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Torah et prophétie chez le Rav Kook

Le cours situe le retour d'Israël dans la vision prophétique d'Ezéchiel et compare le sionisme laïque de Herzl à la prophétie.

49 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Conscience et Chabbat : la techouva soudaine, 43 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon présente la figure du Rav Avraham Yitzhak HaKohen Kook, visionnaire du retour d'Israël sur sa terre et grand posek de halakha, et explique que ce retour, préparé depuis le Gaon de Vilna et prolongé par Herzl, doit conduire le peuple à vivre la Torah dans le détail de la vie sur la terre d'Israël. Il aborde aussi la question des Haredim et des non-religieux qui ont fait Erets Israël, et le fait que la Torah n'est pas seulement une nourriture de l'âme mais une façon de vivre. Le cours introduit enfin la notion de techouva, retour, à travers ses différentes dimensions : physique, psychologique et spirituelle, dont la première ne peut pleinement aboutir sans la seconde.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

C'est notre premier cours, pour certains parmi vous, pas pour tout le monde, sur le Rav Kook. Je pense qu'on a déjà parlé avec vous de cette figure, le Rav Kook, qui a très fortement impressionné notre époque. En particulier, c'est une figure dominante à l'intérieur de Guéoulat Israël, du salut d'Israël.

On peut considérer que c'est quelqu'un qui est de l'ordre de la prophétie, sans être un prophète, apparemment. Les degrés de la prophétie, on en a parlé un tout petit peu ensemble. C'est quand même entendre directement la voix divine, mais au niveau de l'intuition, il est certain que l'intuition qu'avait le Rav Kook par rapport au retour d'Israël sur sa terre était pleine de contenu, de vérité et de vision. C'est un visionnaire qui voyait grand et juste.

Et il faut comprendre que, en même temps que cette grandeur spirituelle, il y a aussi le détail, la qualité dans les détails de la vie, d'un très grand posek de halakha. Pour être posek de halakha, il faut connaître la vie. Et le Rav Kook était un très grand posek. Le rôle essentiel du Rabbanout était effectivement de trancher des questions dans toutes sortes de problèmes qui se posent aussi au niveau de la vie courante, de la société.

— Shalom. Tu me rappelles ton nom ?

Le Rav Kook, le grand Rav Kook, Avraham Yitzhak HaKohen Kook, a quitté ce monde en 35, c'est-à-dire quelques années avant la déclaration de la… Seconde Guerre mondiale, et une quinzaine, enfin treize ans après, avant la déclaration de l'indépendance d'Israël. Mais le Rav Kook est déjà profondément conscient du fait qu'on était de retour. C'est l'organisation nationale qui a pris un peu son temps au niveau de la déclaration de l'indépendance, mais Am Israël était déjà là depuis avant la Première Guerre mondiale.

Le retour a déjà commencé. Je crois qu'on en a parlé un tout petit peu, à l'époque du Gaon de Vilna, qui envoie ses élèves en Erets Israël pour prendre place. Et il les envoie aussi avec des armes, hein. Il ne les envoie pas comme des gens qui ont peur, il les envoie comme des gens qui dominent leur endroit.

— Shalom.

C'est la même idée ?

Gamour, disons. Mais ce n'est pas du tout le personnage. Il faut être conscient: ce n'est pas du tout le personnage. Il y a des livres qui ont été écrits, certains ont été traduits en français, il faudrait que je vous les donne, sur Herzl lui-même. Un de nos amis, qui parle en français, écrit en hébreu, je crois qu'il a fait une traduction. En tout cas, il insiste énormément sur la façon dont s'est développée la vision de Herzl.

Herzl est un visionnaire spirituel croyant. Au niveau de la vie spirituelle, religieuse, il est vrai que, dans la mesure où il n'y a pas toujours eu une réponse positive de la part du monde religieux de l'époque par rapport à Herzl, il s'est fait une certaine distance. La raison est aussi que Herzl a quand même reçu une réponse positive de la part de mouvements sionistes laïques, qui ont pris en main une partie, une grande partie finalement, de la direction qui va en avant.

Mais au niveau du contenu de ce qui est en train de se passer, ce qui se passe, c'est vraiment la vision prophétique. La vision prophétique, telle qu'elle est présentée par Yehezkel, dans le chapitre 36, c'est un kibboutz de galouyot de juifs non religieux. C'est la vision prophétique. Et une fois qu'ils sont sur cette terre, HaKadosh Baroukh Hou s'en occupe.

Les textes de Yehezkel, je laisse parler tout de suite, excuse-moi, hein. Mais les textes de Yehezkel disent que, autour du chapitre 36, 37, il y a… Ve'evet yetrem elad matrem, donc je vous ramènerai de tous les pays, et les juifs étaient partout. Ve'evet yetrem alad matrem, sur ma terre, sur votre terre. Et ensuite le projet: ve'asiti asher be'chukotay telchou, c'est-à-dire je ferai en sorte que, avec le temps, peu à peu, votre cœur va changer.

Et vous allez comprendre à quel point la Torah est harmonique avec la vie sur cet endroit. Et vous allez tous vouloir vivre la Torah.

— Maintenant, tu as ton mot à dire.

Non, il y a parmi les descendants de Herzl des gens qui ont dévié un peu. Mais lui-même, certainement pas. Il y a parmi ses descendants ce côté-là.

Il y a aussi le fait que Herzl était conscient de la relation qu'il y a entre le christianisme et le judaïsme. Ce n'est pas une religion nouvelle, le christianisme. Le christianisme, c'est un bourgeon qui est sorti du monde juif. Et d'une certaine façon, si on le prend comme il faut, il peut même nous aider à être humain, si on sait le prendre comme il faut.

Pas si on se laisse prendre, mais si on le prend.

— Je vous demande pardon, mais vous allez essayer de parler très fort, parce que, je vous le dis, j'ai un problème.

— Non, je n'ai pas dit Racham. J'ai dit que certains pensent que c'était quelqu'un qui était loin du monde religieux. Je dis non: au point de vue de son souffle intérieur, c'était quelqu'un qui était très proche de la pensée religieuse.

— Donc c'est eux qui l'ont proposé en premier ?

Le problème, finalement, c'est que ce n'est pas lui qui a commencé. Herzl n'a pris le relais, n'est en marche que sur quelque chose qui a démarré avec le Grand Devina, qui l'a précédé d'une centaine d'années. Le Grand Devina, il n'y a aucun doute que c'était du religieux. Et lui est monté sur ça. Les mouvements existaient déjà.

Ça vaut la peine… Tu as eu l'occasion de lire des livres sur Herzl ?

Ça vaut la peine. Je vais essayer un peu, au niveau de la bibliothèque, d'avoir des livres qui sont intéressants pour vous. Je vous demande pardon à tous: parlez fort, je vous le demande.

— Pourquoi tant de gens critiquent-ils Herzl ?

Ils critiquent Herzl parce que Herzl était aussi quelqu'un qui donnait de l'importance au monde non religieux. Herzl regardait les kibboutzim non religieux d'Erets Israël. Ce n'était pas lui qui les avait provoqués, mais ils existaient comme des kibboutzim qui avaient un sens et qui cherchaient leur chemin eux aussi, et qui ont effectivement énormément aidé à faire avancer Israël. Mais je ne sais pas dans quelle mesure vous en êtes conscients.

Actuellement, un grand, grand mouvement de tchouva se joue au niveau d'Erets Israël et des kibboutzim. C'est là-bas que ça se passe. C'est-à-dire qu'au moment où il fallait travailler pour rentrer en Israël et mettre en marche l'agriculture, ils ont fait ce qu'il fallait faire. Et avec le temps, cette terre et leur cœur juif évoluent peu à peu dans le sens qu'il faut. À eux s'applique certainement v'asit yachèbe choukouda ittéléchou.

Et de nos jours, il y a énormément de mouvements qui cherchent et comprennent la valeur du message religieux d'Israël. Il faut être conscient de ça. Ça n'a pas… Ils ne sont pas équivalents dans le monde. Il n'y a pas …

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