Moshe Rabbeinu, transmetteur de la Torah et prophète
Comment la Torah, venue du ciel, a été reçue par Moshe, et pourquoi il en est le simple transmetteur.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Le navi et la Torah : quand un prophète peut-il modifier une mitsva ?, 54 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon explique que la réception de la Torah repose sur la prophétie de Moshe Rabbeinu, qui vivait l'expérience prophétique tout en restant pleinement présent à ce monde, ce qui fait de la Torah une parole à la fois céleste et ancrée dans la vie concrète. Il s'appuie sur le Rambam (Hilkhot Yesodei HaTorah, chapitre 8) pour distinguer la manière dont on reconnaît un prophète ordinaire, à des signes annoncés qui se réalisent et à la reconnaissance des sages, de la foi qu'Israël porte à Moshe. Cette foi ne repose pas sur des signes, mais sur l'expérience collective du Sinaï, où tout le peuple a été rendu témoin de l'échange entre Hachem et Moshe.
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On va essayer de finir. On a vingt-cinq minutes. Allez, on y va. Donc on va reprendre un peu, je vais situer ces cours qui sont donnés dans le Khrot Yisro Del Torah sur la prophétie. Ces cours, il y en a trois ou quatre qu'on a faits, avaient un but très précis: nous vivons sur la base du fait qu'on a reçu la Torah. Mais qu'est-ce que ça veut dire, avoir reçu la Torah ? De quelle façon ça s'est passé ?
Cette Torah qui est arrivée jusqu'à nous, dont nous savons sans aucun doute que c'est quelque chose qui a été révélé par le ciel à l'homme, de quelle façon a-t-elle été reçue ? Pour comprendre cela, il faut comprendre ce qu'on appelle la prophétie en Israël, qui est un phénomène spécial, qui n'existe qu'en Israël. Les dimensions dans lesquelles on vit l'expérience prophétique en Israël n'ont pas leur équivalent du tout en dehors d'Israël.
Le Rambam nous a décrit, en long et en large, ce qu'est cette expérience de la névoua, en insistant sur le fait que ceux qui sont touchés par cette capacité de vivre l'expérience de prophétie sont des sages de grande qualité. Ce sont des êtres qui sont au niveau des Chachmé Israël, plus ou moins des gens qui sont arrivés à un niveau que l'on pourrait appeler… quoique la perfection ne se donne pas dans ce monde, mais de l'ordre de la perfection, aussi bien au niveau de leur connaissance qu'au niveau de leur façon de dominer leur monde intérieur.
Le Rambam nous a expliqué que la plupart des prophètes, de façon générale, quand ils vivent leur expérience de prophétie, la vivent soit dans le songe, la nuit, soit dans des visions diurnes, dans lesquelles ils entrent dans une certaine léthargie et perdent une partie de leurs activités, de leurs capacités. On a consacré un cours la dernière fois à expliquer quelle était la spécificité de la prophétie de Moshé Rabbeinu, lequel Moshé Rabbeinu vivait son expérience de prophétie tout en vivant pleinement son appartenance à ce monde, avec toutes ses facultés, tous ses sens. Il est en train de vivre son expérience de prophétie, ce qui n'est absolument pas le cas des autres prophètes.
C'est important de savoir ça, parce que nous savons que celui qui a transmis la Torah, c'est Moshé Rabbeinu. Or, cette Torah qu'on a reçue via Moshé Rabbeinu est une Torah qui réunit le ciel et la terre. C'est une Torah qui a été donnée par le maître du monde, qui sait ce que c'est que ce monde et qui veut donner un message de vie pour vivre dans ce monde qu'il a créé. Il connaît les détails de ce qui se passe dans ce monde, ce Créateur. Mais, de l'autre côté, c'est le Créateur qui parle du haut du ciel.
La Torah porte donc en elle-même une insertion dans ce monde-ci qui est totale, dans la mesure où elle est pleinement consciente de ce qui se passe dans ce monde-ci. Quand la Torah a les pieds sur terre, on ne peut pas faire plus. Mais, de l'autre côté, cette Torah est inspirée du fond du ciel. Ça vient de l'endroit le plus kadoch, le plus pur, le plus propre qu'il soit, le plus conscient de la vérité qu'il soit. Et ça, c'est la Torah.
Et les mitsvot que nous faisons, quand nous accomplissons une mitsva, par exemple une mezouza, on unit vraiment le ciel et la terre. Quand nous disons, à travers la récitation de la paracha des Tefilin, Baroukh Hachem, en disant ce qu'on dit, on met en jeu une vitalité qui unit le ciel et la terre, parce que ce sont des Tefilin qu'on a mis. Ils sont accompagnés d'une quantité d'exigences au niveau de la halakha, dans les détails de la vie de ce monde-ci: pour qu'un Tefilin soit kacher, il faut que ce soit une peau comme ça, et comme ça, et comme ça; une écriture comme ça, et comme ça, et comme ça; avec des rouleaux, sans fin. Exigence, on ne peut pas plus matériel. Et d'autre part, cela nous met en relation avec les dimensions spirituelles de la sortie d'Égypte, de la croyance en Dieu, de l'humilité devant Dieu, tout cela vit en même temps.
Il en est de même du reste des mitsvot. Toutes les mitsvot sont, d'une part, pleinement ancrées dans ce monde, et, d'autre part, pleinement inspirées par les niveaux les plus hauts de la divinité. Celui qui est capable de transmettre cette chose-là, c'est Moshé: dans la mesure où, d'une part, il a vraiment les pieds sur terre, et en même temps il est pleinement ouvert à l'écoute prophétique.
Il faut savoir que c'est à travers cet être-là que le message de la Torah est passé vers nous, et que c'est pour ça qu'il a la force qu'il a. Il faut comprendre que cela a été donné à travers une expérience de prophétie. C'est-à-dire que ce qui a été écrit, c'est Hachem qui l'a dit, et ce que Moshé a fait, c'est transmettre. L'équation personnelle de Moshé Rabbeinu, c'est simplement celle d'un transmetteur.
En tout cas, dans les quatre premiers livres de la Torah et dans le cinquième, le contenu n'est certainement pas de Moshé; c'est Hachem qui l'a dit. Il y a une position chez nos sages qui dit que, quelque part, la forme du Sefer Devarim est liée à la personne de Moshé Rabbeinu: la forme dans laquelle les choses ont été dites, mais pas le contenu. Bon, ça, c'est ce qu'on voulait dire par rapport à la prophétie.
On va regarder un tout petit peu le Pérek Chemini des Hilkhot Yessodé HaTorah, qui, dans nos éditions, se trouve à la page. Dans ce volume, il y a différents livres. Le second livre, qui est Yessodé HaTorah, on se retrouve devant le chapitre 8, Pérek Chemini. Regardez en haut: Hilkhot Yessodé HaTorah, et c'est la page, Pérek Chemini.
L'âme et la tête. C'est ça, là ? Bon. David, si tu veux, essaie de nous lire le texte dans l'Aleph.
Ch'efshach sh'yaseh haot belat. Be'er chishouf. Elleh kol haotot sh'aseh Moshe bamidbar. Lepi atzorech asayem. Lo leavi re'aya ala nevoua. Ayat tsarikh l'ashkiya et ha mitzchim kara et ha yam ve'itzel l'ilam. Nitzachou le mazon orib et ha mazon. Tsamou beka laem eta even. Kafrouvo adat korach balea ota aretz. Vechen, shar kolatot. Uvame evminu bo, bema'amad ar sinay. She'nenu raou velou zar. Vaznenu samou velou aher. Aesh vakalot va'lapidim. Ve'hu nigash el.
Ce qui est dit dans ce chapitre 8 s'inscrit après des paroles que le Rambam nous avait données.
Sur lesquelles on n'a pas encore beaucoup insisté: la façon dont un prophète peut être reconnu comme un vrai prophète à l'intérieur d'Israël. Comment peut-on savoir que cette prophétie est une vraie prophétie ? Parce que nous savons que, dans l'histoire d'Israël, on a eu la rencontre, en même temps que de vrais prophètes, avec de faux prophètes. Alors, qu'est-ce qui est pour nous, finalement, le signe qu'un prophète est un vrai prophète ?
Cours d'Orot veKelim
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