Torah, Talmud et équilibre entre étude et travail
Le Rav Nahon explique la crainte de la faute, la place de l'étude et l'idéal d'une vie juive équilibrée.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Torah et Talmud : la Michna transmise de maître à élève, 46 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente un passage de Orot du Rav Kook sur la yirat het, la crainte de la faute, présentée comme une disposition naturelle de l'homme sain en matière de morale collective, mais vécue en Israël avec une intensité propre, liée à la Torah et aux mitsvot. Il explique que cette nature ne se retrouve en Israël que par l'étude de la Torah, qui réveille en chacun ce qui lui est déjà propre, et il distingue le rôle des talmidei hakhamim et celui de l'étude fixée dans la journée de chacun. Il développe enfin la vision du Rav Kook d'un Israël qui, revenu sur sa terre, retrouve progressivement sa dimension morale et spirituelle après une phase consacrée à la vie élémentaire.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Ce texte en a touché un peu cette semaine pour ceux qui étaient là mardi. Mais je vais y revenir quand même un peu, parce que je crois que ça vaut la peine de bien connaître ce texte. Ce texte parle d'une dimension qui est centrale dans notre vie spirituelle, qui s'appelle Yirat Chet. Le mot Yirat veut dire la crainte, et Chet la faute: la crainte de la faute.
C'est aussi un rapport avec la crainte du ciel, Roliot. Enfin, dans ce cas, le Rav commence à parler de la crainte, de la sensation intérieure que l'on porte en soi-même, qu'il faut faire attention à ce qu'on fait. En particulier en relation avec le monde de la morale, dans notre vie communautaire, notre vie sociale, la relation de l'homme à son prochain.
Et ce que le Rav développe ici, c'est un thème qui est cher au Rav Kook: la plupart des vitalités qui sont essentielles en Israël ont leur équivalent quelque part dans l'humanité, mais d'une façon qui n'est pas forcément la même, en particulier pas avec la même concentration, avec la même intensité. En tout cas, Israël vit la dimension humaine à une puissance beaucoup plus grande.
Et cette puissance se rattache essentiellement au fait que notre vitalité est en rapport avec le divin, ce qui n'est pas forcément le cas des Ovdei Elilim … des nations, qui ne sont pas toujours conscientes de la présence divine et n'adaptent pas leur vie à cela. Mais en Israël, c'est vécu de façon beaucoup plus consciente. Je donne un exemple, pas ici, mais par exemple l'étude de la Torah. L'étude dans laquelle on met en marche notre puissance intellectuelle, notre connaissance, notre cœur, toute étude intellectuelle concerne peut-être finalement l'humanité, mais nous, nous vivons notre dimension intellectuelle avec une intention, avec une intensité qui est différente, dans la mesure où ça met en jeu notre relation à Dieu, avec une puissance de notre type.
Mais c'est quelque part quelque chose qui existe dans l'humanité, au niveau de la relation intellectuelle, de l'intellect, de la réflexion. La compréhension des coulisses existe, mais à l'intérieur d'Israël, c'est vécu avec une intensité différente. Nous aurons l'occasion de revenir sur un texte de Orot qui développe ce thème. Mais dans ce cas-ci, le Rav va essayer de montrer qu'il y a un parallélisme entre ce qu'on appelle la crainte de la faute, la crainte du ciel, entre cette tendance à faire attention, cette capacité de faire attention à ce qu'on fait, à l'intérieur d'Israël et dans l'humanité en général, et de voir ce que cela donne quand c'est transposé vers Israël.
On va reprendre le texte. Je vous lis le texte, à la page Guimel, doucement. Yirat chet ativit, yateva aenushi abari … Vous avez tous le texte ? Shmuel, ça va, tu as le texte ? Yirat chet ativit, yateva aenushi abari.
B'yachas la moussar haklali. V'hi, ha teva ha Yisraéli ha miyohad, b'yachas le kol chet ve'avon, mitzad, ha Torah, ve'a mitsva, borashak ilat Yaakov. Ve'en teva ze, chozer le Yisrael, k'im, al yede Talmud Torah be'hamon, Talmud Torah legadel Talmidei Chachamim, ve'Talmud Torah…
C'est la nature de la vie naturelle, de la vie naturelle, de la vie naturelle, de la vie naturelle,
Et la technique de la technique de la technique de la technique de la technique
Alors je reprends depuis le début.
Le Rav dit comme ça: Yirat chet ativit, la crainte de la faute naturelle, chez l'humain naturel, civilisé. C'est vécu chez cette partie de l'humanité qui a le sens de sa responsabilité collective et qui veut vivre une vie d'homme en relation avec sa communauté, en aidant, en vivant en communauté.
Ativit, il y a Teva, il y a Enoshi, il y a Beri. C'est quelque chose qui est naturel dans l'humanité quand elle est saine. Et ça, c'est la relation que l'humanité, que l'humain peut avoir. Be-yachas la moussar haklali: yachas veut dire en relation avec la morale générale, c'est-à-dire le respect de la morale qu'aime l'homme.
L'être humain qui est capable de porter en lui un respect pour le moral, et qui sait se comporter, se retenir comme il faut, porte en lui une certaine dimension qu'on peut appeler la crainte de la faute. Le Rav dit: cette dimension-là, cette nature-là, à l'intérieur d'Israël, c'est Teva a-Yisraeli ha-Meyohad. Son pendant, son équivalent à l'intérieur d'Israël, c'est la nature d'Israël spécifique dans sa relation à toute faute et tout péché. Non pas par rapport aux critères de la morale humaine générale, mais en relation avec les critères très spécifiques, qui sont les critères de la Torah et des mitsvot, qui sont la tradition de la communauté d'Israël.
C'est-à-dire que la Torah, chez nous, est l'expression, en puissance et en grand, de quelque chose qui est un peu l'équivalent de la morale humaine. Mais c'est vécu chez nous avec une autre intensité. Il faut savoir que le message essentiel de la Torah est quand même un message moral: de comportement, de retenue, de conscience plus grande de nos devoirs envers les autres à travers une relation morale.
Maintenant, le Rav nous dit que cette capacité de vivre la Yira traite à l'intérieur d'Israël est quelque chose de naturel à Israël. Quand Israël vit sa vie normale, il vit animé de ce genre de force. Seulement, ce n'est pas évident que la Galout ait été bonne pour nous à ce niveau-là. Alors le Rav nous dit: Ve-en teva zé hozer le Yisrael… mais cette nature, le Rav Kook voit un Israël qui revient sur sa terre.
Et qui revient vers sa nature, qui revient vers ses forces, vers sa façon de vivre dans sa plénitude. Ve-en teva zé hozer le Yisrael ki-im al yedei Talmud Torah be-hamon. Cette nature de la crainte du péché ne revient en Israël qu'à travers une expérience spéciale, qui s'appelle Talmud Torah. L'étude de la Torah en Israël, c'est elle qui nous remet sur pied, qui nous remet sur le chemin.
Comme je vous l'ai dit un peu la dernière fois, le Rav insiste beaucoup sur le fait que ce Talmud Torah réveille une nature. Quand on étudie, on peut apprendre, et prendre des comportements qui ne sont pas forcément des comportements naturels. On peut apprendre à faire des choses qui ne sont pas naturelles. À travers l'effort intellectuel, on peut se mettre à faire toutes sortes de choses sans que ce soit forcément naturel. Quelquefois, j'apprends à faire des choses qui ne sont pas naturelles chez moi.
Mais dans le cas de la Torah, il ne s'agit pas de ça du tout. Dans le monde de la Torah, je l'avais dit la dernière fois, je reviens sur ce message: on insiste surtout sur le fait que l'expérience de l'étude de la Torah est quelque chose qui ressemble au fait de retrouver un objet perdu. C'est quelqu'un qui a une expérience de Motsé et Avedato, qui retrouve ce qu'il avait perdu. Dans quelle mesure je dis que c'est naturel pour moi ? Ça devient naturel si ce que je retrouve, je sens que c'est à moi. Ça, c'est quelque chose qui …
Cours d'Orot veKelim
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