Torah et Talmud : la Michna transmise de maître à élève
Comment la Torah orale s'est transmise de Moshé à nos jours, et pourquoi le lien au maître compte.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Faute et création : la pluralité dans l'unité, 41 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon développe la notion de Shimush Hachamim : la Torah se transmet par la vie du maître autant que par son enseignement, et l'élève doit s'attacher à celui qui l'accompagne. Il traite ensuite du choix du havér (compagnon d'étude), du pilpoul entre maître et élèves, et du passage de la Torah orale à la Michna écrite. Il aborde enfin la juste place du sommeil, du plaisir et du commerce dans la vie de celui qui étudie.
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Disons qu'on a plus ou moins fait notre relation au Chimouch Hakhamim, ok ? Dans la mesure où le thème essentiel du Chimouch Hakhamim, c'est de voir la Torah vivante. Parce qu'il y a quand même une distance sérieuse entre le texte et la vie. Ça traverse un être humain, et ça traverse un être humain qui est un ami Hakham. Donc on voit la façon dont il vit.
Et on voit, en général, du temps de la Guemara, que cette dimension, la dimension du Chimouch Tarkhenei Rachamim, était évidente aux yeux de ceux qui étudiaient chez quelqu'un. Celui qui étudiait, il avait étudié chez… et ce n'était pas uniquement sa pensée, c'était sa façon de vivre. Je cherche un tout petit peu si ça se retrouve, si c'est évident que ça se retrouve, l'expression Chimouch Tarkhenei Rachamim dans mon texte.
À moi, je ne l'ai pas. Chez vous non plus ? Vous l'avez ? Il n'y a pas de récit sur Simcha. Il y a sur Simcha. Je vous ai dit la dernière fois, ou l'avant-dernière fois, que ce thème de la Simcha, un des grands témoins de ces dimensions-là aux yeux du monde, c'est le Ari. C'est le Ari lui-même qui disait que tout ce qu'il a vraiment acquis en profondeur dans sa Torah est le résultat de son travail sur la Simcha.
Ça situe aussi beaucoup, par rapport à chacun de nous, à quel point on n'est pas toujours dans la direction évidente du travail. Parce que ce n'est pas évident que chacun de nous soit conscient que l'essentiel du message que l'on doit acquérir à travers la Torah est un message qui mène à la dimension de la Simcha.
Parce que la Simcha est quand même une acceptation profonde de la vie. Celui qui est Sameach authentiquement accepte la création, il accepte. Et quand on n'est pas Sameach, c'est parce qu'on a des ta'anot. Contre qui sont ces ta'anot ? C'est un mishma. Et il y a un responsable. C'est ça. Et nous sommes très aimés parce que nous travaillons ensemble. Chimouch Hakhamim, avec tout ce que ça veut dire, dans le fait que la façon de vivre va très, très loin, et que…
Par exemple, je ne sais pas si je l'avais dit, mais Baroukh ben Nerya était le talmid de qui ? Baroukh ben Nerya, c'était le talmid de qui ? Vraiment ? De Jérémie. Et Ezra Souffir n'a pas fait son aliya en Israël, alors que c'était lui le responsable normalement de l'aliya, qui sentait que c'était lui. Donc, oui, parce qu'il ne voulait pas quitter son maître, qui était Baroukh ben Nerya.
Ça fait partie du monde du Chimouch Hakhamim. Il y a des élèves qui sont attachés à leur maître et qui, de façon définitive, sont attachés à leur maître jusqu'à 150 ans, la fin de leur vie. Ils ne les quittent pas. Si ? Il faut quitter, il faut les quitter. Quand ils s'en vont, ils s'en vont. Mais tant qu'ils ne s'en vont pas… C'est mieux de rester. Par exemple, en France, si on a un…
…une Chavrouta là-bas, etc., depuis très longtemps. Je ne sais pas si c'est une dimension de Chavrouta. C'est plutôt une dimension de maître, de maître, de maître, pour lui demander ce qu'il en pense. La Erets Israël, c'est quand même quelque chose de tellement essentiel que ce n'est pas évident. Il s'agit d'Erets Israël, pas d'autre chose. Pas le kit. Bon, maintenant on arrive à quelque chose qui est…
…à réfléchir. Il n'en parle pas ici, mais c'est dit en termes de Dikdouk Haverim. Dikdouk Haverim, ça veut dire quoi ? Disons, dans un choix recherché de qui va être ton Haver. Les Haverim dont on parle ici, c'est visiblement, évidemment, qui ? Haverim de Torah et de vie. De vie de Torah.
Qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur de ce Dikdouk Haverim ? Il n'en parle pas du tout ici. Qu'est-ce qu'il peut y avoir autour de cette dimension de Dikdouk Haverim ? Je crois que, avant tout, il y a une dimension qui relève de la spontanéité, très intuitive, qui ressemble un peu, je crois, au même genre d'intuition, le Hafdel, mais le Hafdel, avec le Hafdel, dans la rencontre des attachés.
C'est-à-dire qu'il y a une relation de spécificité qui va au-delà des simples qualités classiques. C'est le fait que c'est lui, et pas quelqu'un d'autre. Par exemple, on a des exemples dans l'histoire, dans l'histoire de nos maîtres.
Comme, par exemple, vous les connaissez, entre Rabbi Yochanan et Resh Lakish. Quand il y a eu cette tragédie, la mort de Resh Lakish, dont on a parlé la dernière fois, Rabbi Yochanan n'a pas trouvé quelqu'un d'équivalent. Il en est mort. Ça va très, très loin. Il y a donc, dans cette dimension des Haverim, le côté de correspondre à l'autre. Est-ce que c'est dans cette dimension de Dikdouk Haverim ? Apparemment oui: voir quelqu'un qui me correspond.
Mais aussi, certainement, au niveau des middot classiques: dans quelle mesure c'est quelqu'un qui respecte ou ne respecte pas la Torah. Et vraisemblablement, dans ce Dikdouk Haverim, la relation interhumaine entre un ben Torah et un qui n'est pas ben Torah n'est pas évidente du tout. Dans le regard de cette époque-là, en tout cas, quand ça a été écrit, c'est sûr que quelqu'un qui ne respecte pas la Torah, ça va très mal.
Donc je pense que, dans ce qui est dit ici, c'est autour du critère torique de la personne avec laquelle on se dit qu'on peut être tranquille: qu'il veut, de toute sa bonne volonté, respecter la Torah. Il y arrive ou il n'y arrive pas, chacun de nous a ses problèmes. Mais, au départ, la bonne volonté. Tout.
Alors ça, c'est au niveau des Haverim, quand nous savons profondément qu'au Beit Hamikdash l'essentiel de notre étude est une étude dialectique, et qu'on a besoin d'un Haverout pour étudier avec. Et c'est ce Haver-là, de la Haverout de l'étude, qui est nécessaire, qui te comprend, qui te connaît, qui t'aide, et quelquefois c'est…
…dans le Hafdel, c'est dans toute la pureté de la rencontre humaine, dans sa pureté, mais c'est quelque chose qui relève du mariage, dans ce contexte propre, évidemment, Baroukh. Je crois aussi, enfin, dans ce contexte-là, chacun de nous doit, je crois, travailler à, d'une part, se mettre à la portée de l'autre,
expliquer qui il est, pour que quelqu'un qu'on a vraiment senti comprenne: c'est ma Haverout, c'est mon Haver. J'ai compris, c'est lui avec qui j'étudie, ça fait des années que j'étudie avec lui. Ce sont des contextes dans lesquels on veut aller loin dans la rencontre. De la même façon que, dans un couple, on va loin. Il y a des dimensions qui vont très loin, pas au niveau de la connaissance, évidemment. À ce niveau-là aussi, entre Haverim, il faut essayer de…
…se livrer à l'autre et lui donner le meilleur de nous-mêmes. Je ne sais pas dans quelle mesure vous avez votre Haver Limoud, celui avec qui vous étudiez, mais il se peut que oui. Et en tout cas, ça existe. C'est avec lui que …
Cours d'Orot veKelim
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