La prise de conscience douloureuse de l'abandon de nos valeurs
Le Rav Kook décrit la techouva comme retour aux valeurs de la Torah, accompagné d'une douleur devant leur abandon.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Torah et prophétie chez le Rav Kook, 49 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente un paragraphe de Orot du Rav Kook sur le retour d'Israël, où la techouva se vit à deux niveaux à la fois : personnel et collectif. Il montre que chacun vit sa propre techouva à l'intérieur du retour général du peuple sur sa terre. Il évoque aussi la douleur de la prise de conscience de l'abandon, pendant l'émancipation, des valeurs de la tradition juive, et l'appel à les reprendre sans rejeter ce que la galout a aussi apporté de bon.
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Bon, ici on a une rencontre avec un texte très riche, qui est ce paragraphe, tête de, dans lequel il y a tout un programme du retour en Israël. Essayons de reprendre tout ça. On va essayer de lire tout ça d'un coup, et puis on va revenir dessus peu à peu. Allez, Daniel, tu nous lis ça depuis le début.
Mis Zadim Chenit. Pour repasser le papier ensuite, que je… Il est déjà là, toi.
Mitzvadim sholim tabou, vegalé ha tshouba. Echad miyohad mitzvadia ve-hayyatsar al haibol, shenayelar haRouah hagadol, ha atsou, bechol mah shenikimou, ha autenou. Shia in shiur leuzou ouvodou ouvodou. Haruah hagadol lekorou mekoh haYimi. Ha makor ha eloui ha ayon.
Sh'olach v'nimshach midor dor, hou kishimish, hou kishimish. Mesimim, mesimim elav. Lev, lev. Lev alou motzim bo akol, kol akhemda, kol tifira. V'hachosher, v'hachosher, hakachani garam meytalesh mekiren ben shemen ze. V'yiton.
Bon, je crois qu'on va s'arrêter à ce niveau-là. D'abord, on va démarrer. Le Rav nous dit qu'un mitsdadim shonim. Je vais m'embrouiller… Mitsdadim shonim. Vous comprenez ? Le mot tsad, c'est aspect, côté. Tsadim, c'est le pluriel. Donc, de différents aspects, de différentes directions.
Ta'ov est-il y allé à techouva ? Viendra et se révélera la techouva qui concerne un Israël revenant sur sa terre. Sous-entendu: le titre du Peregda l'est. Regardez quelques pages plus haut, page lamed-hé, un peu plus haut. Comme titre, ça contient l'individuel et le collectif. La techouva pratit, la techouva particulière, individuelle, d'un côté.
Et face à ça, la techouva haklalit, la techouva générale, collective, même à un niveau mondial, baolam ou beknesset Israël. C'est-à-dire qu'il y a une dimension collective et particulière à l'intérieur d'Am Israël, et il y a une dimension individuelle et collective au niveau du monde entier. Et la techouva joue à ces deux niveaux-là.
Et elle parle de la relation qu'il y a entre la techouva du particulier et la techouva du klal. Pour nous, cette dimension-là est extrêmement vivante, dans la mesure où nous vivons notre techouva personnelle et notre retour en Erets Israël à l'intérieur de la techouva collective, dans l'Israël qui revient de façon générale sur cette terre. Nous faisons partie de tout cela, nous vivons notre dimension collective et notre dimension particulière, chacun dans son problème spécifique,
dans lequel il retrouve des dimensions qui le concernent, lui, spécifiquement, à l'intérieur de ce retour collectif. Donc, de différents aspects, de différents côtés, viendra et se révélera la techouva. Un spécifique de ces aspects de la techouva, il est…
A tsar, ala elbon, shenelav arouach agadol, asor v'cholmashen khidou nou avouten. Et cette techouva sera accompagnée d'une souffrance face au elbon. C'est quoi elbon ? C'est un peu comme le bafouement, le manque de respect par rapport à… La souffrance devant ce sentiment d'avoir été bafoué.
Où a-t-il été bafoué ? Aroua Chagadol, ce grand esprit, atzour. Le mot atzour vient du mot otsar, qui veut dire ? Trésor. Atzour, ça va être contenu, trésorisé, donc, qui est contenu dans tout ce que nous avons reçu par héritage de nos parents.
Inkhilounu, nous ont donné un Nahala. Le mot Nahala veut dire héritage, d'accord ? Donc tout ce que nous avons reçu dans l'héritage de nos parents, de nos ancêtres. Che'en shiour le ouzo ou kvoudo, où il n'y a pas de mesure à la force, à la puissance et à la dignité de ce message de l'esprit qui accompagne
Am Yisraël, depuis nos ancêtres jusqu'à nous et au-delà. Il y a donc une tradition qui transmet un message de vie, un message culturel, un message de l'esprit qui se transmet. Et à travers la techouva, une des techouvot, c'est de vivre la prise de conscience. Ouaiii, qu'est-ce qu'on a raté !
Comment a-t-on pu laisser une chose pareille pendant des siècles, ou des centaines d'années, abandonnée, alors que c'est vraiment la Makor ? Il y a toute cette tendance qui a eu lieu au niveau de l'assimilation, quand les ghettos se sont ouverts et que les juiveries se sont ouvertes à la civilisation européenne, et ont laissé de côté tout ce contenu intérieur, le message de la tradition de la Torah.
Comment ? Il dit: la techouva, c'est revenir à des valeurs qui sont les nôtres. Ce retour à nos valeurs est accompagné d'une prise de conscience douloureuse de l'abandon de ces valeurs pendant un certain temps, alors que ces valeurs sont tellement essentielles pour nous. C'est le grand message.
C'est quelque chose qui a été transmis de père en fils, qui aurait dû normalement être transmis de père en fils. Ça a été transmis pendant un certain temps, et à un moment donné il n'y a pas eu tellement de continuité, il y a eu une perte de transmission, et des générations se sont senties coupées de ce monde-là.
Moi, personnellement, je sais que j'ai grandi à l'école française. Ce n'est pas le centre de la Torah. Si tu as fait l'école française, tu as fait l'école juive, non ? Non ? C'est vrai ? Alors on est déjà deux.
Tout aussi. Tu as fait l'école juive ? C'est très bien. Il y a de bonnes écoles juives en France en ce moment, non ? Moi, ça fait cinquante ans que je n'ai pas quitté Israël.
En tout cas, cette techouva vers le message culturel qui accompagne notre peuple, qui normalement se transmet de génération en génération, qu'on a reçu de nos pères et qui va de l'avant, est malheureusement, à un certain moment de l'histoire, et c'est le cas
à propos duquel le Rav Kook parle: on est à l'époque du début de cette émancipation, un peu, dans laquelle le peuple juif abandonne ce contenu au prix de valeurs de culture européenne, par exemple. Et la prise de conscience de l'abandon de ces valeurs essentielles pour nous est accompagnée d'une souffrance, et il y a une techouva pour revenir vers ça. Ça va ? Maintenant, le Rav insiste
sur le fait que cet esprit, qui est vraiment l'esprit de la culture qui est faite pour nous et qui accompagne ce peuple, a pour source de départ la source vitale par excellence. C'est un message qui provient de la bouche divine.
C'est la prophétie, c'est ce qui a alimenté tout le Ruach HaKodesh de tous nos maîtres, de génération en génération, qui ont multiplié la compréhension et l'introduction à l'intérieur de la Torah.
Ni plus ni moins que HaMakor, regardez le texte: HaMakor, ha-Elohi, ha-Elyon. C'est-à-dire la source divine dans sa hauteur, qui normalement Oler ve-Nimshach midor dor, c'est-à-dire quoi ? Qui va et qui est Nimshach, poursuivi, tiré. Non, « poursuivi » c'est bien traduit. Poursuivi de génération en génération.
Qui se poursuit de génération en génération. Qui va et se poursuit de génération en génération. Et quand on le prend au sérieux, quand on est capable de le voir, de voir le contenu, Keshessi mesimi melav lev, c'est-à-dire quand on prête attention à ce contenu culturel, halo motsimbo hakko, on y trouve tout ce dont on a besoin pour nous-mêmes.
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