Le lien entre l'individu et la dimension collective
Le Rav Kook, chantre de l'âme collective d'Israël, et la manière dont chaque individu porte cette dimension.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Avraham Avinu, la morale et la crainte du péché, 48 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le texte de Rav Kook sur l'âme collective du peuple juif, qui s'éveille chez chaque individu au contact de la terre d'Israël. Il explique que chaque détail de la halakha, comme la manière de se laver les mains le matin, est relié à une dimension spirituelle plus profonde. Il affirme que le manque d'étude et de sérieux a empêché cette compréhension, et que la réponse passe par une élévation de la vie spirituelle d'Israël.
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Allez, on y va. Tu prends ton texte, à la page… Tal, lame de tête. Vous savez que dans certains livres, ils ne veulent pas mettre lame de tête; ils préfèrent mettre Tal. C'est la même lettre, tête et lame. Lat est lié à un mot qui n'est pas forcément positif, mais Tal est lié à un mot très positif: Tal, la rosée. La page…
La méthode, Péreg Dalet, je crois que, comme tu dis, je crois que c'est bien le… On va prendre le Youd, on va prendre le Youd. Alors, on y va. Si tu veux, David, tu commences à lire.
Nous sommes liés à la généralité, et il n'y a pas d'individu qui ne soit pas lié à la généralité. Il est possible d'amener la pensée. Et si le monde s'occupait d'une théorie de la Torah dans ce contexte, que l'esprit spirituel grandisse jusqu'à la connaissance de la relation de l'individu avec la généralité.
Rav Kook est l'un des plus grands chantres de l'âme collective d'Israël.
Un chantre. Un chantre, c'est un mélodieux, qui jouait… un poète, poète chantre. Depuis son enfance, c'est quelqu'un qui sentait Israël; on raconte que, dans sa toute jeunesse déjà, c'était quelqu'un qui avait dépassé sa dimension particulière. Lui, et à sa suite, son fils, qui était notre maître; c'était vraiment quelqu'un…
Je ne sais pas dans quelle mesure il pensait à lui. Dans quelle mesure il pensait à lui ? Je ne sais pas s'il savait ce que c'était. Il pensait en Israël. Souffrez en Israël, réjouissez-vous en Israël. C'était vraiment lié à l'histoire d'Israël. Impressionnant.
— Pareil pour son fils, vous m'avez dit ?
— Comment ?
— Pareil pour son fils, j'imagine.
— Oui, oui, je t'ai dit, oui, son fils. Moi, j'ai connu le fils. Le père, je ne l'ai pas connu. Mais le père, c'est le père de son fils.
Il y a des gens qui comparent beaucoup le lien qu'il y avait entre le Rav Kook, le père, et son fils, au lien qu'il y avait entre Rabbi Shimon Bar Yochaï et son fils, Eléazar. Rabbi Shimon… C'est deux qui en font un très, très… Le Rav Ram Yitzhak, le grand maître, disait toujours que s'il y a quelqu'un qui le comprend, c'est son fils.
Est-ce qu'il a apporté des idées nouvelles, ou est-ce qu'il a simplement développé, répondu ? C'était quoi, lui, son rôle par rapport à son père ? Une des choses que l'on peut dire qui est certaine, c'est qu'on parle de Torah Shebikhtav et de Torah Shebaal Péh. Alors, le père, c'était plus la Torah Shebikhtav, et le fils, c'était certainement la Torah Shebaal Péh. Il a écrit, pas beaucoup, très peu. Le Rav Kook a écrit énormément.
Le père écrit beaucoup. Le fils a beaucoup enseigné son père. Il a permis de comprendre son père. C'était toujours très impressionnant de rentrer chez lui. Je vous ai déjà raconté, mais c'est… Il habitait, le pauvre; il avait perdu sa femme assez jeune, il n'avait pas voulu se remarier. Il était veuf depuis, je ne sais pas, les cinquante ans, quelque chose comme ça.
Depuis l'âge de 50 ans, je crois que c'est. Moi, j'ai dû le connaître quand il devait avoir 80 ans.
— Vous l'avez connu à quel âge ?
— Comment ? À quel âge ?
— Quand lui avait 80 ans. C'est là que vous l'avez connu ?
— Entre 75 et 80 ans. Oui, il l'a vécu encore.
— Et c'est quand il avait 75 ans que vous avez étudié le Guizant avec lui ?
Mais quand les gens vieillissent comme ça, ils n'arrêtent plus beaucoup de parler, de vieillesse et tout, c'est difficile. Comment ? Quand les gens vieillissent comme ça…
Si on veut, comme ça. Après, ils n'arrivent plus bien à enseigner, non ?
— Ça dépend qui. Tu ne peux plus parler comme quand tu as 20 ans. On te dit que les Talmidei Hachamim, avec le temps, deviennent de plus en plus sages. Les Talmidei Hachamim deviennent de plus en plus sages. Ils ne deviennent pas gagas, c'est le contraire. Ça n'existe pas. Les vrais Talmidei Hachamim, des gens qui, avec l'âge, restent dans toute leur grandeur.
— Il est né à quel âge, lui ?
— Je ne me trompe pas, ça doit être dans les 85 ans et plus, je ne sais pas.
Il est niftar, je me souviens, il était niftar à Pourim. Niftar à Pourim, quand on était… on était à Gouch Katif pour lutter contre le départ de Gouch Katif. Ses élèves étaient là-bas. Je me souviens, on nous avait annoncé son nom. On est rentrés, on est tous passés… Il y avait des bus en quantité qui ont quitté Gouch Katif pour l'entraînement. On est revenus encore à Gouch Katif pour crier que c'était nous.
En tout cas, ici, le thème sur lequel le Rav va développer, c'est le thème de la dimension collective qui est portée par l'individu, et que, dans le cas du peuple juif en particulier, c'est quelque chose d'essentiel.
Notre âme. Et ça, je te dis, le chantre de cette dimension-là, je dis, c'est le Rav Kook; c'est vraiment quelqu'un qui était profondément conscient du fait que chaque individu en Israël a une âme collective. Non seulement ça, mais c'est aussi la terre d'Israël qui donne ce grand plaisir de l'âme collective.
Il y a un enseignement très, très beau qui a été écrit par un grand talmid hakham de Hébron. Il s'appelait Rabbi Avraham Azoulay, qui a écrit un livre de pensée juive très beau, qui s'appelle Hessed LeAvraham. Et dans ce livre, il dit… C'est quelqu'un qui a vécu à Hébron, dans la vieille ville de Hébron, au temps du Yichouv, avant les émeutes de Tarpat et tout ça. Il y avait un Yichouv juif important à Hébron.
On était en rogne contre les Arabes. Et ce Hessed LeAvraham dit la chose suivante: « Quelqu'un de juif qui arrive en Erets Israël, avant de se coucher la nuit, la première nuit où il dort en Erets Israël, a une âme individuelle. Après avoir dormi une nuit en Erets Israël, il se lève le matin avec une âme collective. » C'est ce que dit le Hessed LeAvraham. C'est-à-dire que la terre d'Israël…
Elle nous donne le sens du peuple d'Israël. Alors vous, je crois que peut-être vous ne vous rendez pas compte de ce que c'est de ne pas avoir ce sens-là. Mais les Juifs qui se trouvaient dans le monde entier pendant des centaines d'années, des milliers d'années, n'étaient pas forcément conscients de cette dimension collective. Ils étaient chacun des Juifs avec une obligation religieuse.
Des mouvements tels que le mouvement sioniste, et des choses comme ça, de grands mouvements nationaux qui menaient à quelque chose, ce n'était pas quelque chose de courant. Parce que le temps n'était pas venu. Ensuite, ça a pris.
— Une question. J'avais entendu parler justement de ce qu'avait dit le Hida sur le fait qu'un Juif reçoit sa… Je ne sais pas, le Hida. Je crois que c'est le père ou le grand-père du …
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