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Kapara, techouva collective et la Terouma des Kohanim

Pourquoi les Kohanim peuvent manger la Terouma avant la kapara, et ce que cela dit de la faute collective d'Israël.

46 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Shlemout, mitzvot et Da'at Hachem : les quatre dimensions de l'homme, 45 min

En bref

Le Rav Eytan Fiszon commente le texte du Rav Kook sur la question de la Kapara (expiation) et de la Teshouva collective : pourquoi le Kohen peut manger la Trouma après le coucher du soleil sans avoir encore apporté son korban, la différence entre la Slikha et la Kapara, et le fait qu'il faut réparer le déséquilibre causé par la faute. Il montre ensuite que le peuple d'Israël a une mission de dévoilement de Hachem dans le monde, freinée tantôt par le moment historique, tantôt par la réparation qui dépend de nous. Il conclut que le temps est revenu, après la création de l'État d'Israël, mais que la proclamation du Nom divin dans la vie publique reste insuffisante.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ok, les amis, bonjour, Chavouot tov, à tous. On va pouvoir maintenant revenir à notre étude de Ein Haya, le commentaire du Rav Kook sur les Aggadot du Chass, plus particulièrement de Massekhet Berakhot et de Massekhet Chabbat. On a commencé la semaine dernière, et la semaine dernière on a expliqué la différence qu'il y a entre les deux Kriat Chéma, entre le Kriat Chéma de Arvit et celui de Chaharit, par rapport au fait que c'est à l'heure où les Cohanim mangent la térouma. En fait, on a expliqué qu'il y a une dimension où Israël peut avoir un message pour l'humanité, et une dimension où Israël doit être concentré sur lui-même. C'est ce qu'on a vu la semaine dernière.

Donc maintenant on va pouvoir commencer la deuxième pisca. Voilà, Ein Haya, pisca bet. Pour comprendre le début de la pisca bet, essayons de revenir deux secondes sur le texte. C'est pour ça qu'aujourd'hui on a la photo du livre. Vous avez en haut le texte du Talmud, et en dessous le commentaire du Rav Kook. Il s'agit du texte du Talmud, mais pas tel qu'il est marqué dans le Talmud: uniquement les parties qui vont être traitées par le Rav Kook dans son commentaire. C'est pour ça qu'on avait besoin de cette édition. Allons-y, les amis. Je vous invite à prendre… Est-ce que vous voyez ma souris qui se balade, ou vous ne voyez pas ?

— Oui, on voit.

Très bien. Le texte est extrêmement petit. Est-ce qu'on peut l'agrandir encore ? C'est mieux ? Pour les vieux, c'est beaucoup mieux. Là, c'est bien ?

— Oui, oui.

Ok. Très bien. Il faut descendre, parce que maintenant on ne voit pas ce qu'il y a en haut. En bas ? Oui, c'est ça, mais pour l'instant on a besoin ici. Là où il y a marqué Guemara. D'accord ? Tout le monde voit ?

Vous vous rappelez de ce que nous avait dit la Michna. La Michna nous avait dit… Je me rappelle plus: est-ce qu'on avait expliqué cette dimension, pourquoi la Torah commence là-dessus ? On avait parlé un petit peu de christianisme, ou pas du tout ?

— Non, non, oui ?

Je n'ai pas pu me connecter la semaine dernière.

— Oui, on avait parlé de christianisme.

Oui, on avait parlé de christianisme. Alors, vous connaissez… Enfin, j'ai écouté votre audio. Ok, pas de problème. Allons-y.

Vu que notre haraméen n'a aucune lacune, on a très bien compris.

Nous dit le Talmud: les Cohanim, le moment où ils peuvent manger la térouma, c'est l'heure de tsèt hakokhavim. Donc ça aurait dû être marqué à l'heure de tsèt hakokhavim. Pourquoi est-ce qu'on nous a pris la tête en nous disant: non, c'est l'heure où ils peuvent manger la térouma ? Mais je sais, alors dis-moi qu'on sait.

Et donc nous dit le Talmud: parce qu'en fait, je voulais t'expliquer autre chose. C'est-à-dire que ce n'est pas seulement te donner l'horaire, créer un schéma qui m'intéresse, mais que tu comprennes pourquoi c'est à cet horaire. D'accord ? Et qu'est-ce que je voulais t'expliquer ? Eh bien, c'est que Kapara lo meakévet.

Alors, je redonne l'exemple que j'ai donné la semaine dernière, parce qu'il faut comprendre dans quelle situation on est. J'ai un champ de pommiers. Donc, j'ai des pommes. Parmi ces pommes, il y en a que je dois donner au Cohen en térouma. J'amène un saladier de pommes à mon Cohen préféré, au Beit Hamikdach, et je lui dis: tiens, voilà des pommes de térouma.

Dans une situation normale, le Cohen peut les prendre, disons à 11 heures du matin, rentrer chez lui, se préparer une tarte aux pommes, et la manger pour le repas de midi. Hop, c'est parti: tarte aux pommes, kdouchat térouma. Mais que se passe-t-il si le Cohen à qui je viens de donner mes pommes de térouma est tamé ?

Pour X raisons. La semaine dernière, j'ai parlé d'un Cohen qui aurait touché un lézard mort, mais ça peut être…

— Il doit aller au mikvé.

Oui. Alors qu'est-ce qui se passe avec la touma, avec la touma et la térouma ? Quand est-ce qu'il va pouvoir manger de la térouma ? À ce moment-là, s'il est tamé, il y a tout un processus. Le processus, c'est quoi ?

— Hachem, il faut qu'il passe.

Alors justement, il faut qu'il aille au mikvé, que le soleil se couche, et troisième étape: que le lendemain matin, il apporte un korban kapara. Kapara, à cause de la touma. Maintenant, la kapara, il ne l'apporte que le lendemain matin.

La remise en fonction ne sera terminée que le lendemain matin. Et pourtant on nous dit: il pourra quand même manger de la térouma le soir, après avoir été au mikvé et après le coucher du soleil, bien que la kapara, il ne l'ait pas encore apportée. D'accord ? Donc c'est ça qu'on vient d'expliquer: kapara lo meakévet. Ça, c'est au niveau concret, technique, de ce que ça veut dire.

Il est important, pour qu'on continue, qu'on comprenne ce que veut dire le mot kapara, parce que ce n'est pas évident. Qu'est-ce que c'est que la kapara à proprement parler ? Ma zé kapara. Ça n'a rien à voir avec la slikha. La slikha, c'est une chose, la kapara en est une autre.

La slikha, c'est à mettre en connexion avec la techouva. J'ai fait quelque chose de pas bien. Bani mevakesh slikha, auprès de qui j'ai porté atteinte, que ce soit une faute envers Dieu, adieu, ou une faute envers mon prochain: je demande pardon. C'est la première étape de la techouva. Et après, je continue avec vidouï, vekabala lahatid, ok. Mais en cela, je n'ai rien corrigé. J'ai créé avec ma faute un déséquilibre dans le monde, et ma techouva n'a rien arrangé, à part…

Ma connexion avec Dieu. Mais est-ce que j'ai corrigé le déséquilibre dans le monde ? Non. Pour cela, j'ai besoin de la kapara. Si j'ai volé un million de dollars, je peux faire techouva autant que je veux: tant que je n'ai pas rendu le million de dollars, plus un autre million de dollars pour que je comprenne qu'il ne faut plus refaire ça, eh bien…

Le monde n'est pas redevenu comme il se doit. Ou alors prenons un autre exemple, encore plus extrême. Il y a Réhouven et il y a Chimon. Les deux sont tsadikim, ils sont là. Réhouven tue Chimon. Chimon est mort, Réhouven est devenu rasha. Maintenant, Réhouven fait techouva, il redevient tsadik. Mais Chimon, il est mort. Il y a donc un déséquilibre qui a été mis en place dans le monde.

Donc, de deux choses l'une: soit Réhouven est capable de ressusciter Chimon, ça ne m'est jamais arrivé…

— Si. Si. Si, avec l'état naïf. Nakhon. Nakhon, nakhon, avec Rava et Rabi Zeira. Nakhon. J'ai coupé la tête. Nakhon, histoire du mixte de pourrir.

Mais bon, on va dire que, de manière halakhique, on n'attend pas que les gens ressuscitent d'autres gens. Par contre, puisqu'il y a toujours le déséquilibre, eh …

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