Les obstacles à la zehirout : la peur du qu'en-dira-t-on
Le Ramhal range le manque de temps, la légèreté et la honte de paraître pieux parmi les freins à la vigilance.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Zerizout : l'empressement face à la nonchalance, 1 h 00
En bref
Le Rav reprend la fin du chapitre 5 de Messilat Yecharim sur les obstacles à la Zehirout, c'est-à-dire à la vigilance sur ses actes. Il examine le troisième obstacle, la crainte d'être trop pieux et la pression des pairs, en s'appuyant sur des exemples concrets de la vie familiale et sur l'histoire de Rabbi Shimon Bar Yochai. Il explique aussi que la Zehirout doit précéder la Zerizout, l'empressement dans les mitsvot, qu'il faut apprendre à ne pas suivre sa nature paresseuse et que la Torah doit guider la volonté.
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## Rappel des trois obstacles à la zehirout
Chabbat chalom et Boker tov à tous et à toutes. Nous reprenons notre étude de Messilat Yecharim. Nous sommes toujours dans le chapitre 5, et nous sommes maintenant dans le passage sur la zehirout, Ameakev HaShlichi. Nous allons terminer le chapitre 5. Nous avons expliqué quels sont les obstacles qui nous empêchent d'être zahir.
Il y en a trois. Nous en avons vu deux. La première est Hatirdah cheh'lahol amazeh, c'est-à-dire le fait que nous avons beaucoup de choses à faire dans notre vie. Nous n'en prenons pas le temps parce que nous n'avons pas le temps. La deuxième est Alé tsanout, la philosophie de l'absurde, qui affirme qu'en fait rien n'a d'importance.
La troisième, nous y arrivons maintenant. Allons-y: Ameakev HaShlichi hi haḥevra, da'ayinu ḥevrat hatiptsim ve'ahotim. C'est ce que dit l'Écriture dans Michlé, voir ḥevrat comme des oiseaux. Nous voyons souvent qu'une personne, avant même de s'enfoncer dans la vie du travail et de la prudence, s'éloigne de ceux qui vivent selon ce qui est écrit dans l'Écriture, afin de ne pas attirer son ami, ou afin de ne pas interagir avec eux.
## L'influence de l'entourage
Lequel des trois est le plus difficile ? La vérité, c'est que le plus compliqué est Alé tsanout, mais il faut être très honnête: c'est le moins présent. Très peu de gens sont vraiment des philosophes de l'absurde. Dans le quotidien, très peu de gens disent idéalement qu'il n'y a d'intérêt à rien. Ce n'est donc pas eux.
L'essentiel du propos concerne les gens qui n'ont pas le temps de se poser les bonnes questions. Il y a aussi cette troisième problématique: des gens qui te disent: « Je n'ai pas envie d'être un dos, d'être un religieux », par peur de l'archouma, de l'excès d'être trop religieux. Ou, comme on dit en bon arabe, « pas snicht ».
Je vais le dire, hein, c'est ma fille. Nous avons eu une prise de bec, je crois que c'était vendredi ou jeudi, je ne m'en rappelle plus. Elle est revenue de l'école, et une copine d'une autre école est venue à la maison. Elle a proposé: « Tu veux venir avec moi ? On va se balader, aller faire un tour au canyon, etc. » Ma fille m'a demandé: « Est-ce que je peux aller au canyon ? » J'ai dit: « D'accord, dans une heure tu es de retour. Jusque-là, tout va bien. » Sauf qu'elle est allée se changer.
Elle revenait de l'école, et l'école a un code vestimentaire: la jupe doit être longue, vraiment longue. La copine avec qui elle sortait a une jupe plus courte. Ma fille s'est changée pour mettre une jupe qui n'était pas courte, car elle n'en a pas, mais moins longue que celle qu'elle avait avant. Une jupe tout à fait beseder, il n'y a aucun problème. Mais elle a senti le besoin de raccourcir sa jupe parce qu'elle était avec une copine qui avait une jupe plus courte.
Je lui ai dit: « Mais ach ma, lama, mi mah, mah ara ? » Elle a répondu: « Non, mais c'est beseder, tu comprends. » Je lui ai demandé: « C'est la copine et la jupe, ou c'est le fait d'aller au canyon ? » Elle m'a répondu que c'est « gam gam », les deux à la fois. Le canyon, c'est ḥevra gam, c'est autant ḥevra que la copine. Je lui ai dit: « Mais pourquoi ce ne serait pas elle qui se sentirait mal à l'aise d'être avec une jupe plus courte et qui ne rallonge pas la sienne ? » Là, elle s'est tue.
Bon, ma fille a 12 ans, ce sont des jeux de 12 ans, et c'est normal à 12 ans. Mais c'est comme ça que nous vivons tous. David, tu voulais dire quelque chose ?
— Je vais vous faire des garçons. Mais les garçons, c'est pareil, mon ami.
— Exactement. Mon fils n'a que 9 ans, donc pour l'instant il s'en fiche de la kippa courte ou pas courte, ce n'est pas son problème. Mais tu as raison, c'est exactement le même problème avec les garçons. Quand tu as des garçons qui te disent: « Je veux m'habiller comme ci ou comme ça », ou: « Non, attends, je ne vais pas sortir le 31. Ah, je vais sortir, je ne vais pas sortir le 31. » Tous leurs copains sortent le 31, ça va, ce n'est rien, c'est bon, je vais être dans un truc tranquille. Oui, ce sont les religieux qui ne sortent pas le 31 décembre. Brikitsour, Achevra araha. Et ça, mes amis, c'est le cas chez tout le monde. Bon, je vais aller étudier maintenant. Non, ça va. Achevra araha. Reprenons notre texte.
C'est évident que la vie ne fait pas le moine. Je te donne simplement l'exemple de ma fille de 12 ans. C'est normal qu'à 12 ans, ce soient là les problèmes. Mais ce ne sont pas les seuls problèmes de tous. Je me reprends tout de suite: la vie ne fait pas le moine, quoique...
Quand tu me dis que la vie ne fait pas le moine, tu veux dire: « Attends, il y a de grands tsadikim, beaucoup de dirachamayim, qui ne respectent pas le code vestimentaire de la halakha. » C'est peut-être pas dans l'air du temps, mais le concept, « ani dati balev », « moi je suis très religieux, mais dans le cœur, tu vois. Je ne fais pas les mitsvot, mais je suis religieux. » Eh bien non, ce sont des sornettes.
Donc, la vie ne fait pas le moine. C'est vrai: ce n'est pas parce que tu es habillé en noir et blanc, avec une kippa noire, que tu es forcément un grand tsadik. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Mais dans l'autre sens, tu ne seras jamais un grand tsadik si tu te promènes tout nu dans la rue. Non, tout nu, non. Mais tu n'as pas besoin d'avoir une robe qui traîne par terre. Non, c'est pour ça que, Baroukh HaChem, nous avons ce qu'on appelle la halakha.
Je dis simplement que la halakha est ce qu'elle est. Tu peux en faire plus pour toi, ou en faire moins. C'est une prise de position. Tu ne pourras pas être Ereš hamayim adasov si tu décides que telle ou telle dimension de la halakha ne te parle pas. D'accord, on est d'accord. Pardon ? Vous avez le tchat, il y a des gens qui cliquent dans le tchat. Attends, je ne l'ai pas mis. Deux secondes, je les mets tout de suite.
## La Torah comme rappel
La Bible peut aussi aider à se souvenir de la façon dont il faut se comporter. Oui, bien sûr. Elle peut nous permettre de nous rappeler de nous comporter de telle ou telle façon, c'est évident. On connaît l'histoire dans le Talmud, dans le traité de Ménahot, qui parle d'un homme dont on ne sait pas grand-chose, si ce n'est qu'il gardait profondément une mitsva: celle des …
Cours d'Orot veKelim
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