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La Torah donnée à Israël seul, selon le Kouzari

Le roi des Khazars objecte que la Torah ne concerne que le peuple d'Israël ; le Rav répond par le statut du guer.

60 min

Rav David Partouche

Ensuite : Israël, les guerim et les nations selon le Kouzari, 57 min

En bref

Le Rav Partouche commente le dialogue 26 du Kouzari, où le roi des Khazars reproche aux juifs de se dire seuls destinataires d'une Torah qui ne concerne qu'Israël. Il explique que la Torah est la loi de vie propre à chaque nation, que le judaïsme ne se réduit pas à une religion mais à une manière de dévoiler l'homme, et que la Ségoula d'Israël est une aptitude particulière qui doit servir les nations. Il montre aussi que les convertis (guerim) sont accueillis, mais n'ont pas la même place que les juifs de naissance, notamment pour la fonction prophétique.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Attendez, on continue. C'est toi qui enregistres là, Zébisséda ? Non, regardez. On est au Kaf Vav. D'abord, désolé, donc, de cette absence. Mais ça fait du bien aussi de faire une hafsaka pour pouvoir intégrer les choses, et ça nous aide pour la suite. Alors, regardez. On est au 26, au dialogue numéro 26, c'est Kaf Vav. Je vais vous montrer tout de suite sur les pages.

Vous voyez ici, Amar HaKouzari, Im ken. Vous l'avez là, peut-être ? Je vais essayer d'agrandir ça. Il y a du bruit chez vous, un peu. C'est bon là ? Oui, là, nickel, c'est bon. Vous voyez là ? Kaf Vav. Toute personne qui a un livre, prenez le numéro Kaf Vav, qui commence par Amar HaKouzari. Le Kouzari dit: Im ken, si c'est ainsi.

Ani roé que votre Torah, la Torah chez Hachem, n'est donnée qu'à vous, uniquement à vous. C'est-à-dire que, juste après l'histoire, lorsque le Hakadosh Baroukh Hou décide de se dévoiler au Am Israël, c'est lors de la sortie d'Égypte. Et lorsqu'on est lors de la sortie d'Égypte, le Hakadosh Baroukh Hou va nous dire…

Et c'est seulement après nous avoir fait sortir d'Égypte qu'il va nous dire qu'il va nous donner la Torah, qu'il est notre Dieu: Anokhi Hachem Elokekha, asher hotsaïtikha Mééretz Mitsraïm: « Je suis l'Éternel ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Égypte. » Et donc, depuis le départ, lorsque le roi des Khazars avait demandé quelle est la émouna, quelle est la conviction religieuse du rabbin, celui-ci avait expliqué: je crois au Dieu, j'ai la émouna dans le Dieu

qui nous a fait sortir d'Égypte, qui a fait sortir mon peuple d'Égypte, qui s'est dévoilé à mon ancêtre Abraham, etc., etc. Et il lui explique: Dieu n'est pas marqué comme ayant créé le monde lorsqu'il s'est dévoilé au peuple d'Israël. Dieu, lorsqu'il a décidé de se dévoiler aux hommes, c'est-à-dire au peuple d'Israël, a dit: « Je suis le Dieu qui t'a fait sortir d'Égypte. » De là, j'apprends que ce Dieu ne concerne que ma sortie d'Égypte. Il a dit: « Je vous ai fait sortir d'Égypte. » De là…

Moi, j'ai une certitude pleine et entière par rapport à ma relation avec le divin, pour une bonne raison: c'est que le divin nous a parlé à nous, et qu'il s'est occupé de nous dans le désert, il nous a nourris dans le désert. Donc je parle de la relation d'un dieu, du dieu de la famille, du dieu familial. Et à ce moment-là, il lui donne l'exemple du roi d'Inde: tu peux parler d'un roi que tu n'as jamais rencontré, et tu peux supposer qu'il existe,

et avoir des doutes sur son existence. Par contre, si tu vis une relation avec le roi, alors forcément, tu arrives à la conclusion qu'il existe. Tu arrives à la conclusion que ce roi existe et me fait du bien, puisque je vis ce qu'il me fait. Et c'est ce qui s'est passé. Le roi, le Rav Eytan, le rabbin, c'est-à-dire Rabbi Yehouda HaLévi, dit: je ne peux te parler que d'une expérience vécue au niveau du divin, par l'intermédiaire de mon peuple d'Israël. Jusque-là, ça va ?

Et donc, le roi des Khazars comprend très bien ce qu'il vient d'entendre. Si c'est ainsi, moi je cherche un dieu universel, et toi tu me parles d'un dieu familial: un dieu qui vous a donné une Torah, et cette Torah ne vous concerne que vous, et ne concerne pas le reste des sept milliards d'humains qui existent. C'est-à-dire que ça ne concerne que…

Vous avez un dieu qui est Kavod Elokei Israël, le dieu d'Israël. Vous avez une Torah qui n'appartient qu'au peuple d'Israël. Et les goyim dans tout ça ? Et le monde tout entier dans tout ça ? Alors que les autres religions parlent d'un dieu universel, nous, nous parlons d'un dieu national, qui appartient à une nation particulière, la nation d'Israël. C'est terrible de dire une phrase comme ça, dit le roi des Khazars. Comment oses-tu parler d'un dieu qui ne concerne que vous ?

Et on va voir la réponse de Rabbi Yehouda HaLévi. Il dit la chose suivante: Amar Ha-Ever. Donc le rabbin répond: Ken hou, oui, c'est ainsi. D'abord, il ne refuse pas. Il dit: Nachon, tu as raison. Cette Torah ne concerne que nous. Vekhol ha-mitgayyer: toute personne qui va nous accompagner, venant des nations, c'est-à-dire toute personne qui veut se convertir,

en particulier en tant qu'individu, yagia mi-natova, asher yetiv vé-yaavoré el enou: alors il pourra arriver à recevoir la bonté que le Hakadosh Baroukh nous a donnée, arlo yechavei manou, mais le converti ne sera pas égal à nous. Veilo hayachiyou ha-Torah mipné: si l'obligation de respecter les lois de la Torah

était du fait que le Hakadosh Baroukh Hou nous avait créés en tant qu'hommes, alors il n'y aurait aucune différence dans toutes les natures d'humains. Les blancs, les jaunes, les noirs, les rouges, toutes les natures d'humains, toutes les formes humaines, auraient eu l'obligation de faire la Torah, parce que nous sommes tous des créatures. Mais la Torah nous a été donnée parce que nous sommes sortis d'Égypte.

Parce que le Hakadosh Baroukh Hou a décidé de s'unir à nous, parce que nous sommes appelés la ségoula parmi les hommes. La ségoula, Am Ségoula, la fameuse expression très, très mal comprise de « peuple élu ». C'est-à-dire ? Et là, Amar HaKouzari, le roi des Khazars: « Et là, je vois que tu changes de visage, toi, Yehoudi. » Le juif. À chaque fois que le roi des Khazars dit Yehoudi, c'est dit avec mépris, c'est « sale juif », c'est d'une dénigration totale. Quand il utilise le mot Yehoudi, c'est par dénigration face au rabbin: Ou-kvarsha dvarekha razé, acharsha yashamen: tes paroles deviennent minces, fines, alors qu'elles étaient belles, épaisses et intéressantes.

Bon. Je dois expliquer tout ça. On y va. Première étape: le Hakhaver ne refuse pas cela. Le rabbin lui dit, Rabbi Yehouda HaLévi: en effet, notre Torah ne concerne que nous. Est-ce que c'est clair, que notre Torah ne concerne que nous ? Bien sûr. C'est la Torah d'Israël. Un goy n'a pas l'obligation de faire la Torah. Il y a même des phrases qui sont difficiles: un goy qui fait Chabbat est Khayav Mita. Je ne vais pas rentrer dans la halakha stricte, parce qu'il y a beaucoup de controverses, de quelle manière, pourquoi, etc. Mais il est clair pour nous tous

qu'un goy n'a pas l'obligation de faire les mitsvot. Et même mieux, il ne doit pas faire les mitsvot. Au contraire, il vaut mieux qu'il travaille le Chabbat, qu'il construise encore le monde le Chabbat. Il y a des choses que le goy ne doit pas faire. Donc il est clair que notre Torah est la Torah d'Israël. Elle est appelée au nom de Moshé: Torah de Moshé. Elle n'est pas appelée la Torah d'Avraham, Yitzhak et Yaakov. On aurait pu penser qu'elle concerne une …

Cours d'Orot veKelim

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