Les trois niveaux de la techouva selon le Rav Kook
La techouva naturelle, la techouva de la émouna et la techouva consciente, et leur lien avec le corps.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva : un destin collectif et universel, 42 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon explique le texte du Rav Kook sur la techouva, le retour à soi et à Hachem, qu'il présente à trois niveaux : la techouva naturelle, liée à la responsabilité que nous avons envers notre corps et à la morale innée de nos reins, la techouva de l'émouna, nourrie par le sentiment de ne pas être seul et par la prière, et la techouva consciente, qui relie l'homme à l'union avec le divin. Il montre comment ces dimensions s'influencent mutuellement, le corps guérissant lorsque l'être entier est mis en mouvement. Le cours aborde aussi la liberté humaine, qui tient à la part de la créature restée distincte de son Créateur, et la mission d'Israël, dépositaire de la Torah pour éclairer l'humanité.
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Si vous voulez, on va quand même faire un premier jet de lecture. Eyal, prends le texte. Tu lis depuis le début de la page. Allez, en avant. Depuis le début: Chouva, Tivit, Emounit, Siflit… Chouva, Tivit, Emounit, Siflit.
On s'arrête ici une seconde, je te reprends tout de suite. Le Rav dit que la techouva existe à trois niveaux: ce qu'il appelle la techouva tiv'it, on verra de quoi il s'agit, mais c'est une techouva naturelle, qui est le résultat de notre nature humaine. Il ne la présente pas comme quelque chose de rapporté par la culture; il la présente comme quelque chose de naturel au fond de nous-mêmes. Pourquoi seulement trois ? Pourquoi ces trois-là ? Tu vas voir. Ce sont différentes étapes, ce sont des niveaux de conscience.
Tu verras qu'à la fin du texte, à la fin du paragraphe, il élargit beaucoup. Tu verras que cette notion de Tshuva Tzichlit est très grande. Elle contient beaucoup de choses en même temps. Donc: Shalosh Marachot, Tshuva Tivit, naturelle. Tshuva Emounit, quelque chose qui est lié à la émouna, à notre émouna en particulier. C'est-à-dire que nous sommes quand même reliés à la tradition d'Israël, avec ses critères. Mais chacun à sa façon, et dans…
Dans la galout, un Israël s'est promené un peu dans tous les sens, et sa conscience traditionnelle s'est diluée plus ou moins selon l'endroit où il a grandi. S'il a grandi au centre du ghetto ou s'il a grandi aux Champs-Élysées. Tout est possible. Ce n'est pas évident.
Mais quand on entend leur façon de parler, quand on rentre un peu dans leur monde, la notion d'émouna existe aussi en dehors d'Israël. D'un autre côté, les grands messages d'émouna, ce sont les religions qui sont liées à celles d'Israël. Les deux grandes religions, finalement, ont tout pris chez nous. Mais il y a… c'est sûr qu'il y a… Essayez de définir ce qu'est la émouna.
Essayons de cerner ce qu'est cette capacité de sensibilité qu'on porte au fond de nous-mêmes, qui nous relie par une intuition au divin. C'est la émouna, finalement. J'ai émouna que je vais faire ça. J'ai émouna dans mon chemin. Qu'est-ce que ça veut dire, avoir la émouna ? Cela veut dire que je pense que ce que je fais va être béni quelque part par le divin, et que je sens que je ne suis pas seul quand je fais mon chemin. J'ai la émouna. C'est bon.
En principe, l'émouna, c'est ça. Mais en plus, comment est-ce qu'elle se nourrit ? Ce matin, j'ai prié aux côtés… Moi, j'ai grandi, j'ai une maison en vieille ville, donc j'ai vécu en vieille ville pendant des dizaines d'années. En ce moment, je n'habite pas là-bas, mais je suis allé prier là-bas. Je me suis approché du côté, j'ai vu qu'il se passe quand même des choses là-bas. On n'est pas tout seul. Vraiment, on n'est pas tout seul. On sent qu'il y a une présence, une puissance comme ça, qui est là, et puis…
On sent que l'impression que cette rencontre a laissée en nous ne disparaît pas. Et je reste relié à cette impression-là, et j'appelle ça aussi une émouna. On porte au fond de nous-mêmes des relations extrêmement puissantes avec le monde spirituel, et c'est ça ce qu'on appelle la émouna. La troisième est présentée en termes de Tshuva Sichlit, c'est-à-dire une techouva qui est dirigée par notre conscience.
— Revenir vers Dieu ? D'accord.
— Mais qu'est-ce que c'est ? Moi je suis d'accord avec ça, je pense comme toi. Ça veut dire quoi, revenir vers Dieu ? Oui, mais ce « revenir vers Dieu », c'est quoi ? Ça veut dire quoi ? Une fois que je suis revenu, alors qu'est-ce qui se passe ? Bon, alors c'est apparemment une…
Une entrée dans une rencontre que l'on peut appeler Dvékout, union avec le divin, qui se passe à travers une expérience qui ressemble, dans le monde humain, à l'amour. Mais cela se passe au niveau de l'esprit divin qui rentre en nous, qui va vers nous, qui nous unit à lui. Et apparemment nous sommes appelés Bené Hachem, « Banaï », mes enfants. Nous sommes les enfants du Bon Dieu.
Quelque chose de ce genre-là. Il se crée donc un type de relation vivante, pleine de joie, pleine de grandeur et pleine de plaisir, dans laquelle on sent un peu le jardin du paradis quelque part dans cette rencontre. C'est plein de joie. C'est magnifique. Peut-être. J'avance dans l'autre texte. Il parle de techouva sikhlit, une techouva consciente. Quand on arrivera au texte, peut-être y arriverons-nous aujourd'hui, on essaiera de l'élargir selon les mots du Rav. Autre chose.
Je vous demande, et je vous en prie: si j'explique quelque chose et que ma explication est mal faite, et que vous sentez qu'il faut peut-être remettre les choses à leur place, n'hésitez pas. Intervenez. Ce n'est pas un cours magistral comme ça, c'est ensemble. Et je demande à chacun de nous de donner l'impression à celui qui est à côté de lui qu'on est intéressé à entendre ce qu'il dit. Donc on avance.
On est nombreux, ce n'est pas un tête-à-tête, mais on voudrait quand même garder un peu l'espoir que l'on parle au fond de nous-mêmes. Le tshuva tivit yeshneh halakim. Le Rav nous dit dans la techouva qu'il appelle tiv'it, naturelle, qu'il y a deux dimensions de techouva: la techouva tiv'it guf'anit et la techouva tiv'it nafchit. Une techouva naturelle au niveau de notre corps, et une techouva naturelle au niveau de notre psychisme intérieur,
que nous appelons en hébreu nefesh. Nefesh, c'est notre psyché. Ma chouqeza. Ok. Qu'est-ce que veut dire la techouva ? Il va le dire ici. La techouva au niveau du corps veut dire simplement faire techouva par le fait que je suis conscient que j'ai des choses qui ne marchent pas dans mon corps, et que je suis conscient que c'est parce que j'ai mal mangé, que j'ai fait des bêtises, que je ne me suis pas occupé de mon corps comme il faut. Il faut que j'aille chez le docteur, et rouler… je ne l'ai pas fait, je…
C'est bon. C'est ce qu'il appelle Tshuva Boufanit. La techouva guf'anit, c'est le fait de prendre conscience que j'ai des problèmes au niveau de mon corps, et que je suis finalement relié aussi à une certaine dimension de responsabilité dans le fait que ce corps ne marche pas. Et il dit finalement que ceux qui s'occupent beaucoup de cette dimension-là, c'est la médecine.
Elle essaie de nous aider à rencontrer notre corps et à l'aider à aller au mieux. Et c'est un fait que, de plus en plus, l'humanité a pris conscience de sa capacité à faire pas mal de bonnes choses avec son corps, en utilisant les grandes découvertes qui ont été faites, en particulier ces dernières centaines d'années, au niveau médical. Il y a énormément de choses qui ont été découvertes,
qui sont à la disposition de l'humanité, et c'est un devoir pour nous d'être plus ou moins conscients de ce que c'est, et de savoir où cela …
Cours d'Orot veKelim
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