Léa, Rachel et Yaakov dans la maison d'Israël
Comment Yaakov relie les deux femmes Léa et Rachel, et pourquoi la Malchout se révèle par les degrés féminins.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Rouah HaKodesh et Nevoua : le potentiel et la révélation, 1 h 02
En bref
Le Rav Yoël Benharrouche explique le modèle de la Nesira à travers Yaakov et ses quatre épouses : Léa et Rachel, puis Zilpa et Bilha, qu'il présente comme des niveaux de révélation de ce que Yaakov porte en lui. Il développe le couple Léa (le caché, lié à la Binah et au monde de l'âme) et Rachel (le dévoilé, lié à la Malchout et au temporel), reliés par Yaakov comme une échelle qui fait le lien entre le haut et le bas. Le cours montre aussi que les épreuves et les chutes de la vie recèlent des étincelles à récupérer, et que le nom Israël est un degré déjà présent en Yaakov, non un nouveau prénom.
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Boker tov, donc Shavouot tov. Et Be'ezrat Hachem, étant donné que nous sommes aujourd'hui dans la période où nous devons suivre l'histoire de Yaakov, qui est l'édifice de la maison d'Israël, c'est-à-dire la royauté d'Israël, Malchout, qui est en fait la royauté de Dieu sur terre, et qui passe par la royauté d'Israël, par un roi d'Israël.
Il y a donc tout un cheminement, tout un développement de ce royaume, qui passe forcément, étant donné qu'on parle de Malchout dans la Kabbale, par des côtés féminins. Pourquoi ? Tout simplement parce que les côtés féminins sont les côtés révélateurs, alors que les côtés masculins ne sont que des initiateurs et des éléments de force, mais qui n'ont pas la capacité à se révéler. Nous sommes donc obligés de prendre ces forces masculines, bien entendu très importantes aussi, et de leur associer un élément féminin qui va être révélateur, qui va être la cristallisation de ces éléments masculins. Pour ce faire, nous avons dans la Torah des personnages qui vont jouer les rôles de ces éléments masculins et de ces éléments féminins.
À savoir Yaakov, qui va devenir Israël, et face à lui Rachel, Léa, Zilpa et Bilha. Nous voici donc avec une famille, mais avec plusieurs prénoms. Il y a une évolution des êtres, et ce sont en réalité autant de degrés qui se trouvent dans l'être lui-même.
Qui va découvrir, au fur et à mesure de sa vie, des éléments qui sont à l'intérieur de son être, à l'intérieur de ses vertus. Israël n'est pas un nouveau prénom que Yaakov va recevoir. C'est un prénom qui était à l'intérieur de lui, mais tellement caché, tellement bien caché, qu'il ne pouvait pas se révéler jusqu'au moment où Yaakov est capable de subir et de vivre ce prénom.
Il ne s'agit pas d'un changement de prénom. Il s'agit avant tout d'un changement de degré, c'est-à-dire du dévoilement d'un degré qui était jusqu'à maintenant caché. Yaakov ne révélait que Yaakov, et il va être capable de révéler maintenant le degré Israël. Et donc, nous allons dévoiler aujourd'hui, Be'ezrat Hachem, ces deux femmes essentielles que nous appelons Rachel et Léa, et dans l'ordre, en fait, Léa et Rachel, du haut vers le bas.
Voici donc notre cours aujourd'hui, sans oublier que c'est la maison d'Israël qui est l'essentiel de notre développement, à savoir que nous voulons arriver au dévoilement de la royauté, donc du peuple d'Israël à proprement dit. Et c'est ce que Yaakov est sorti faire lorsqu'il sort de Be'er Sheva. Sa sortie n'est pas anodine. Il va descendre dans un monde rempli d'écorces, rempli de difficultés, pour essayer de décoder, de déceler des perles rares qui sont enfouies à l'intérieur de la klipa, de l'écorce et de la négativité.
Cette négativité porte un nom: Lavan, la blanche, tout simplement parce qu'elle est tellement noire qu'elle veut se faire passer pour quelque chose de clair, de limpide. Or, nous voyons dans la Haggada de Pessa'h que Lavan est plus grave encore que Paro, comme on dit: « Lavan voulait tout déraciner », Lavan bikesh la'akor et hakol. Lavan, lui, voulait arracher en fait tous les sens du peuple d'Israël dans la racine même, alors que Paro ne voulait qu'asservir les enfants d'Israël, les utiliser.
Moralité: cette grande klipa qu'on appelle donc Lavan, on tient en elle, prisonnières, les filles avec lesquelles nous allons fonder la maison d'Israël. Ce qui est extraordinaire: la plus grande lumière, celle qui va ériger le royaume, est enfermée là.
Je vous raccourcis l'histoire du monde. À chaque fois que vous voulez récupérer quelque chose de grandiose, malheureusement, cette chose-là se cache à l'intérieur d'écorces très épaisses qui cachent la lumière divine. Et donc, à chaque fois que HaKadosh Baroukh Hou fait descendre un tsadik de sa hauteur, ce n'est pas pour aller se perdre dans le monde d'en bas.
Bien entendu, nous pouvons traduire tout ce que je viens de dire dans nos vies. Chacun d'entre nous, lorsque vous avez des chutes dans la vie, vous devez utiliser ces chutes pour aller récupérer des étincelles que vous avez peut-être perdues avant. On ne demande pas de tomber, bien entendu. Mais une fois que c'est malheureusement le cas, ce n'est pas la peine de mourir. Au contraire, si je suis tombé, je dois me relever en récupérant une information importante que j'ai eue, j'allais dire grâce à cette chute. Ce qui fait que tous les moments les plus difficiles de nos vies devraient normalement nous servir à déceler les lumières les plus grandes qui étaient cachées dans les éléments dans lesquels nous sommes tombés.
J'espère que je suis clair. Et donc, à chaque fois que nous avons un traumatisme, une chute, une faute, une erreur, une maladie, un manque, une crise, c'est parce que là-bas se cache une lumière. Apparemment, sans cette crise-là, tu n'aurais pas eu la capacité à descendre aussi profondément. Et là, puisque tu y es, profite pour te lever de là-bas, pour libérer de là-bas, parce que c'est une prison: pas seulement toi-même, mais aussi les éléments qui s'y trouvent, qui font partie en fait de ta structure. Des éléments que tu as perdus dans ta vie et que tu dois aller chercher dans ces méandres, dans ces couloirs du temps, de l'espace et de l'être. Au fond même des degrés les plus bas de ta vie se cachent des perles.
On va appeler par un nom secret, un nom de code, Léa et Rachel. Rachel et Léa ne sont pas seulement deux femmes: ce sont deux diamants qui étaient cachés dans la boue appelée Lavan. Et Yaakov va descendre d'un degré très élevé pour arriver à un degré très bas, pour aller récupérer dans la poubelle de la vie ces deux diamants qui étaient perdus, et les ramener, bien entendu, à leurs frontières naturelles: au niveau terrestre, la Erets Israël, et au niveau de leur rôle, les deux femmes qui vont fonder la maison d'Israël.
Rachel ve-Léa einan rak nesh'otav shel Yaakov. Rachel et Léa ne sont pas seulement les femmes de Yaakov, ce qui est d'ailleurs vrai, mais dans le texte premier. Première lecture. Que sont-elles réellement à l'intériorité du message ? Elles sont en réalité essentiellement les deux capacités, les deux formes de réception de ce que Yaakov a à donner. Yaakov a des potentiels, mais comme il est homme, il ne peut pas les développer seul. Il lui faut une partie féminine qui accompagne, qui développe, qui cristallise cette volonté, cette pensée.
Ces deux épouses vont donc jouer le rôle de deux récepteurs, de deux réceptacles capables de révéler Yaakov à deux niveaux différents. Deux qui font quatre, puisqu'il y a aussi les deux servantes, Zilpa et Bilha, qui elles aussi vont donner naissance à des tribus dans le peuple d'Israël. Nous voici donc face à Yaakov, qui a quatre niveaux de révélation. Vous êtes avec moi ? Quatre niveaux féminins. Chaque niveau révèle le degré correspondant, et il va appeler ce degré par le fils qui va naître. Le nom des enfants nés de ces unions n'est donc pas, lui non plus, anodin.
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