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Prier pour prier : la Amida et la Gueoula

Comment comprendre la demande de Tsemah David et le sens de la prière répétée sans besoin immédiat.

42 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le service, le monde et la reconnaissance Modim, 46 min

En bref

Le Rav Oury Cherki commente la bénédiction « Et Tzemah David » de la Amida : demander que la pousse de David grandisse vite tout en acceptant un rythme graduel, et distinguer la délivrance qui concerne le peuple juif (Machia'h ben Yossef) de la mission universelle du Machia'h ben David. Il explique la question « Tsipita lichou'a » (as-tu espéré la délivrance en saisissant les occasions), illustrée par l'action du Rabbi Menasseh ben Israël pour le retour des Juifs en Angleterre. Il montre enfin pourquoi la Amida prévoit, après les demandes, une bénédiction « Shema Kolenou » pour pouvoir continuer à prier, et pourquoi les trois bénédictions de clôture, qui semblent parfois des demandes, rappellent des réalités déjà acquises.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Nous en sommes arrivés à la bénédiction Vetsemah David avdeha. Nous avons commencé l'étude du texte, nous allons reprendre. Vetsemah David avdeha, la pousse de David ton serviteur, mehera tatsmia, fais-la croître rapidement. Évidemment, il y a ici une contradiction interne. Croître, c'est lentement, et rapidement, c'est rapidement.

Mais dans la croissance elle-même, il peut y avoir différents rythmes, différentes vitesses. C'est vrai que ça doit se faire graduellement, mais pas trop lentement quand même. C'est le principe qu'on trouve dans le livre de Yéchayahou, Isaïe: Ani Hachem, beito ahishena. Ce que tu fais là-bas, ça fait que la porte va claquer, va taper contre la valve. Voilà…

Dans Yéchayahou, nous avons Ani Hachem beito ahishena: moi, l'Éternel, en son temps, je la précipiterai. C'est-à-dire quoi ? La délivrance. Il y a aussi un problème: soit en son temps, soit la précipiter. Les Hakhamim ont dit: si on a mérité, c'est précipiter; si on n'a pas mérité, c'est en son temps.

Mais le Gaon de Vilna dit que dans le verset lui-même, il faut comprendre que même quand la Gueoula vient en son temps, il y a une précipitation intérieure, même dans des événements qui se passent en leur temps. On dit mehera tatsmia. Et vekarno, vous n'avez pas trouvé ? C'est Vetsemah David avdeha, c'est très simple, c'est relativement facile à trouver. C'est dans la Amida, c'est dans la Amida. Vekarno, qu'est-ce qu'il y a ?

Ça veut dire: quand ça arrive en son temps, les événements peuvent aller lentement ou vite. Ce sont des options au sein même de « en son temps ». D'accord ? Oui. Vetarum keren… Karno était un conventionnel de la Révolution française, mais ça n'a rien à voir. Keren veut dire « corne ». Sa corne, c'est-à-dire sa renommée. La corne étant un organe, une protubérance de l'animal qui fait qu'on le voit de loin. Le mot keren sert donc de métaphore pour parler de la renommée. La renommée de David s'élève.

On n'a pas demandé que la renommée du Machia'h ben Yossef grandisse, mais on a demandé la renommée du fils de David. Il y a donc une différence de but. Le Machia'h ben Yossef, qui est le premier mouvement, le premier moment, si vous voulez, de la délivrance, concerne les Juifs. Il ne concerne pas les Goïm. C'est-à-dire qu'Israël doit sortir de son exil, retrouver sa terre, retrouver son indépendance, retrouver son indépendance économique et culturelle. Tout ça c'est très bien, c'est vrai, mais c'est au niveau du peuple juif dans son intérieur.

Et quand on parle de la mission universelle du peuple juif, on passe déjà à une deuxième phase, qu'on appelle le Machia'h ben David, le Messie davidique, la dynastie de David, qui remplit une fonction universelle. C'est pour ça que, précisément à propos de la pousse de David, Son serviteur, on demande que sa corne, c'est-à-dire sa renommée, s'élève. Vetarum keren. Est-ce que vous avez suivi ?

Il y a ici une petite note très importante: Bishou'atcha, par ta délivrance. Il y a une ambiguïté dans le texte. Par ta délivrance: qui est libéré ? Dans ce qu'on devrait dire, Bishou'atenou, par notre délivrance. La délivrance que tu fais, c'est la première interprétation possible. Mais on peut comprendre aussi que toi, tu sois libéré. C'est comme si Dieu lui-même était emprisonné et qu'il avait besoin d'être libéré.

Comment se fait-il qu'il soit comme emprisonné ? Tout simplement parce qu'il a fait dépendre sa lumière de l'action des hommes. Si les hommes ne font pas ce qu'il faut, c'est comme s'il y avait un emprisonnement de cette lumière. C'est donc comme si c'était Dieu lui-même qui était libéré. C'est pour ça que notre ancêtre Yaakov a dit: Lishou'atcha kivíti Hachem, c'est ta délivrance que j'attends, Éternel. C'est-à-dire ta délivrance à toi.

Si ce que je vous dis là est vrai, c'est une idée kabbalistique, pour tout vous dire. Vous n'êtes pas obligés de l'admettre, ce sont les kabbalistes qui nous l'enseignent. Ça veut dire que le premier intéressé à la Gueoula, ce n'est pas le peuple juif, c'est Hachem lui-même. Si je fais retarder la délivrance, je pèche par rapport aux intérêts du Créateur. Ce qui est beaucoup plus grave, vous pouvez le comprendre. Ça l'embête beaucoup de faire attendre sa délivrance à cause de nous. Ki lishou'atcha kiviinou kol hayom, car nous espérons ta délivrance tout le jour.

Le vetsipinu n'est pas dans toutes les versions de la prière, il est dans certaines et pas dans d'autres. Alors, vetsipinu, nous aspirons, kol hayom, tout le jour. Il y a dans le Talmud une liste de questions que l'on pose à l'homme quand il est devant le tribunal céleste. Un jour, on monte en haut, puis on est interrogé. Il y a un midrach comme ça, mais ce n'est pas ce que dit la Guemara. La Guemara dit qu'il y a six questions différentes qui sont posées.

La première: Nassata venatata be'émouna, as-tu agi avec loyauté dans ton commerce, c'est-à-dire dans tes affaires d'argent ? C'est la première chose qu'on demande: est-ce que ça a été transparent ou pas ? Est-ce que tu as volé, est-ce que tu n'as pas volé ? Voilà, c'est la première question. La deuxième question, celle qui nous concerne ici, c'est Tsipita lishou'a, as-tu espéré la délivrance ?

A priori, cette question est banale. Qui ne veut pas être libéré ? Les questions d'argent, on peut comprendre: il y a des gens honnêtes, il y en a qui ne le sont pas. Mais la délivrance, tout le monde va être libéré. C'est pour ça que les commentateurs disent que ça veut dire: as-tu espéré l'accomplissement des promesses des prophètes de ton temps, be'eito ? Qu'est-ce que ça veut dire, espérer de son temps ? Ça veut dire: as-tu observé les événements pour exploiter les occasions qui te sont données d'amener la délivrance ?

Il y a toujours dans la conjoncture, comme on dit, une série d'événements qui font que, si ça se passe comme ça, on peut exploiter ça pour faire avancer les choses. Je vais vous donner un exemple tout simple. Rabbi Menashe ben Israël, comme on dit, était rabbin, comme son nom l'indique. Il était rabbin à Amsterdam, dans la communauté séfarade d'Amsterdam. Il a fait un voyage à Londres.

À l'époque, les Juifs étaient encore sous le coup de l'édit d'expulsion des Juifs d'Angleterre. Il n'y avait donc pas de Juifs à Londres. Mais il y a eu une petite révolution où, pendant un certain temps, la royauté a été renversée. Le régime institué était celui du protecteur Oliver Cromwell, qui a d'ailleurs dirigé l'Angleterre un peu à la manière d'un dictateur. Pendant quelques années, l'Angleterre a été régie par une sorte de république.

À ce moment-là, Rabbi Menashe ben Israël fait le voyage d'Amsterdam à Londres pour demander à Oliver Cromwell d'autoriser les Juifs à revenir à Londres. C'est comme ça qu'a été fondée la première synagogue de Londres, la synagogue portugaise, qui existe encore aujourd'hui. Depuis, il y a des Juifs en Angleterre. Pourquoi était-ce important pour Rabbi Menashe ben …

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