Émanation progressive, de Keter à Malkhout
Le monde d'Atsilout comme matrice de toute la création, et pourquoi la faute revient à une déviation par rapport à lui.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Israël, neshama du monde et sortie d'Égypte, 1 h 06
En bref
Le Rav Yoël Benharrouche poursuit son cours sur l'émanation progressive des mondes, de Keter à Malkhout, en s'attachant au monde d'Atsilout, le plus élevé des quatre mondes, qu'il rattache à la Chochma et au Youd du nom d'Hachem. Il explique que ce monde contient en germe tout ce qui se déploiera ensuite dans la création, comme le plan d'un ingénieur, et que nos actions ne sont accomplies que lorsqu'elles restent fidèles à cette pensée première. Il montre enfin que la Torah n'est pas une invention humaine mais une descente du haut vers le bas, et que la distance entre notre conduite et cette source est ce qui se mesure dans le jugement.
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Chalom ouvacha, chalom ouvacha. Boker or lekoulam, bracha vetsla'cha al koulkhem. Amen. Be'ezrat Hachem, aujourd'hui nous allons reprendre notre cours concernant la Torat HaSod, la Torah qui correspond à la vision globale de la vie, à la prise de conscience qu'il existe une force qui possède une identité.
C'est ce qu'on appelle la émouna de l'unicité de HaKadosh Baroukh Hou dans ce monde. Cette chose est très, très importante à comprendre, parce qu'elle évite une dispersion de l'être. La dispersion de l'être est celle qui va faire exploser l'être dans une forme d'exil, de lui-même avant de le faire sortir en exil.
Je veux dire par là que la Torah de la Gueoula équivaut à la Torah de la Kabbale. C'est la même chose. La Gueoula, c'est la prise de conscience de l'unité, alors que la galout, c'est tomber dans la disparité, dans la dispersion de l'être. Donc, dès que nous faisons le switch pour revenir à notre identité, la Torah de l'unité, de l'identité de la nation tout entière, c'est elle qui se met en marche. Ceux qui prennent conscience de ce changement se réveillent en même temps que ce changement, c'est-à-dire qu'ils prennent le chemin en marche.
Il y a donc ici une prise de conscience de ce retour vers l'unité, de la vision globale de tout ce que nous faisons dans notre judaïsme et, d'une manière générale, dans la vie. Toute dispersion de l'être est une forme d'exil; toute réunification de l'être est une notion de Gueoula.
Nous avons amorcé le monde de Atzilout, et je reprends le texte: Olam HaAtzilout, Ve'Elyon Mi Ben Arba'at Olamot Abia. Le monde de Atzilout, qui correspond d'ailleurs à la Torah que nous étudions, c'est la Torah de Atzilout, c'est-à-dire la Torah de l'unité parfaite. C'est ce qu'on appelle Torah HaAtzilout. C'est en même temps la Torah d'Erets Israël, donc la Torah de la Gueoula. Tout ceci s'inscrit dans le même programme. Il faut bien que vous le compreniez: il ne s'agit pas de plusieurs choses, c'est toujours la même chose. On peut l'appeler de noms différents, mais notre sujet est toujours le même.
La Torah d'Erets Israël, on l'appelle aussi HaTorah HaGoélet, la Torah de la délivrance, la Torah qui délivre. C'est la Torah de Atzilout. Et pourquoi s'appelle-t-elle Goélet ? Justement parce qu'elle traite de l'unité, elle touche à l'unité. C'est donc une Torah supérieure, et ce n'est qu'à partir de ce niveau-là que nous pouvons espérer une Gueoula quelconque. Tant que nous ne sommes pas dans la Torah HaGoélet, nous sommes encore dans une forme exilée, et nous devons réintégrer cette Torah.
Pour ce qui est du texte, il y a une difficulté d'affichage: l'écriture apparaît en très petit.
Donc, le monde de Atzilout est le monde le plus élevé des quatre mondes que nous connaissons: Atzilout, Briah, Yetzira, Assia. Je vous rappelle que ces quatre mondes sont équivalents aux quatre lettres du Nom d'Hachem. Lorsque je traite du Olam HaAtzilout, je parle de la lettre Youd. Je suis dans le Youd du Nom d'Hachem. Et quand je suis dans le Youd du Nom d'Hachem, je suis en même temps, rappelez-vous, j'espère que vous vous souvenez de nos cours précédents, dans la Chokhma. Le mot Atzilout équivaut donc à la Chokhma. Et puisqu'il équivaut à la Chokhma, le roi Chlomo nous dit que la Chokhma, c'est elle qui donne la vie.
Morale: quand je suis dans le monde d'Atzilout, je suis dans la Chokhma divine, dans la lettre Youd, qui repousse toutes les forces négatives et les détruit, et c'est elle qui donne la vie, qui est responsable de générer la vie. Nous sommes donc dans un monde vivant, et c'est par rapport à cela que nous disons qu'Atzilout, c'est Erets Israël, c'est l'arbre de la vie. Étudier cette Torah, c'est réintégrer l'arbre de la vie, sortir, monter du monde du bien et du mal pour atteindre le monde de la vie.
Donc, Olam HaAtzilout, Hou Elyon Mi Ben Arba'ata Olamot Abia. Le monde de Atzilout est le premier des quatre mondes: Atzilout, Briah, Yetzira, Assia. Atzilout est le degré le plus élevé, Chochoulé Ètamah... Qui domine dans ce monde d'Atzilout ? En réalité, il s'agit d'un monde qui relève de la pensée divine première, au niveau de la racine même de la pensée.
Là-bas, en condensé, se trouvent tous les éléments, toutes les mesures, toutes les structures du monde futur qui sera créé. On n'est pas encore dans la création du monde; on est dans le degré de la pensée du monde qui sera construit. Là-bas sont condensées toutes les données, comme chez un ingénieur: le plan du monde que nous allons découvrir à la fin.
On peut donc conclure, pour l'instant, que le monde de Atzilout est le fondement de la racine, de la conduite, de la direction divine de ce monde. C'est-à-dire que lorsque HaKadosh Baroukh Hou dirige ce monde, toute cette direction, toute cette conduite se trouve dans le monde de Atzilout.
— Est-ce que c'est comme un logiciel… ?
— Tout à fait. C'est comme un logiciel pensé par l'Infini, qui contient en lui toutes les correspondances futures qui vont apparaître dans le monde réel. Pour l'instant, dans ce logiciel, les choses sont encore au niveau de l'esprit, au niveau de la pensée. D'accord ? C'est ce qu'on exprime quand on dit Sof Maassé BeMahchava Tehila. Yafé. Mahchava Tehila, c'est le monde d'Atzilout, et Sof Maassé, c'est le monde d'Assia, la dernière limite de ce que nous faisons dans l'action de tous les jours.
D'accord ? Quand est-ce que je termine réellement quelque chose dans ma vie ? Lorsque la fin de mon action correspond et est fidèle à ce qu'il y avait à la source. Si je fais aujourd'hui une action quelconque, mais que cette action n'est pas fidèle à ma source première, il y a un problème. Je ne peux pas dire que Sof Maassé est atteint. Écoutez bien: cela veut dire que je ne suis pas arrivé à la fin de mon action. Je ne peux pas dire que mon action est terminée, parce qu'elle n'est pas encore fidèle à la pensée première. Je ne peux terminer une action dans ce monde que si, à la fin de cette action, je peux dire que le résultat est fidèle à ce qu'il y avait dans la pensée première. Est-ce que c'est clair ?
Ça veut dire qu'on nous donne même une clé: on nous dit, continue d'agir tant que ce n'est pas fidèle, parce que tu ne peux pas considérer que c'est Sof Maassé. Sof Maassé ne sera atteint que lorsque tu seras complètement, fidèlement en correspondance avec la pensée initiale.
— Et comment peut-on savoir qu'on est au niveau de la pensée première, que mon maassé est juste, qu'il est tiré de Atzilout ?
— Justement… On n'a pas la prétention de connaître la volonté du Créateur. Et ça, c'est la Torah. Ce n'est pas une prétention. …
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