L'Ein Sof et la contraction de la volonté divine
Pourquoi l'Infini ne se dévoile que par ses volontés, et comment les sefirot tracent le chemin de la création.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Émanation progressive, de Keter à Malkhout, 49 min
En bref
Le Rav Yoël Benharrouche explique la notion de Ein Sof, l'infini divin, et précise que la Torah ne parle jamais de l'essence divine mais seulement de sa volonté tournée vers la création. Il montre comment cette volonté se contracte (tsimtsoum) puis se dévoile par les dix sefirot, qui servent de matrice au monde sans être des entités séparées. Il conclut en distinguant les mondes d'Atsilout, de Bria, de Yetsira et d'Assia, et en rappelant que Dieu agit toujours à l'intérieur de chaque élément de la création.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, le Rav, juste avant que vous commenciez: la semaine prochaine, on va faire des questions-réponses avec vous. Est-ce que c'est bon ? Donc, la semaine prochaine, on fera des questions-réponses avec le Rav Yoël, où il est interdit de parler de Kabbale.
Il n'y a pas de souci. Ce que vous voulez, c'est bien. Aujourd'hui, Hachem merci, nous allons continuer notre cours, et on va parler de Ein Sof. Nous avons déjà commencé à amorcer ce cours, et il faut que je le retrouve au niveau de la… des cours que j'ai écrits ici. Est-ce que vous le voyez ? Bien. D'accord. Ok.
Alors, Béézrat Hachem, j'agrandis le texte. Vous le voyez, d'accord ? Bien. Alors, Béézrat Hachem, nous avons expliqué, je fais un petit récapitulatif, que nous commençons par le Aleph (Pé), donc nous sommes dans le Aleph, et on va parler du Ein Sof, et ainsi on va rajouter toutes les lettres qui sont au niveau du Aleph: Adam Kadmon, Atsilout, et ainsi de suite.
Excusez-moi, ce n'est pas le texte du Ein Sof qu'on voit là. C'est un texte que vous avez écrit, ce n'est pas l'extrait.
— Ah, vous ne voyez pas le Ein Sof du Ramhal ?
— Non, non. On voit le texte que vous avez écrit.
— Alors, je vous remercie beaucoup de me le préciser. Je vais essayer de l'effacer.
— Arrêtez, je le quitte pour vous, Rav, et vous le remettez.
— Hop. Donc, tu l'as quitté. Voilà, maintenant essaie de le remonter. Est-ce que c'est bon là ?
— Ah, ça y est. Ok, merci beaucoup.
Alors, donc, aujourd'hui, Béézrat Hachem, nous continuons notre développement et nous sommes dans le Ein Sof. Nous avons dit que le Ein Sof, en réalité, on ne parlait jamais de l'essence divine, on ne parlait que de sa volonté, donc par rapport à la création du monde, et non pas par rapport à ce qu'il est dans son essence.
Bien entendu, ceci pour des raisons très simples: puisque nous sommes limités, nous ne pouvons pas parler de l'infini absolu. Et donc nous ne pouvons considérer que ce qu'il veut bien nous donner. Il a un rôle pour nous, celui du Créateur, celui qui a créé le monde et qui se soucie de son monde.
Donc, le Ein Sof est l'infini, béni soit-il. Et nous parlons de la contraction de cette volonté infinie, qui peut tout et qui est capable de tout, mais qui a choisi un chemin pour se dévoiler. Ce chemin, ça s'appelle les séfirot.
Et ces séfirot, c'est donc la base, la matrice même de notre monde. Ce qui veut dire que dans notre modèle initial, on peut parler d'un homme primordial, ou d'une structure primordiale: et bien, c'est les dix séfirot. Les dix séfirot elles aussi sont, d'une certaine manière, par rapport à nous, infinies, mais nous les dessinons tout simplement pour avoir une petite conscience de leur rythme, de leur position.
Mais ne croyez surtout pas qu'il y a, Chas véchalom, dans les mondes supérieurs, quoi que ce soit. Ça n'existe pas. Toutes ces formes et tous ces dessins de toutes ces séfirot — de Abba, de Ima, tout ça — ça n'existe pas. C'est juste pour dessiner dans l'esprit humain la structure première, initiale, celle qui va donner naissance après à l'homme que nous sommes.
Ça veut dire que si je suis fidèle à la source que le HaKadosh Baroukh Hou a créée dans ces dix séfirot, et que je me positionne par rapport à elle, eh bien je suis quelqu'un de beaucoup plus néeman, fidèle à ma source, donc beaucoup plus saint, puisque je vis au rythme du divin comme on devrait le faire.
Et donc, HaKadosh Baroukh Hou, pour nous arriver, eh bien, il a fait une dégradation, une graduation des choses: c'est ce qu'on appelle les séfirot. C'est-à-dire qu'on peut découper, comme sa part, mispar — séfira. Séfira, c'est quelque chose qu'on peut découper, pour qu'on puisse, nous, avoir une certaine emprise ou une certaine prise de conscience de ces vertus, de ces degrés qui nous dépassent complètement.
Donc il n'a pas voulu que toute sa possibilité, sa possibilité infinie, soit active dans la création du monde. Vous comprenez bien pourquoi: si son infinité est active, eh bien le monde est annulé. On est d'accord ? C'est-à-dire qu'on est tellement perdu par rapport à cet infini qu'il n'y a plus rien.
Et donc, ce n'est pas son infinité qui se dévoile à nous. Il a créé un chemin, et ce chemin, c'est le chemin des séfirot. Et là, nous sommes dans le sens de pourquoi on appelle cela le Ein Sof. Lorsque nous rappelons le Ein Sof, béni soit-il…
Donc, encore une fois, un petit rappel: on ne parle jamais de lui, on parle de ce qu'il veut. Donc, même pour nous, ça s'appelle le Ein Sof. Et nous appelons même sa volonté, qui a été limitée par lui-même, par sa volonté, mais pour nous c'est encore l'infini.
Et pourquoi sa volonté s'appelle-t-elle quand même l'infini ? Alors qu'il y a ici une volonté, on aurait pu croire que cette volonté devient de plus en plus claire. Pourquoi infini ? Tout simplement parce que cette volonté peut se dévoiler à nous de tellement de possibilités, Kol kach ofanim, che-en sof lelem, et donc il y a aussi une infinité de possibilités d'accès de l'infini au fini.
Et donc, par rapport à ces infinités de possibilités, c'est encore, même si c'est un peu plus proche de nous, c'est encore le Ein Sof. Chaque fois que tu prends une volonté divine et que tu as l'impression d'avoir compris ce qu'il veut, c'est encore le Ein Sof. Tu vas appréhender une partie, mais pas la totalité, et il y a encore une infinité de possibilités.
C'est tellement grand, tellement vaste, tellement infini, que nous appelons cela l'infini. C'est pour ça que les Hachamim nous disent, dans la paracha que nous avons lue hier, dans les Michpatim, que même les Michpatim, qui sont compris par le cerveau humain, il faut les considérer comme les Houkim qui ne sont pas compris par le cerveau humain.
Et donc, la façon de le dire, ce n'est pas comme je viens de vous le dire. Les Hachamim nous disent: Moshé kibel Torah mi-Sinaï. De la même manière que les houkim, qui sont incompréhensibles à l'homme, ils viennent du Sinaï, c'est-à-dire d'un degré qui nous dépasse complètement, qui s'appelle Sinaï. Sinaï, c'est un degré. Moshé kibel Torah mi-Sinaï, pas be-Sinaï. Moshé n'a pas reçu la Torah dans un endroit qui s'appelle Sinaï. Moshé kibel Torah mi-Sinaï, Sinaï natan lo:
C'est-à-dire que c'est Sinaï qui a donné à Moshé la Torah. Donc, si on veut savoir qui est Sinaï, qui donne la Torah, eh bien, on l'a déjà travaillé dans notre étude: c'est la Binah. La Binah s'appelle Sinaï. Donc la Torah, on l'a reçue du monde de la Binah.
Qu'est-ce que c'est que le monde de la Binah ? On a expliqué que c'était Bein, l'entre-deux. Binah, c'est le féminin de Ben. Donc la Torah, on l'a reçue d'un degré qui est entre les …
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