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Conscience et Chabbat : la techouva soudaine

Le Rav Kook distingue la techouva soudaine, éclair de conscience du mal, de la techouva progressive faite par étapes.

43 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Lumière divine et Chabbat, la techouva d'Israël pour le monde, 44 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le début du chapitre Orot HaTechouva du Rav Kook, qui distingue deux modes de techouva : la techouva soudaine (pitomit), qui apparaît d'un coup au niveau conscient après une prise de conscience du mal, et la techouva progressive (adragit), menée par échelons sur plusieurs années. Il montre que la techouva soudaine est souvent le fruit d'un cheminement invisible préparé par des événements et des rencontres. Il expose enfin comment la techouva progressive transforme la volonté, la pensée, les midot et les actes, jusqu'à conduire à une résonance avec le divin.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On y va. Alors je vous situe un peu notre cours d'aujourd'hui. On a fini la dernière fois le premier paragraphe d'Orot HaTechouva. Nous le trouvons dans l'édition d'Orot HaTechouva que vous connaissez, d'Oretzion, au second paragraphe, à la page lamed. Le titre du paragraphe, que vous voyez devant vous: Péter. Sur votre page de droite, en haut: techouva pitomit ou techouva adragit. Qu'est-ce que cela veut dire ? Le mot pitom en hébreu veut dire soudain, tout de suite. Et le mot adragit vient du mot madrega ou dereg, qui veut dire par échelon.

Donc le Rav nous présente ici deux modalités de techouva que l'on retrouve quelquefois dans notre vie ou dans la vie de ceux que nous rencontrons. Quelquefois, cette techouva se fait de façon très rapide et très soudaine, en tout cas au niveau conscient des choses. On en reparlera, parce qu'au niveau de l'histoire de cette techouva et du temps que ça a pris pour en arriver à cette maturité, c'est une longue histoire. Quelquefois, ce sont des dizaines d'années. Mais au niveau de son apparition, de sa prise de conscience, elle peut être très rapide.

Et face à ça, il y a ce que le Rav appelle une techouva adragit: c'est quelqu'un qui décide de faire sur lui un plan quinquennal, livyon mahon meir, pour quelques bonnes années, et il décide de travailler pour se former peu à peu. On va voir comment le Rav présente cela. Je lis avec vous la première phrase, vous suivez: techouva pitomit ve-techouva adragit, techouva soudaine et techouva par échelon, le-gabei meshekh ezmana, la techouva mitraleket et les chnei helkim. Techouva pitomit ou techouva adragit. Les gabeïm et les mechakhim maintenant: pour ce qui est de la durée et de son temps, le mot mechekh c'est la continuité. Combien de temps ça prend ? On peut considérer la techouva comme mitraleket et chnei helkim. On va la scinder en deux parties: une techouva soudaine, techouva pitomit, et une techouva qui se fait par échelon.

J'avance dans le texte.

Je traduis d'abord, afin qu'on puisse expliquer un peu. On rentrera un peu dans le fond des choses, j'espère.

Soudaine: ba'a, il y a un mot qui veut dire « vient ». Mitokh ezeh baraq ruhani: baraq, en hébreu, c'est une foudre, un éclair. À travers un éclair spirituel, dit-il dans son texte, ha-nikhnas la-néshama, qui rentre dans l'âme, qui est saisi par nous comme rentrant dans l'âme.

Il se peut que ça se passe à un niveau qui existait déjà, mais qui était caché à nos yeux, et maintenant on le voit tout à coup. C'est au niveau du conscient: quelque chose qui apparaît au niveau le plus profond de notre être spirituel, ce que nous appelons notre conscience, notre âme. Je ne parle pas de notre âme subconsciente; on parle de quelque chose qui se passe au niveau du conscient. Le Rav parle donc de quelque chose qui apparaît au niveau de ce que nous appelons, de façon consciente, notre âme, c'est-à-dire la dimension la plus fine, la plus profonde de notre conscience spirituelle.

Be-fa'am ahat: en une fois, en un seul coup. Mekhiru et-ra: il connaît, il reconnaît. C'est intéressant de voir la présentation qui est donnée ici. La prise de conscience de la techouva est d'abord et avant tout une prise de conscience du mal. C'est sûr que c'est accompagné de la prise de conscience du bien, mais à l'intérieur, c'est surtout la prise de conscience du mal que l'on veut rejeter, dont on veut s'éloigner. Donc: be-fa'am ahat mekhiru et-ra. Il prend conscience du mal.

Ve-et qiyour shelo: le mot qiyour veut dire en français « laideur ». La laideur. Le vilain petit canard que vous connaissez s'appelle en hébreu barvaz pour canard, barvazon pour petit canard, et vilain se dit mekhoar. Un barvazon, un mekhoar: c'est le vilain petit canard que vous connaissez, qui finalement a fleuri, un signe. Certains disent que ça correspond un peu à l'histoire de notre peuple, à certaines époques.

Donc il reconnaît ha-qiyour, la laideur, shel ha-het, du péché. Il prend conscience du mal. Et à travers cette conscience du mal, le texte dit: ne'epakh le-ish aher. Nehpakh, qu'est-ce que c'est ? Renverser. Il se renverse en un autre homme. C'est quelqu'un d'autre qui apparaît: ce ne sont plus les mêmes critères, ce n'est plus la même sensibilité, ce ne sont plus les mêmes regards. En un coup, le même être a changé. U-vekhar, marguish be-kirbo, déjà, à travers cet événement. Be-kirbo: le mot qerev en hébreu veut dire intérieur; dans son monde intérieur, dans son for intérieur.

Ishtanout gmura le-tova: un changement, gmura, total, radical, vers le bien. Au niveau de sa vitalité intérieure, de ce qu'il sent, de sa relation au monde intérieur, le sentiment est un sentiment positif. Mais cette joie intérieure, ce bien-être intérieur qui est senti ici, se passe en même temps que la prise de conscience du mal, et cette prise de conscience du mal est saisie comme quelque chose de laid, de négatif, que l'on rejette. C'est à travers ce rejet du mal, qui est conscient maintenant, que l'homme entre dans un monde dans lequel il trouve un bonheur. En rejetant ce mal, il vit déjà une dimension de joie intérieure.

Maintenant, dans mon histoire d'enseignant à Makhon Meir, j'ai eu l'occasion de parler avec des jeunes qui avaient raconté un peu leur histoire. Il y a souvent quelqu'un qui raconte que son changement a été très rapide, après une prise de conscience qui a changé, bouleversé son être. Mais on va voir dans les lignes qui suivent que ce changement soudain de prise de conscience est souvent la maturité d'une série d'événements, très providentiels, dirigés par une main de maître, par Celui qui veut nous faire faire techouva. On vit des événements, des rencontres, des écoutes qui peu à peu sont assimilés en nous, et à un moment donné apparaît une maturité qui peut apparaître de façon très immédiate, alors qu'en fait elle a mûri pendant très longtemps.

Je sais que chacun de vous a eu l'occasion d'essayer de jouer aux échecs avec des gens qui sont un peu forts. Ça arrive toujours dans la vie: on a eu l'occasion, quelquefois, de jouer aux échecs avec des gens très forts. Et on joue avec eux, on voit qu'ils font comme ça, comme ça, comme ça, puis tout à coup, pac ! Tsikh emat, tu ne sais pas comment tu es sorti, tu es arrivé à ça, mais c'est un fait: tu es devant la réalité.

Quelquefois, le Saint, béni soit-Il, mène son bonhomme de cette façon-là, à travers des incidents qui sont quelquefois apparemment très épars et très différents les uns des autres. En réalité, ils sont vraisemblablement, certainement, savamment préparés. Et puis le bonhomme se retrouve devant une situation dans laquelle Baroukh Hachem, Dieu est dedans, et lui aussi est dedans. Il prend conscience de quelque chose. Il a la force …

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