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Enseigner la Torah contre de l'argent, selon le Rambam

Le Rambam interdit de recevoir un salaire pour enseigner ; le Rav Nahon montre comment les sages s'en sont accommodés.

48 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Le Shem Tov selon Rambam, Rachi et Rabbénou Yona, 43 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon étudie avec ses élèves le passage du Michna (Chapitre Pe'ah ou Rabbi Hanina ben Dossa et Karna) et la question de savoir si l'on peut recevoir de l'argent pour enseigner la Torah. Il expose la position du Rambam, qui refuse toute rémunération liée à l'enseignement, et la confronte à la pratique des générations, où les maîtres doivent vivre et nourrir leur famille. Il montre comment les anciens sages ont vécu de leur travail, et comment la communauté peut légitimement aider ceux qui ne peuvent plus subvenir à leurs besoins.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

D'après ce que je vois chez moi, ça doit se trouver quelque part dans notre édition. Je crois que c'est la même édition en commun, Daf Ayin Zayin. Ça doit s'appeler « Pérek ? », Seif Hey, Michna Hey. Ce n'est pas ça ? Une seconde. J'ai l'impression que ce sont quand même les mêmes éditions. Ayin Vav, Ayin Zayin. C'est quelle Michna, moi ? Non, ce n'est pas… ce n'est pas…

C'est la Michna, non, non, c'est la Michna Hé, à l'intérieur de la Michna Hé. Je vois ici, c'est marqué chez moi, donc je pense que c'est vraiment ça. Je ne crois pas qu'il y ait une erreur. Je vous ai dit que c'est un sujet qui doit beaucoup intéresser. C'est un sujet autour de la façon dont nous pouvons aborder ce thème: recevoir de l'argent dans un contexte où l'on reçoit de l'argent pour étudier la Torah.

Alors la position que donne le Rambam est citée dans la tradition comme une école de pensée: en principe, il faut essayer de se débrouiller de toute façon possible, mais ne pas recevoir d'argent pour enseigner la Torah. C'est ce qu'il dit, lui. Et c'est, je vous l'ai dit, une école qui vient, quelque part, protéger la pureté du message spirituel, qui n'a pas à être mélangé avec des contingences matérielles.

Mais de notre côté, il faut voir comment on peut résoudre ce problème. Les générations ont besoin de personnes qui consacrent toute leur vie à l'enseignement et à l'étude de la Torah. Et ces personnes-là, avec raison, sont mariées, ont des enfants, qui mangent eux aussi.

Donc finalement, la position classique du monde de la Torah officielle ne suit pas toujours la position du Rambam. N'empêche que dans chaque génération, il y a toujours des gens qui arrivent plus ou moins à se faufiler à l'intérieur de ce monde-là, et qui souvent arrivent à garder une certaine distance par rapport à ça. Chacun… J'ai connu toutes sortes de gens.

Un de mes maîtres, une des personnes dont j'ai le plus appris, c'est celui à cause duquel j'ai fait techouva vers 19-20 ans, quand j'étais à Sasouka, à Tanger, il y a cinquante ans de ça, à peu près. C'est quelqu'un qui a fait une carrière de comptable. Son père était dayan de la ville, et son grand-père était dayan. Et lui-même, il n'était pas dayan, mais c'était vraiment le chef de la communauté juive là-bas. C'est quelqu'un qui n'a pas voulu toucher d'argent pour la Torah.

Il a fait un travail de comptable, qu'il a très bien réussi. Puis il est monté en Israël pour faire ça. C'est ça: il y a un message à recevoir. De l'argent pour l'enseignement de la Torah, il n'a pas voulu en toucher. Il trouvait des contextes dans lesquels il étudiait la Torah, mais pas dans un contexte où il travaillait. Il enseignait, on étudiait ensemble, il roulait, mais il ne voulait pas recevoir un grouche pour ça.

Alors que parallèlement, il y avait des yeshivot dans lesquelles les gens travaillaient, et il fallait une vitrine, il fallait recevoir un salaire aussi. Lui, il a cherché un métier, il a travaillé, il a appris à être comptable, il était venu à Paris, il avait appris tout ça pour avoir son métier. Ça n'empêchait pas d'étudier des heures entières la Torah. Comment ?

C'est chacun sa façon. Le Rambam, il y a des textes dans lesquels il propose une organisation du temps une fois qu'on a déjà fait sa formation professionnelle. Au moment de la formation professionnelle, c'est un passage. Il y a un moment où il faut étudier, il faut voir comment ça se passe. Mais une fois que les choses sont établies, je crois que le Rambam propose trois heures de travail par jour, et neuf heures d'études. Et par-ci, par-là, quelques heures pour dormir, pour manger, pour faire ses besoins.

Alors ici, on est en plein dans cette question-là. Tu restes David pour le moment, d'accord ? Tu restes David pour le moment. Ça a l'air d'être ça, en tout cas.

Il donne une série d'exemples de personnes qui étaient des guedolé Torah, des grands de la Torah, et qui n'acceptaient en aucune façon de recevoir de l'argent pour la Torah qu'ils enseignaient. On en est, si vous voulez, à la page Ayin Zayin de notre édition, dans les lignes un peu larges: ça se trouve à la neuvième ligne. Neuvième ligne large, début de ligne, Mehem, page de gauche. Début de ligne, à droite, Mehem. Lo hayou manichimotol, lach'tov et tsim. Rabbi Hanina ben Dossa, ça va ? Vous y êtes ? Rabbi Hanina ben Dossa.

Alors, tu prends ça, lis-le, et lève la voix très, très fort; je reviens sur son texte ensuite. Très fort.

Encore, on continue. On a un autre exemple, avant que je revienne sur tout ça. Le Karna.

Alors je reprends. L'exemple, premièrement, c'est Rabbi Hanina ben Dossa. Cheyatsa bat-kol veimbra, à propos de lui. Ce thème de la bat-kol, vous le connaissez un peu. Vous savez qu'à l'époque du Beit Chéni il n'y avait pas de névoua. En Israël, il n'y a pas eu de Nevi'im pendant toute la période du Beit Chéni. La névoua, c'est fini à l'époque du Second Temple. La névoua a pratiquement fini au retour de Babylone. Yerouchalayim et tout ça, Yehezkel, ce sont des gens qui étaient à cheval sur cette époque-là. Mais ensuite, il n'y a plus de prophètes. Pas de prophètes, mais il y a des gens inspirés. Et déjà, il y avait quelque chose qui s'appelle la bat-kol, c'est-à-dire des voix qui venaient du ciel en donnant un message. Et ça s'entendait. Certains l'entendaient, et plus d'un.

C'est-à-dire qu'il y a des gens qui n'entendaient pas, et des gens qui entendaient la bat-kol en question. Ce sont des gens qui étaient branchés, mais plusieurs personnes entendaient la même bat-kol. Ce n'était donc pas une seule personne qui recevait la bat-kol. Entre la névoua et la bat-kol: la bat-kol, c'est une écoute. La névoua, c'est essentiellement la parole divine qui arrive sur la lèvre de la personne qui l'exprime.

Névoua vient du mot niv, expression. C'est la parole de D.ieu qui s'exprime à travers la lèvre humaine. L'esprit divin habite cette personne, s'exprime à travers sa lèvre et parle. Il est spécial dans ses visions. Il peut parler dans certains cas, mais ça dépend. Le navi, dans la névoua…

Mais on avait des exemples comme Moshé Rabbénou, ou comme Chmouel, ceux qui étaient tout à fait mesoudaris. Maintenant, c'est vrai que l'on nous présente aussi la névoua non pas sous la forme d'une parole, mais d'une vision. Par exemple, Yehezkel est très marqué: ses messages sont essentiellement des messages de vision.

Ils voient la Merkava, ils racontent ce qu'ils voient là-bas, ils racontent… Ensuite, il y a un travail d'interprétation autour de ça. Vous avez raison, il n'y a pas que ça. On peut dire, quelque part, qu'on en avait parlé un peu ensemble. C'est à la limite de la prophétie. Je ne sais pas exactement ce qui …

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