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Yotser Or, le Dieu de la nature et de la loi

Comment la première bénédiction du Shéma décrit l'unité du Créateur à travers la nature, les anges et l'histoire.

54 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Séraphim, ophanim et la sainteté de Dieu, 50 min

En bref

Le Rav Oury Cherki explique pourquoi la lecture du Chema et ses bénédictions se distinguent de la Amida : la Amida est une demande, alors que le Chema est une acceptation de l'unité du Créateur. Il montre que la tension entre la nature et la morale se résout en un seul Dieu, Elohim pour l'ordre de la nature et Hachem pour le Dieu qui parle à l'homme. Il commente ensuite la première bénédiction, Yotzer Or, qui décrit l'ordre de l'univers, et le sens des mots Boré (laisser la place) et Yotzer (former), à partir du verset d'Isaïe et de l'enseignement sur le néant.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Dans le cadre de notre passionnante étude sur le Sidour, nous allons continuer l'étude du Sidour. Je crois que nous avons survolé, disons, une certaine attention, les dix-huit bénédictions de la Chemoné Essreï, les dix-neuf même. Ce que je vous invite à faire aujourd'hui, c'est d'étudier la lecture du Chema et des bénédictions associées. Ça se trouve dans le Sidour avant la Amida. Alors, pourquoi avons-nous commencé par la Amida ? Pour une raison très simple: c'est que la prière par excellence, c'est la Amida. C'est ce qu'on appelle, à proprement parler, Téfila. Tandis que la lecture du Chema et les bénédictions associées sont une mitsva à part, qui est une sorte de dérivée de la mitsva de l'étude de la Torah.

— Oui, qu'est-ce qu'il y a encore ? Par contre, une seconde, laisse-moi finir ma phrase, s'il te plaît. Oui, quoi encore ? Quoi ? Oui, alors, ça me ferait fortement plaisir de savoir quelle est la question.

Que de temps perdu, que de temps perdu. C'est ça la question ? C'est hors sujet. Donc nous allons passer au sujet de notre étude, qui est la lecture du Chema et des bénédictions associées, comme nous l'avons déjà bien expliqué.

La prière, c'est la Amida, c'est là qu'on vient demander quelque chose, la définition de la prière étant, au niveau fondamental, une demande. Nous venons demander au Créateur du monde de changer Sa volonté, ce qui est assez inouï, assez incroyable, mais ça, on l'a déjà étudié. Maintenant, pour ce qui est de la lecture du Chema, c'est exactement le contraire. La lecture du Chema, c'est l'acceptation, l'acceptation des principes de l'émouna. Nous acceptons Kabbalat Ol Malkhut Shamaim. Le terme kabbale signifie recevoir, c'est-à-dire que nous acceptons un état de fait supérieur que nous intégrons en nous. D'accord ? C'est ça le Chema.

Le Chema, proprement dit, proclame l'unité du Créateur, Hachem Echad, ce qui n'est pas du tout évident, parce que quand on voit l'état du monde, on n'a pas l'impression qu'il y a de l'unité derrière tout ça. Quand on voit l'état du monde, on voit une sorte de tension entre au moins deux éléments. Les deux éléments qui sont en opposition dans l'univers sont, d'une part, la nature, d'autre part, la morale. Vous vous rappelez de ce problème ? On a évoqué plusieurs fois ce problème.

Je suis moi-même quelque chose de double. Je suis un être de nature, je suis un singe évolué, mais je suis également un être moral. J'ai une neshama, une âme, qui est une étincelle d'infini, et tout cela est mélangé dans la même personne. C'est extrêmement difficile à vivre, ça entraîne une tension terrible. Parfois j'ai la tentation de me considérer exclusivement comme un être naturel, et parfois j'ai la tentation de me considérer exclusivement comme un être moral, et ça entraîne des catastrophes.

Il y a en moi, en vérité, une cohabitation. Cette cohabitation est difficile à vivre, mais il y a en nous une émouna: la cohabitation est possible parce qu'il y a à l'origine un être commun, qui est à la fois à l'origine de la nature et de la morale. Jusque-là, vous me suivez ? En fait, qu'est-ce que nous disons lorsque nous disons Hachem Elokeinou ? Hachem, Yod Hé Vav Hé, est le Dieu qui s'adresse à moi en tant que personne, en tant qu'être moral. C'est pour ça que dans la Torah, quand Dieu s'adresse à l'homme, il lui parle avec son nom, Yod Hé Vav Hé.

Par contre, en tant qu'être de nature, mon Dieu c'est Elohim. Et ce Dieu est un Dieu qui cultive l'impersonnel, la loi. Et donc je dis Hachem Elokeinou. Hachem, c'est quand même Elokeinou, c'est Hachem Echad, c'est la même chose. Ce qui est absolument difficile à admettre. Jusque-là, vous me suivez ? — Oui.

Maintenant, pour entrer en conditions, si vous voulez, pour comprendre de quoi il s'agit quand je dis Hachem Elokeinou, j'ai besoin pour cela d'une introduction. L'introduction, ce sont les deux premières bénédictions du Chema. La première, très longue, qui commence par Yotser Or ouvoré Hochekh, Oussé Chalom ouvoré ét hakol, et qui finit par Yotser HaMeorot.

Elle décrit en fait l'univers d'Elohim. C'est vrai que le nom Yod Hé Vav Hé apparaît dans la paracha, mais cette bénédiction décrit de manière générale le monde d'Elohim. C'est le Dieu des lois de l'univers. Ces lois sont aussi bien des lois astronomiques que des lois historiques ou bien des lois angéliques. Nous avons trois niveaux d'être qui sont décrits dans la première bénédiction: c'est Dieu comme organisant la nature, Dieu comme organisant les anges, et Dieu comme organisant l'histoire. Mais de manière générale, le dénominateur commun de ces trois éléments, c'est la loi. Jusque-là, vous me suivez ?

La deuxième bénédiction, qui commence par Ahava, soit Ahavat Olam, soit Ahava Rabba, selon les différentes versions, c'est Farad ou Ashkenaz, et qui finit par Habokhèr béamo Israël béahava, qui choisit son peuple Israël avec amour. La deuxième bénédiction parle du Dieu de la Torah et d'Israël. Donc, le Dieu qui s'adresse à une personne, qui se révèle en tant que Dieu de la morale. D'accord ? Une fois que j'ai intégré les deux premières bénédictions, celles de Yotser HaMeorot et celles de Ahavat Olam, je peux appréhender l'unité dans le Chema.

— Oui. — L'amour est un acte de morale. C'est important, ta question. Dans la société actuelle, l'amour est confondu avec le désir. Par exemple, la sexualité est appelée de manière erronée « amour ». Ça veut dire « faire l'amour ». Ça n'a rien à voir. L'amour est un élan de la personne qui considère en premier lieu l'autre. D'accord ? Tandis que dans ce qu'on appelle aujourd'hui l'amour, c'est une forme de jouissance de l'individu. En fait, ça n'a rien à voir l'un avec l'autre. D'accord ? Oui ?

— Je reprends ta question. Tu me demandes quelles sont les lois dont il est question dans la première bénédiction. Est-ce que ce sont les lois de la nature ou bien… ? Tu ne m'as pas dit « ou bien » quoi, mais enfin, disons… D'accord. Le problème est de savoir ce qui, dans la première réponse que j'ai donnée à cette question, ne te satisfait pas, étant donné que j'ai expliqué qu'il s'agissait des lois de la nature, des lois de l'histoire et des lois angéliques. Donc je ne comprends pas pourquoi cette exposition est insatisfaisante pour toi. Ah non, d'accord. Donc, en fait, tu reprends ta question. D'accord. Génial.

Vous connaissez certainement le psaume dix-neuf, celui qui est appelé dans les sidourim du beau nom de Xix, n'est-ce pas ? Xix, en français, 19. — Comment ? — Ah oui, c'est en chiffres romains. C'est donc le psaume Xix, ou bien 19, qui est le premier qu'on récite dans les psaumes de Chabbat: Hachamayim mesapperim kevod El, ouma'assé yadav maguid harakia… Il y a dans ce psaume sept versets qui parlent du Dieu de la nature, qui est appelé El. Et après, vous avez huit versets qui parlent du Dieu de la Torah, et ça commence par Torat Hachem temima, la Torah d'Hachem est …

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