit pas: « Je suis perdu. On ne dit pas: puisque j'ai péché, je suis perdu. On dit: je suis un être pécable, c'est-à-dire qui peut pécher. Mais cela ne veut pas dire que je vais être perdu.
Je suis capable de la faute parce que je suis libre, dans un monde où presque chaque pas tend un piège à la vertu. Nous sommes donc, nous dit Manitou, dans une situation où l'on est obligé, en permanence, de choisir. On ne rentre pas, si l'on peut dire, dans une sorte de joie ou d'allégresse permanente, parce que nous sommes libres. Les existentialistes ont beaucoup insisté sur cette idée: que la liberté est la possibilité de se retrouver soi-même, de retrouver son identité, sa nature, son essence. On se crée, on se libère par la liberté. Manitou nous dit: non, pas vraiment. Par la liberté, on ne se libère pas. Par la liberté, on entre dans le monde de la pécabilité.
Si nous sommes libres, nous pouvons pécher, nous pouvons nous tromper, parce que nous avons une responsabilité à chaque pas. Chaque pas tend un piège à la vertu. Nous avons toujours, à chaque instant, une injonction …
Cours d'Orot veKelim
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