Le Dieu détaché du monde : la philosophie face à la Torah
Le Kouzari examine l'idée d'un Dieu qui existe mais ne s'intéresse pas aux actes des hommes.
Rav David Partouche
Ensuite : Le philosophe, la perfection et la émouna juive, 37 min
En bref
Le cours part de la thèse des philosophes selon laquelle Dieu, tout en étant la source du monde, ne s'intéresse ni aux détails de la vie ni aux mitsvot, et montre pourquoi le Rav Yehouda Halevi, dans le Kouzari, a choisi de combattre cette philosophie religieuse plutôt que l'athéisme. Le Rav Partouche oppose cette vision à celle de la Torah, où la grandeur de Dieu se révèle précisément dans son attention aux détails, de la vie quotidienne jusqu'à l'histoire d'un peuple. Il développe enfin la différence entre création ex nihilo et monde éternel, et la notion de volonté divine qui se dévoile dans chaque créature.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le point de départ: la première affirmation du philosophe
Chabbat chalom à tous. Chalom. Chalom Rav. La semaine dernière, nous étions arrivés au début du philosophe, et nous avions expliqué, parce que c'est très important pour nous, non seulement d'expliquer le philosophe, mais surtout d'expliquer ce que dit la Torah par rapport à la première phrase du philosophe, qui est que HaKadosh Baroukh Hou ne s'intéresse pas à ses actes.
HaKadosh Baroukh Hou, Dieu, selon les philosophes qui reconnaissent l'existence de Dieu, la première phrase est de dire: c'est vrai que Dieu existe, c'est vrai que Dieu a créé ce monde, mais, et on va voir de quelle manière, on va nous l'expliquer aujourd'hui, il ne s'intéresse pas du tout à nous. Nous avions expliqué qu'il y a une grande question: Dieu veut-il ce monde, ou a-t-il besoin de ce monde, a-t-il besoin de nos actes, ou pas du tout. Les philosophes disent…
Dieu n'a pas du tout besoin de nous et n'attend rien de nous. Il n'écoute pas nos prières, il ne voit pas nos mitsvot, il ne s'intéresse pas à nos mitsvot. Il est là, il est seulement la source de ce monde, mais il n'intervient pas dans ce monde. Nous nous sommes posé la question: comment se fait-il que le Rial, Rabbi Yehuda Halevi, car c'est lui qui a choisi quel philosophe représenter, n'ait pas pris un philosophe qui renie l'existence de Dieu ?
Il est vrai qu'une grande partie de la philosophie qui va être expliquée est celle d'Aristote. D'autres philosophies sont mises en avant, mais pourquoi n'a-t-il pas pris la philosophie qui renie l'existence de Dieu ? Il faut savoir qu'il était facile pour Rabbi Yehuda Halevi de prendre un philosophe qui renie totalement l'existence de Dieu. Mais à cette même époque, où les religions étaient très fortes, il y avait un danger beaucoup plus grand.
Quel était ce danger beaucoup plus grand ? C'était une philosophie religieuse. Une philosophie qui acceptait l'existence de Dieu, mais qui l'expliquait de manière philosophique. Le venin était plus fort, plus dangereux pour toute personne religieuse ou toute personne croyante. Par conséquent, Rabbi Yehuda Halevi met en avant ce philosophe religieux. Pourquoi est-il appelé philosophe religieux ? Parce qu'il accepte le Créateur, il accepte l'idée d'un créateur. Il ne renie pas l'existence d'un créateur. Mais nous apprenons…
Il est clair qu'une personne qui ne croit pas en l'existence de Dieu n'est pas croyante. Mais il peut y avoir une personne qui croit en l'existence de Dieu, mais qui ne croit pas…
…à la hachgaha. Qu'est-ce que la hachgaha ? C'est beaucoup plus que l'existence. C'est la providence divine, ce qui veut dire que Dieu se dévoile dans ce monde. Dieu fait subsister ce monde. Dieu intervient dans ce monde. Dieu s'intéresse à ce monde. Par conséquent, si une personne dit que Dieu existe, mais…
…qu'il n'est pas présent, qu'il ne surveille pas, qu'il ne s'occupe pas de ce monde, qu'il ne s'y intéresse pas, c'est aussi, aux yeux de Rabbi Yehuda Halevi, comme une philosophie qui renonce et qui n'accepte pas l'existence de Dieu. Nous voyons ici, je vais vous montrer le texte tout de suite. Nous sommes arrivés juste au début, mais il était important pour nous de bien mettre les choses en avant. Attendez, je vais agrandir. Et donc, il avait expliqué…
Il essaie d'élaborer la notion de Dieu… Dieu n'a aucune haine, aucun amour. Il est au-dessus de tout cela. On ne voit pas le texte, là. Vous n'avez pas le texte ? Ah, je sais pourquoi: pour voir le texte, il faut partager l'écran, ce que j'ai oublié de faire. On lit à travers vos yeux. On y va. Regardez ce qu'il dit.
Vékhén Hou, et de même Ilé, on parle de Dieu. Nahalé Etzel Philosophim, Ilé, très haut chez les philosophes, on parle de l'idée de Dieu. Midyâtr al Kadvarim, de la connaissance des parties des choses. C'est-à-dire que Dieu ne s'intéresse pas aux détails de la vie. Mipnê Shem Ishtanim, Im'a Itim, parce qu'il change avec les temps. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que les hommes vont en fonction du temps.
Et là, pour pouvoir affirmer qu'un Dieu est absolu…
…on va dire que Dieu ne connaît et ne s'intéresse qu'aux principes généraux de l'être. Des principes généraux de l'histoire. Des principes généraux. Qu'est-ce qui va se passer au niveau des détails des hommes ? Cela est inconnu dans l'esprit de Dieu, dans la connaissance de Dieu, parce que Dieu ne peut pas changer. Dieu va donc être une chose très stable, avec des connaissances très stables, comme des principes qui peuvent s'appliquer et qui doivent s'appliquer.
Sans connaître de quelle manière ils se sont réellement appliqués, sans entrer dans tous les détails. Veuh Eno Yodea Otra. Et par conséquent, il ne te connaît pas. Rappelons que le philosophe s'adresse au roi, qui cherche Dieu, et même plus que cela: Dieu lui a parlé à travers son rêve. Le philosophe dit: Dieu ne te connaît pas. Kol Sheken Sheyeda Kavanatron, à plus forte raison il ne connaît ni ton intention, ni tes actes. Dieu n'attend rien de tes actes.
Dieu ne s'intéresse pas aux mitsvot. Les mitsvot n'existent pas du point de vue de Dieu. Les mitsvot, d'après le philosophe, ne concernent que l'homme. L'homme fait des actes pour lui, pour s'élever spirituellement, mais Dieu ne s'intéresse pas à ce que l'homme fait ou ne fait pas comme mitsvot. Kol Sheken Shishmat Filatecha, à plus forte raison. Et cela a été un grand coup pour toutes les religions.
Les philosophes disent: Dieu n'entend pas tes prières. Cela ne sert à rien de prier Dieu, parce que Dieu ne s'intéresse pas à nous. Donc il n'entend pas, et non seulement il n'écoute pas nos prières, mais il ne viendra pas intervenir pour réparer tel ou tel problème que nous soulevons dans nos prières. Béréchit nous atteint, et bien sûr il ne verra pas de quelle manière tu bouges et tu te développes. Je vais vous donner une phrase que le Talmud dit.
La Guemara, dans Masséret Megilla, dit exactement l'inverse. Vous voyez ici un extrait du Talmud, de Masséret Megilla, l'extrait qui parle de la fête de Pourim. Est-ce que vous voyez le texte ? Oui. Il dit la chose suivante. Je vais expliquer cette phrase. À chaque endroit…
Non, ce n'est pas le bon texte. Regardez, je vais vous montrer le bon texte à l'écran. Bechol Makom, à chaque endroit, chata Motse Gadlouto, où tu trouves Sa Gadlouto. Qu'est-ce que Gadlouto ? C'est Sa grandeur. Il y a une autre version, celle qu'on dit dans une prière particulière: la Guemara dira Gvurato, Sa puissance. Gvura, être gibor, c'est être fort. Fort et puissant. Il faut exprimer ce que cela veut dire. Mais avant, j'explique la phrase de manière générale: Bechol makom chatamote gadlouto, là où tu trouves Sa grandeur, là où tu trouves Sa puissance, de HaKadosh Baroukh Hou, là-bas, atamote vé-tanouto, là-bas tu trouveras Son humilité.
Cours d'Orot veKelim
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