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Techouva et Torah, deux exigences qui se complètent

Le Rav Kook montre pourquoi la techouva a besoin de la Torah et la Torah de la techouva, pour atteindre la rencontre avec Hachem.

44 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Le désir d'être meilleur, cœur de la techouva, 56 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le texte du Rav Kook sur la nécessité de la Techouva et de la Torah, qui se complètent : la Torah sans volonté d'évoluer ne mène à rien, et la Techouva sans sagesse ne peut aboutir. Il explique que la révélation du Sinaï répond aux potentiels profonds de l'homme et que l'expérience prophétique et mystique suppose une préparation intérieure (pureté des midot, maîtrise du corps). Il montre enfin comment une Techouva réussie, vécue dans l'amour de D.ieu, ouvre la compréhension et donne à la pensée une continuité entre passé, présent et avenir.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Le Père Équioude a pour titre: Echechiout ha-techouva ve-ha-Torah, « Zo la-zo, be-shlaloutam ou be-maaloutam ha-iliout ». Je propose de traduire le titre ainsi: Echechiout ha-techouva ve-ha-Torah, la nécessité, le mot mouchar signifie « nécessaire », de la techouva d'une part, et de la Torah d'autre part.

D'autre part, il est dit ici en termes de zo la-zo. Zo la-zo, c'est l'une pour l'autre. C'est-à-dire que la techouva a besoin de la Torah et que la Torah a besoin de la techouva, chacune d'elles pour réussir. La techouva qui n'est pas accompagnée de Torah a des difficultés à réussir. Une Torah dans laquelle l'être qui étudie n'est pas capable d'évoluer et ne fait pas techouva, c'est une Torah qui ne mène à rien. Donc il faut l'une et l'autre.

Ce sont finalement deux zones différentes. La zone de la techouva, c'est la zone de la volonté humaine. La zone de la Torah, c'est la zone de l'étude et de la révélation divine. Ce sont des valeurs qui se complètent entre elles. Le Rav dit cela de façon très générale, et c'est valable pour tous. C'est ce qu'il exprime ici, dans Echechiout, à propos de ce rapport entre techouva et Torah, be-shlaloutam, de façon très générale.

De façon générale, on ne peut pas concevoir une authentique Torah qui ne soit pas accompagnée d'une volonté d'évoluer, de l'ordre de la techouva. Et dans l'autre sens, une techouva qui n'est pas accompagnée d'une connaissance, d'une sagesse, ne peut pas réussir, parce qu'on a besoin, quand même, d'être dirigé. Et surtout, Baroukh Hachem, il y a une relation divine. Elle existe. L'expression qu'utilisait le Rav Avraham Livni dans son livre Le Retour d'Israël…

Il parle du fait que la révélation du Sinaï est une nécessité ontologique pour le monde. L'expression « ontologique » est une expression de philosophie, qui veut dire que la révélation est nécessaire au monde tel qu'il est construit. Il n'est pas possible de s'imaginer, en connaissant les forces et les difficultés qu'il y a dans le message de l'humanité et dans sa problématique, qu'un créateur, une création, avec les difficultés qui sont chez l'homme, ne soit pas accompagné d'une révélation. Donc cette révélation est quelque chose de nécessaire au monde. Ceux qui ne sont pas à la recherche de cette révélation, quelqu'un de droit, normalement, devrait la chercher dans le monde. Baroukh Hachem, elle existe. Elle existe depuis très longtemps dans le monde. Seulement…

Elle a été faussée par toutes sortes d'événements historiques, qui font que, parfois, les gens ne sont pas suffisamment conscients que le message essentiel de la révélation est toujours en Israël, et non le premier message qui a évolué, comme se l'imaginent des millions de personnes. Le message d'Israël est un certain message, mais on ne peut pas le recevoir dans sa totalité.

Et il est appelé à évoluer. C'est ce que prétendent les deux grandes religions du monde en dehors du judaïsme. Comment ? Cela aurait été valable à une certaine époque, dans certaines conditions, dans un certain monde, mais entre-temps il y a eu d'autres messages qui sont venus changer l'aspect du monde et compléter les choses. Or nous savons que l'histoire prend son temps pour le montrer. Nous savons que c'est une super-souveraine. Ça prend son temps.

Tu étais là il y a deux semaines, je crois, non ? Ça ne fait rien. On avait fait le Seif Aleph du Père Écoudre, souviens-toi. Maintenant, dans le contexte de ce Père Écoudre, l'insistance est essentielle: on ne peut pas penser à un monde de techouva qui ne soit pas appuyé sur la révélation de la Torah. On ne peut pas penser non plus à un monde de Torah qui ne soit pas accompagné d'une souplesse intérieure, qui est la techouva, avec une volonté d'évoluer.

Le Rav insiste ici particulièrement sur le fait que, lorsqu'on parle de Torah ou de techouva à des niveaux qui sont arrivés à leur but essentiel, qui est la rencontre avec le divin, comme on le verra dans les textes qui suivent immédiatement, il est inconcevable de penser qu'on peut y arriver sans Torah ou sans techouva.

Maintenant, le Rav dit que, lorsqu'on parle vraiment des madrigot supérieures du monde de la Torah, et qu'on parle de Torah, il s'agit, et là le Rav en parle longuement, sans aucun doute, de la nécessité d'utiliser le domaine le plus fort, le plus vif de la Torah, qui est le monde de l'ésotérisme juif.

Seulement, le Rav insiste d'une part sur le fait que c'est incomparable aux autres textes, dans la mesure où, au niveau du message qui ouvre réellement la porte à la relation existentielle homme-Dieu, au niveau de goûter la kedoucha, de goûter l'esprit, de rencontrer… C'est l'ésotérisme juif, ce sont les grands messages de la mystique juive, qui sont la porte de cette chose-là. Le Rav dit: sans cela, on ne peut pas.

Seulement, il accompagne cela en disant: sachez que tout le monde n'y arrive pas pour le moment. Il y a toute une préparation qui est nécessaire. Il l'appelle au niveau de la Taharat ha-Guf ou Taharat ha-Midot, le travail intérieur sur les midot.

Et la capacité de savoir diriger son corps comme il le faut, être propre, net, tout un monde. Quand cela vient, c'est possible. Et de toute façon, je vous le dis, je l'ai déjà dit la dernière fois: les textes du Rav Kook sont des textes qui représentent pour nous un idéal. L'homme est un homme très grand, très grand, qui a vécu ce qu'il écrit ici de façon naturelle, authentique. Pour lui, ce n'est pas un message idéal inaccessible, ce qu'il dit, ou en tout cas à atteindre, mais cela viendra en son temps.

Ce qui est dit ici, dans ces textes, c'est une expérience vécue durement. Le bonhomme était quelqu'un de très grand, très très grand. Et pour nous, rencontrer sa façon de vivre, et ce qui est évident pour lui, c'est pour nous un idéal. Et quand il écrit cela, il est très conscient de ce que je vous dis.

Le Rav est très conscient qu'il est un véritable enseignant, c'est quelqu'un qu'il connaît. Il sait où il en est, il sait où en sont les autres. D'une part, il est conscient qu'il est quand même un homme exceptionnel, il le sait, mais en pleine humilité. D'autre part, il est profondément conscient de la nécessité de faire passer le message de cet idéal vécu à l'ensemble du peuple.

Il faut le faire. C'est essentiel pour Israël de savoir qu'il y a là-bas un chemin qui mène très très loin, qui réussit, qui a un sens, non seulement au niveau du potentiel de réussite, mais aussi accompagné de toute la programmation de l'histoire, de la Providence divine, qui veut mener peu à peu à ces dimensions. Ce qu'on appelle Yemot ha-Machiah est quelque chose qui va venir, qui est prévu par nos maîtres, et qui relève de cet ordre-là, c'est-à-dire un ordre dans lequel les grands idéaux de la Torah vont s'accomplir.

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