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Shlemout, mitzvot et Da'at Hachem : les quatre dimensions de l'homme

Le Rav Kook décrit quatre dimensions de perfection et comment l'homme les élève jusqu'à la connaissance de Dieu.

45 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Les divisions de la nuit et la chanson des malachim, 47 min

En bref

Le Rav Eytan Fiszon poursuit l'étude du commentaire du Rav Kook sur Ein Ayah (Berakhot), en partant de la Guemara sur la fin de la lecture du Chema Israël : la question de savoir si la nuit se divise en trois ou quatre gardes, et les signes qui marquent chacune d'elles. Il aborde ensuite le passage où le Rav Kook explique que la conduite du peuple juif influe sur les mondes supérieurs. Il développe enfin les quatre dimensions de la perfection humaine : accomplir les mitsvot, améliorer ses midot, étudier la Torah en profondeur, et aboutir à la connaissance de Hachem.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shavouot Tov, les amis. On revient dans notre étude de Ein Haya, c'est-à-dire du commentaire du Rav Kook sur les Haggadot du Talmud, Massekhet Berakhot. Si je ne m'abuse, on est déjà arrivés à la cinquième piska, le cinquième paragraphe du Rav Kook sur Ein Haya Berakhot Aleph.

On a étudié, on a terminé la sougya qui nous demandait quel est l'horaire pour réciter le Kriat Chéma. Donc ça, on l'a terminé. Maintenant que c'est fait, on va pouvoir passer à la deuxième grande sougya.

Quelle est la deuxième grande sougya ? Je reprends juste mon livre. Elle va porter sur la question de savoir comment la nuit est divisée. De quoi parle-t-on ? Avant d'arriver au texte du Rav Kook, il faut qu'on remonte à la Guemara.

Vas-y, Akof, si tu peux nous remonter la feuille au début. En haut, en haut. Voilà. Il nous faut d'abord le texte de la Guemara, pour savoir de manière générale de quoi parle la sougya, et ensuite on rentrera dans le texte du Rav Kook. Donc il va falloir que tu passes d'une page à l'autre. Allons-y. Vous allez voir, c'est une sougya qui peut paraître technique, mais elle renferme parmi les plus grands secrets de la Kabbale, de l'âme humaine.

Allons-y, c'est parti. Ad sof ha-mishmara ha-rishona, divré Rabbi Eliézer. De quoi parle-t-on ? On a dit qu'on pouvait lire le Kriat Chéma à partir de la sortie des étoiles, c'est ce qu'on étudiait jusqu'à maintenant. Le Talmud continue: « Maintenant je sais à partir de quand on peut dire le Chéma, mais jusqu'à quelle heure peut-on le dire ? Le soir. »

Voilà la question posée. La halakha, vous la connaissez: on peut le dire jusqu'au lever du soleil, jusqu'à Otah Chaa, c'est-à-dire le lendemain matin. Mais le Talmud propose une première idée, l'avis de Rabbi Eliézer: jusqu'à la fin de la première garde de la nuit. Qu'est-ce que cela veut dire, la première garde de la nuit ?

Le Talmud continue: Ma yikhassev Rabbi Eliézer ? Yikhassev shalosh mishmarot ba-layla, le-ima ad arba mishmarot ba-layla, le-ima ad shalosh showt. Nous disons: de quoi parle Rabbi Eliézer en disant « jusqu'à la fin de la première garde » ? Si Rabbi Eliézer pense que la nuit est divisée en trois gardes, il aurait dû dire jusqu'à la quatrième heure de la nuit. Car la nuit fait douze heures, comme le jour fait douze heures. Donc si Rabbi Eliézer pense que la nuit est divisée en trois gardes (on va revenir sur ce que sont ces gardes), il aurait dû dire « jusqu'à la quatrième heure de la nuit ». Et s'il pense qu'il y a quatre gardes pendant la nuit, il aurait pu dire « jusqu'à la troisième heure de la nuit ».

Pourquoi a-t-il parlé en termes de gardes ? Le Talmud répond: Lé-olam, ki yachev, shalosh mishmarot ba-layla. Pour Rabbi Eliézer, la nuit est divisée en trois gardes, et non en quatre. Ve-hada, ki-shemaamar. C'est pour cela qu'il nous a enseigné cela. Jacob, si tu peux passer la feuille suivante. Il y a un suspense insoutenable.

Non, ce n'est pas celle-là, si je ne me trompe pas. Bon, je continue à lire, et quand Jacob la trouvera, vous vous retrouverez. De toute façon, c'est juste pour poser le décor. On nous dit: Ve-ika mashma lan, de-ika mishmarot ba-rakia, ve-ika mishmarot ba-arets. Il s'agit de nous expliquer s'il y a des gardes uniquement dans le ciel, ou aussi sur terre. Ah, la voilà, celle-là, très bien.

Comme on l'a expliqué, Rabbi Eliézer dit: il y a trois gardes dans la nuit, et à chaque garde, le Saint, béni soit-Il, rugit comme un lion, comme il est écrit: « Hachem mi-marom yiag ». Ce qui est écrit dans le livre de Jérémie, au chapitre 25. Et on peut le vérifier.

Comment reconnaît-on les différentes gardes ? Dans la première garde, comment sait-on que c'est le moment de la première garde ? C'est le moment où l'âne se met à… je ne sais pas comment on dit…

Quel est le cri de l'âne ? Il rugit ? Il beugle ? Il brait. Il brait, merci. C'est le moment où l'âne brait. Le deuxième signe: le moment où les chiens aboient. Le troisième signe: c'est lorsque le bébé tète le sein de sa mère et que la femme discute avec son mari.

Le Talmud dit: d'accord, j'ai entendu, je comprends ce que tu me dis, il y a trois gardes. Mais quand Rabbi Eliézer me parle de ces gardes, veut-il dire que chacun de ces moments est le début de la garde ? C'est-à-dire: l'âne qui brait, les chiens qui aboient et le bébé qui tète le sein de sa mère, est-ce le signe du début de la garde, qui m'indique que la garde commence ?

Le Talmud répond: si ces signes avaient servi à indiquer le début de chaque garde, on n'en aurait pas besoin pour la première, puisque la première garde commence au passage du jour à la nuit. Je n'ai pas besoin de signe pour cela, je vois bien quand il fait jour et quand il fait nuit, c'est la sortie des étoiles, donc je n'ai pas besoin d'un autre signe.

Alors peut-être que ces signes indiquent la fin des gardes. Mais le Talmud objecte: si ces signes servent à indiquer la fin de chaque garde, on n'en aurait pas besoin pour la dernière, puisque je sais que la dernière garde de la nuit prend fin au lever du soleil. Donc je n'ai pas besoin d'autres signes: c'est le jour.

Alors peut-être que, en fait, le signe de l'âne qui brait indique la fin de la première garde, que les chiens marquent le milieu de la deuxième, et que le bébé qui tète marque le début de la dernière. Oh là là, c'est compliqué, cette histoire. Et oui, pour le Talmud aussi, c'est compliqué. Et si tu dis qu'en réalité, à chaque fois, c'est pour signaler la fin de la garde, alors pour la dernière, on n'en a pas besoin.

Pourquoi en a-t-on besoin, en vérité ? Ce signe est nécessaire pour la fin de la garde, mais il l'est aussi pour la dernière, parce qu'il vaut pour quelqu'un qui habite dans une maison sombre, qui ne peut pas voir le lever du soleil.

Donc c'est pour ces gens qui vivent dans des endroits où l'on ne voit pas le soleil: le moment où les bébés tètent le sein de leur mère et où la femme parle avec son mari est le signe qu'il est temps de réciter le Chéma. Voilà.

Ah, d'accord. Toute la question était de savoir pourquoi, pour la dernière garde de la nuit, j'ai besoin d'un signe pour savoir que c'est le moment de réciter le Chéma. C'est le matin, non ? Oui, mais si je suis dans une maison aux volets fermés, je ne le vois pas. Bon, ça, c'était la sougya. On l'a comprise. J'ai dit qu'elle faisait référence à des choses extrêmement profondes. Venez, on rentre là-dedans.

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