Qui était le Ramhal, Rabbi Moshé Haïm Luzzatto
Sa filiation avec le Ari, son rôle dans la transmission de la Kabbale et l'époque où il a vécu.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Michelat Yecharim : les tsadikim et les hassidim, 60 min
En bref
Ce cours présente Rabbi Moshe Haïm Luzzatto, dit le Ramhal, né en 1707 à Padoue, dans le contexte difficile du début du XVIIIe siècle juif, marqué par les pogroms de Chmielnicki et le mouvement de Shabbtaï Tsvi. On y apprend comment il a reçu une formation exceptionnelle, a écrit en hébreu des ouvrages profanes et kabbalistiques, et a été suspecté à tort de sympathie pour Shabbtaï Tsvi. Le cours s'achève sur l'introduction à Mesilat Yecharim, le Sentier des Justes, que l'on étudiera en profondeur la semaine suivante.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour à tout le monde. Comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est un grand plaisir et un grand honneur d'ouvrir, cette fois pour de bon, la Yeshiva Online. C'est un grand moment: nous allons mettre en œuvre la possibilité de dévoiler des choses qu'on ne dévoilait pas auparavant. On dit « yeshiva », et celui qui n'allait pas à la yeshiva n'étudiait pas. Or aujourd'hui, on ne peut pas vraiment aller à la yeshiva comme d'habitude, à cause du Corona et des Nidayim. Je félicite donc cette initiative de faire la yeshiva en ligne. On peut être connectés ensemble, en France et en Israël, et, Hachem aidant, nous allons pouvoir étudier ensemble.
Je préfère le dire tout de suite: il s'agit d'une yeshiva en ligne, et non pas d'un cours en ligne. Quelle est la différence entre un cours et une yeshiva ? Dans un cours, on est là pour entendre ce que le rabbin a à dire, yafé meod, et on repart avec l'enseignement du rabbin. Dans une yeshiva, le rabbin est là pour enseigner, mais les élèves sont là pour participer activement à l'étude. Dans la yeshiva, on n'est pas passif. On étudie. Et c'est là une grande différence: on va prendre un sefer, on ne va pas prendre des cours décousus, très intéressants en eux-mêmes mais décousus les uns des autres. On va étudier un livre.
Je préfère vous le dire tout de suite: cela ne dépend ni de l'enseignant, ni de la qualité de sa parole. Dans tous les livres que nous allons étudier, il y a des parties pleines d'action, où il se passe beaucoup de choses, et des parties un peu plus techniques. Je vous invite à regarder le livre de Vayikra, par exemple, dans la Torah. Vous avez l'épisode de Nadav et Avihou, où il y a des versets qui parlent d'eux-mêmes, et puis il y a beaucoup d'autres versets beaucoup plus techniques. Mais quand on étudie, on ne s'arrête pas aux seules affaires croustillantes: on étudie tout, en profondeur. D'accord ?
Donc, pour notre cours ensemble, nous allons étudier Messilat Yécharim. Le cours du Rav Benarosh, de Hachem, du Kuzari: ce sont des livres fondamentaux dans l'émouna du peuple d'Israël. Nous avons la chance de pouvoir les étudier tous ensemble.
Dernière chose avant d'entrer dans le vif du sujet. L'avantage de Zoom, par rapport à la seule diffusion sur YouTube ou Facebook, c'est que là, les élèves voient le rabbin, et c'est tout. Avec Zoom, on a la possibilité de se voir. Vous avez donc le droit de mettre vos caméras, pour que ce soit vraiment une yeshiva, où l'on se voit. Il est quand même plus agréable de parler à quelqu'un qui a un nez, des yeux, des oreilles.
Chacun connaît l'environnement dans lequel il a installé son ordinateur ou son téléphone. Si vous êtes dans un endroit où ce n'est pas trop la foire, vous pouvez aussi mettre vos micros, pour pouvoir interagir. Sinon, si vous voyez que c'est vraiment impossible chez vous, lorsque vous avez une question, surtout n'hésitez pas: allumez votre micro et posez la question. Vous pouvez donc interagir comme vous le voulez. Je ne peux plus vous voir tous en même temps, seulement quatre à la fois, mais ce n'est pas très grave. Dès que vous poserez une question, elle viendra jusqu'à moi.
Comme je le disais, nous ne pourrons pas entrer tout de suite dans le texte, parce que nous avons besoin de faire une introduction, non seulement sur le livre Messilat Yécharim lui-même, mais aussi, évidemment, sur son auteur.
Alors, voilà, maintenant ça revient. Ah d'accord, vous avez raison: l'ordinateur a décidé qu'aujourd'hui il n'était pas content. On ferme l'ordinateur, c'est terminé, on est uniquement sur le téléphone, et tout va bien.
Donc, on l'a dit: il faut faire une introduction, non seulement sur le livre, Messilat Yécharim, car le Ramhal lui-même y fera une grande introduction, mais aussi sur la période et sur le personnage qu'est Rabbi Moshe Haim Louzzatto. La période, d'abord.
Nous sommes dans une période très difficile pour le peuple juif, au tout début du XVIIIᵉ siècle. Le Ramhal naît en 1707. On est donc vraiment au début du XVIIIᵉ siècle, mais qui dit début du XVIIIᵉ dit surtout qu'on vient de passer la fin du XVIIᵉ. Or, la fin du XVIIᵉ siècle a vu des événements tragiques dans l'histoire du peuple juif, tragiques sur le plan physique comme sur le plan spirituel. Vous faites allusion à Chabbetaï Tsevi ? Bien sûr, Chabbetaï Tsevi, mais il y en a eu
d'autres. J'aurais commencé, personnellement, avec les pogroms de Chmielnicki, en 1648. On parle d'un cosaque, en Europe de l'Est, qui va massacrer des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes. On parle de près de 100 000 juifs qui vont être massacrés au sabre dans les différentes communautés. Vous imaginez bien que l'ambiance générale du peuple juif, après les pogroms de Chmielnicki, n'est pas bonne. Évidemment qu'elle n'est pas bonne. Il ne fait pas bon vivre juif, non seulement en Europe de l'Est, mais nulle part en Europe. Il
ne fait pas bon du tout être juif.
Bien que, d'un autre côté, on commence à bien cerner la Renaissance, et qu'en Europe de l'Ouest, l'antisémitisme est déguisé, mais c'est quand même un antisémitisme. C'est donc la première problématique: la problématique physique du peuple juif, à laquelle il va falloir apporter un message, si vous voulez, de hidouch, un message du type: ne vous inquiétez pas, tout ira bien. Ce message, on le retrouvera largement dans la Hassidout, et il y aura une autre façon de répondre à la problématique ambiante: se réfugier dans le Beit Hamikdash. Ce sera plutôt la réponse du Gaon de Vilna, et des Litvaks.
C'est-à-dire que, d'un côté, nous avons le mouvement hassidique qui va essayer de calmer le jeu avec le Baal Chem Tov et ses élèves, en disant: ne vous inquiétez pas, c'est un moment terrible à traverser, mais on le traversera. Et l'autre façon de faire, c'est de dire: je vais m'enfermer dans la Beit Hamidrash, pour que ces terribles événements n'arrivent pas jusqu'à mes fenêtres. Le Ramhal va avoir une autre approche pour tout simplement traverser ces moments difficiles. Pas seulement en faisant en sorte que le train passe, et qu'on verra bien après, mais en essayant de donner une explication à cette période, pour comprendre vers quoi on va. Ce sera l'un de ces grands, grands enseignements du Ramhal. Mais on y reviendra.
Vous l'avez dit: l'un des grands problèmes qu'il faut régler, juste avant le Ramhal, c'est évidemment Chabbetaï Tsevi. Chabbetaï Tsevi, c'est qui ? C'est un homme qui va se faire passer pour le Machiah. Le problème, c'est que nous vivons aujourd'hui, près de 400 ans plus tard, et on se dit: bon, Chabbetaï Tsevi était un faux messie, quelques-uns se sont laissé avoir. Mais ce n'est pas du tout le cas. Ce ne sont pas quelques personnes qui se sont laissé avoir. À l'époque de Chabbetaï Tsevi, la quasi-totalité du monde juif va le suivre. La quasi-totalité des rabbanim …
Cours d'Orot veKelim
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