Pourquoi la Michna garde les avis minoritaires
Le Rav explique pourquoi la Michna rapporte l'opinion rejetée, et quand l'avis d'un seul sage l'emporte sur celui de la majorité.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Le Talmud, fruit de générations de réflexion sur la Michna, 46 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon explique pourquoi la Michna conserve souvent deux opinions alors que la halakha tranche pour l'une d'elles : les deux avis faisaient partie de la tradition vivante et devaient rester transmissibles, et les décisions se sont affinées avec le temps. Il s'appuie sur des exemples précis, comme les takanot de Pessa'h et le pouce-boule, et sur la conduite des écoles de Hillel et de Shammai qui ont parfois changé d'avis. Il présente enfin la structure générale de la Michna en six ordres, de Zera'im à Taharot.
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C'est un Lamed Zayin, hein. Lamed Zayin. C'était des problèmes qui se sont présentés en Erets Israël. Et on a essayé de les résoudre sur la base des halakhot connus, sur la base du texte de la Torah, en utilisant les méthodes d'exégèse. Mais il y avait Mahlo Ketferu, qui l'appelle la troisième.
Si vous allez d'ailleurs, il y en a plein, il y en a plein d'autres. C'est-à-dire ? Après les Carrévilles, c'est le Takano de Neviim et de Chachamim. Ça se passe à la page même. Le Takano de Chachamim et de Neviim pour résoudre des problèmes actuels. Et le but était Sayag, la Torah. Et puis il y a une cinquième partie que je relis avec vous à la page même, à l'œuvre.
Simplement pour essayer de mettre les points sur les i, en espérant mieux comprendre que la dernière fois. Qui dit ici ? A-chelek ha-chemishi, voyez, page même, alef. A-chelek ha-chemishi, ils disent: emadinim asuyim al derech ha-chakira ve ha-askama, bedvarim anouagim ben bene adam, shem ba'en tosef et mitsva ve lo giravon. C'est-à-dire: ne rentre pas en compétition avec telle ou telle mitsva de la Torah.
Et ce sont des takanot qui ont été faites pour le bien d'Israël. Et ces takanot, on nous demande de ne pas les transgresser. Ce sont des guézérot, des conseils pour le collectif d'Israël. Et ce n'est pas lié avec les mitsvot. Et pour être guézérot, yishakenu nachash, shichat nachash: se faire mordre par celui qui ne respecte pas ces barrières que Hachem a faites. Par exemple, il dit un exemple, hein.
Le fait qu'on demande à Israël d'essayer de se réunir et d'étudier. Par exemple, ce qui se passe en Erets Israël actuellement, très clairement: les Chabbatot qui précèdent Pessa'h, et même les soirées, sont consacrés à la mise au clair des dinim de Pessa'h. Ce qu'il dit ici, vous voyez, même à alef, à peu près six lignes avant la fin.
Moshe, par exemple, un peu avant, disons huit lignes avant la fin: Moshe tiken l'ahem l'Israël, shiyu shoalim ve dorshim bil'chot Pessa'h be Pessa'h. Et se réunit. Je me souviens que j'étais à Givat Chaoul. Il y a une chose aussi en vieille ville, ça se passe comme ça: le tsibour se réunit pendant tout le mois qui précède Pessa'h. Il y a des chiourim spéciaux sur Pessa'h. C'est une canette de Moshe Rabbeinu déjà au départ. Ou bien dit-il aussi…
Le fait que certains textes du Birkat Hamazon ont été rajoutés dans le contexte du Birkat Hamazon lui-même. Le Birkat Hamazon lui-même a déjà été donné dans la Torah: Yachal Tavesh Avata. Mais Hazan, apparemment, qui est le début, le texte même, c'est quand l'Aman est descendu. Il indique d'autres exemples: le Pouzebroul, par exemple.
Le thème du pouze-boul, qui est le fait de pouvoir, dans la mesure où, dans l'année de Yovel, la fin de l'année, c'est notre année, en principe, annule les dettes que l'on a entre nous. Alors en principe, c'est fini. Donc il n'y a plus de dette. Intéressant. Donc on fait un pouze-boul pour essayer de récupérer ces choses-là, en considérant que ces données…
Au Beit Hamikdach, et le Beit Hamikdach lui-même, les touches de l'humour. Maintenant, le Rambam, et je voudrais peut-être qu'on l'écoute à nouveau. On va revenir sur ça, je crois que c'est intéressant. Alors on va lire maintenant la page Membet, on va relire encore ça. Suivez le texte de la page Membet, je me retrouve au troisième petit paragraphe, la septième ligne.
Vous voyez ? Oui, et attendez qu'ils réussissent à écrire, ça va ? Vous voyez ? Et attendez qu'ils réussissent à écrire, dans les conflits, les conflits entre les deux Chammaï … Vous voyez ce qu'il dit ? Pourquoi ? Dans la Michna, très souvent, quoique la halakha ne soit pas celle de l'une des deux opinions, on a quand même préféré présenter les deux opinions, l'une et l'autre. Même dans des cas où on connaît la halakha, on a préféré présenter la seconde opinion, et on va voir pourquoi.
Si on avait présenté la Michna simplement comme une espèce de choukh'han aroukh, dans lequel on a décidé la halakha, et c'est bon, sans la discussion… Si.
Ça dépend. Ça dépend. Ça dépend. Il y avait déjà, pendant toute l'époque du Beit Hamikdach, la Michna était écrite après le Beit Hamikdach. Pendant toute l'époque du Beit Hamikdach, il y avait des hakhamim importants qui discutaient des opinions qui étaient mahloket et tout ça. Le Beit Chammaï et le Beit Hillel, c'était dans le Beit Hamikdach.
Sans la discussion. Et si on avait écrit simplement la halakha, en rejetant et en ne citant pas la seconde opinion, qui en principe était en compétition avec l'opinion qui a finalement donné la halakha… Il dit: si on avait donné seulement la halakha, sans l'autre opinion…
D'une tradition de celui qui était contraire à celui qui était accepté.
On laisse de côté l'opinion alef complètement. Et que cette folie en malheur, elle a quand même été dite. Elle a été dite devant un tsibour d'élèves. Elle a continué à être transmise. Elle a fait son chemin. Et à un moment donné, elle arrive devant nous, cette seconde opinion, transmise par un hakham, d'un hakham à un hakham, des gens très sérieux. Et on regarde cette opinion: elle est contraire à celle de la Michna. Et si la Michna venait donner seulement la halakha…
On aurait pu se dire, peut-être, que cette seconde opinion n'a pas été reçue. Et on va commencer à se poser des questions. Peut-être qu'il y a une tradition sérieuse qui existe, tout ça, qui n'est pas arrivée.
Jusqu'à Rabbi Yehouda HaNassi, quelque chose de ce genre-là. Comment ça s'est passé ? Mais, en fait, ça n'a pas été fait comme ça. En fait, les deux opinions sont arrivées. Rabbi Yehouda HaNassi les a considérées, les a présentées, en présentant le yahid et le rov, par exemple, même si la Michna laisse comprendre que la halakha n'est pas celle des deux opinions, mais les deux opinions sont devant nous. On n'arrive pas devant la situation de se dire: peut-être que cette opinion…
N'a pas été connue. Si on avait eu ça dans la Michna, uniquement une opinion, alors qu'il existe une seconde opinion d'un hakham présentée par des gens très sérieux, on aurait pu penser peut-être que cette seconde opinion n'a pas été transmise du tout. — Oui. — Tout de suite, en arrière. — Voilà. Même si la halakha n'est pas une des deux… — L'autre. — C'est sûr. — Ce n'est pas faux. Donc, en fait, c'est à la… Mais au niveau du comportement, tu fais quand même deux opinions. Pas les deux.
Par exemple, le Rav. Oui, c'est vrai que si tu accomplis la halakha, qui est dans une certaine direction, en prenant en considération que l'autre opinion aurait pu être différente, tu abordes le sujet d'une façon différente.
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