Introduction au Kouzari et le rêve du roi des Khazars
Pourquoi Rabbi Yehuda Halevi écrit ce livre, et ce que signifie être yachar, droit, dans la Torah.
Rav David Partouche
Ensuite : Le rêve du roi des Khazars et l'émouna de l'enfance, 1 h 01
En bref
Le Rav Partouche ouvre l'étude du Sefer HaKouzari de Rabbi Yehuda HaLevi, écrit vers 1140 en Espagne à une époque de grande fragilité pour le peuple juif, et explique comment lire ce livre comme un enseignement de Torah plutôt que comme un récit historique. Il montre pourquoi le Gaon de Vilna le tenait pour un livre où reposent les fondements de l'émouna d'Israël et de la Torah, et pourquoi il n'est destiné qu'à ceux qui veulent réellement progresser. Il présente enfin le lien que Rabbi Yehuda HaLevi établit entre le peuple d'Israël et Hachem, qui se connaît d'abord par l'histoire et l'appartenance nationale, même en galout.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bienvenue à la yeshiva en ligne. C'est une yeshiva très particulière, parce qu'il y a des hommes et des femmes, en France, en Israël, à Yerouchalaïm, à Jérusalem, en même temps. Tous les âges sont là. C'est une yeshiva de Klal Israël, de tout le peuple d'Israël, dans le Midi.
Le but est que ce soit une yeshiva, c'est-à-dire que ce ne soit pas une conférence, mais une étude sur texte, ce qui est plus ardu. On laisse du temps pour les questions. On essaie que les questions soient directement en rapport avec le texte, pour ne pas arriver à des milliers de questions. Toutes les questions qui ont un rapport direct avec le texte, ou avec ce que je viens de dire et qui touche au sujet, on y répondra avec plaisir. Si d'autres personnes ont des questions, elles peuvent…
On va nous joindre par mail, par tchat, je ne sais pas, il y a aujourd'hui plein de moyens pour envoyer des questions à Hachem. Nous allons lire le texte du Sefer HaKouzari, le livre du Kouzari. Je vais faire aujourd'hui une introduction importante pour comprendre où nous allons et quel est notre but. Le texte est assez long, donc il se peut que nous passions parfois certains passages.
Ils seront trop durs à traduire. Nous ne ferons pas de résumé, mais nous essaierons de dépasser les passages un peu ardus et longs à traduire. Nous aurons l'essentiel. Si vous pouvez télécharger le texte du Kouzari depuis internet, ou avoir un livre du Kouzari, ce serait très bien pour pouvoir suivre. Sinon, je vais faire un partage d'écran pour que tout le monde ait le même texte. Nous allons commencer par une introduction très importante concernant le livre.
Comme tout le monde le sait, ou peut-être pas, le Sefer HaKouzari, le livre des Kouzars ou des Kazars, a été écrit par Rabbi Yehouda HaLevi. Rabbi Yehouda HaLevi vivait vers les années 1130-1140, en Espagne. Il est considéré comme un Richon. Il y a plusieurs époques parmi nos sages: Rachi, par exemple, est considéré comme un sage de l'époque des Richonim, c'est-à-dire des premiers temps, tout comme les Tossafot.
Rabbi Yehouda HaLevi fait partie justement de cette époque des grands rabbins que l'on appelle les Acharonim. Nous sommes environ 500 ans après la clôture de l'étude du Talmud de Babylone, le livre qu'on appelle le Talmud. On est donc à 500 ans. Le peuple d'Israël se trouve en partie en Espagne, et il souffre terriblement. On n'est pas encore à l'Inquisition des Juifs d'Espagne, mais malgré tout il y a des décrets contre les Juifs d'Espagne.
Les Juifs commençaient déjà à prêter de l'argent, à pratiquer l'usure sur leur travail. Ils prêtaient de l'argent aux goyim. Les goyim voyaient qu'ils ne pouvaient pas rembourser, les Juifs avaient récupéré des terrains, une histoire d'argent… Et alors, le catholicisme de l'époque décide de récupérer les terres, et les Juifs se retrouvent du jour au lendemain
sans argent, sans aucune fortune. Il y a de grandes souffrances dans le peuple d'Israël. Au niveau du monde en général, qu'y a-t-il ? Il y a deux religions très fortes, l'islam et la chrétienté, qui sont les religions qui font la conquête de ce monde. Et Israël, où le peuple juif et le judaïsme se trouvent, est justement la religion qui, de par son passé, a une très grande grandeur, et nous allons le voir à travers le livre.
C'est celle qui va donner naissance à l'islam: de là, l'islam tire sa source, et la chrétienté aussi tire sa source. Mais on voit que, sur le plan politique et national, Israël est dans une situation très faible. Loin de sa terre depuis plus de mille ans, au niveau de la réalisation de ses commandements, du fait que les communautés soient éparpillées dans le monde entier, nous n'avons pas la force de réaliser notre Torah. Nous sommes le peuple d'Israël, le peuple d'Hachem.
Le peuple de Dieu, le fameux peuple élu, nous sommes sur le plan politique et social à un niveau très, très bas, et même sur le plan spirituel, nous sommes à un niveau qui n'est pas notre véritable niveau. À tel point que le deuxième titre donné au livre des Kazars, au Sefer HaKouzari, est: la défense de la religion méprisée. Le livre de Rabbi Yehouda HaLevi se veut une défense de la Torah, à une époque
où personne ne pensait une seule seconde à s'intéresser au judaïsme. Pourquoi ? Parce que le judaïsme n'offrait pas des valeurs assez fortes pour donner à leur peuple la force de se relever de l'exil. Par conséquent, Rabbi Yehouda HaLevi se veut défenseur du judaïsme, défenseur de la Torah, défenseur de notre grandeur, malgré notre situation si terrible. Rabbi Yehouda HaLevi a écrit ce livre, et il va dire une phrase que nous lirons peut-être aujourd'hui.
Il va dire: Va'amaskil yaskil. Il est dit qu'un jour, au royaume des Kazars, un roi qui, lui et tout son peuple, avait décidé de se convertir au judaïsme. Dans cette œuvre, je vais raconter le discours, la discussion qui a eu lieu entre le roi des Kazars et le sage, le sage d'Israël, le rabbin, avec lequel le roi a discuté et qui a réussi à le convaincre par ses réponses.
Il va être convaincu qu'il faut se convertir, lui, le roi des Kazars, et tout son peuple, à Israël, à la Torah, au judaïsme. Rabbi Yehouda HaLevi dit: je vais vous faire part de la discussion qu'il y a eu entre le roi des Kazars et le rabbin. Va'amaskil yaskil: celui qui est sage, qui est savant, pourra encore devenir plus savant. Qu'est-ce qui est caché derrière ce mot ? Quelque chose de très simple. Il est clair que le discours qui est mis
dans le livre, le Sefer HaKouzari, n'est pas exactement, presque pas, mot pour mot, et même loin, très loin de la discussion véritable qu'il y a eu entre le roi des Kazars et le rabbin de l'époque. Pourquoi ? Parce que, concernant l'histoire des Kazars, certains historiens disent que cela n'a jamais existé, d'autres disent que oui, cela existait, et qu'on en a des preuves. Il existe une controverse sur
la véracité de cette histoire. Est-ce qu'un peuple, et son roi, se sont vraiment convertis au judaïsme ? Sur le plan historique, il y a des controverses. Et cette histoire, même si elle est vraie, s'est passée environ 300 ans avant Rabbi Yehouda HaLevi. Comment, alors, Rabbi Yehouda HaLevi a-t-il pu véritablement savoir ce que le rabbin a dit au roi et ce que le roi a dit au rabbin ? Cela paraît impossible. Mais
il va essayer d'imaginer, et c'est ce qu'il fait dans son livre. Il imagine le discours entre un roi goy et un rabbin du peuple d'Israël, qui se renseigne justement sur la profondeur d'Israël, sur la profondeur de la Torah, sur la profondeur du judaïsme. Il ne faut donc pas voir un livre historique, mais un livre métaphysique, un enseignement pur de Torah, écrit par Rabbi Yehouda HaLevi, sur un fond, une histoire dont il s'est servi
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
. Avec le Rav Partouche, redécouvrez le dialogue qui oppose la Emouna d'Israël à la philosophie, la chrétienté et l'islam — et comprenez pourquoi cette œuvre du XIIᵉ siècle reste d'une actualité brûlante.
- 1
Introduction au Kouzari et le rêve du roi des KhazarsPourquoi Rabbi Yehuda Halevi écrit ce livre, et ce que signifie être yachar, droit, dans la Torah. - 2
Le rêve du roi des Khazars et l'émouna de l'enfanceRabbi Yehouda Halevi ouvre le Kouzari par le rêve du roi khazar et la distinction entre intention juste et acte juste. - 3
Le philosophe et le besoin de Dieu selon le KouzariLe philosophe nie que Dieu ait besoin de nos mitsvot ; la Torah répond en trois étapes, de l'absolu à l'association. - 4
Le Dieu détaché du monde : la philosophie face à la TorahLe Kouzari examine l'idée d'un Dieu qui existe mais ne s'intéresse pas aux actes des hommes. - 5
Le philosophe, la perfection et la émouna juivePourquoi le philosophe reste inachevé sans Hachem, et ce que la Torah demande de réaliser en acte. - 6
Le philosophe et le Sekhel HaPoel, l'intellect agentLe philosophe cherche la sagesse du monde sans lien avec Hachem, et le Kouzari lui oppose la prophétie.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav