Le Rambam, la Michna et le rôle de la prophétie
Pourquoi Rabbi Yehouda Hanassi a mis la Torah orale par écrit, et ce que le Rambam en dit dans sa préface.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Abraham et le Gaon de Vilna, 50 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente la préface du Rambam à son commentaire de la Michna, écrite en arabe et longuement travaillée. Il y expose la distinction entre la Torah reçue de Moshe Rabbeinu, transmise par la chokhma et l'exégèse, et le rôle des prophètes qui ne fixent pas la Torah. Il retrace ensuite comment Rabbi Yehouda HaNassi a mis par écrit la Torah shebe'al pe, à partir de la transmission orale, pour la rendre transmissible pendant la galout.
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Moi, à l'intérieur de la préface du Rambam à son commentaire sur la Michna, le commentaire sur la Michna du Rambam et la préface ont été écrits tous les deux en arabe. Le commentaire sur la Michna est un texte assez précoce du Rambam. La préface qu'il a écrite sur la Michna, en revanche, est un texte considéré comme très élaboré par le Rambam, même s'il est écrit en arabe et non en hébreu comme le Mishneh Torah. Mais c'est un texte que le Rambam savait important, et il a bien travaillé dessus.
Maintenant, on se retrouve après un certain nombre d'introductions. L'une d'elles avait parlé en long et en large du rôle de la prophétie à l'intérieur de la transmission de la Torah, et le Rambam avait insisté sur le fait que la Torah est quelque chose qui a été reçu par Moshe Rabbeinu. Une fois que Moshe Rabbeinu a donné la Torah, la Torah est close en tant que Torah, avec les méthodes qui ont été proposées pour l'exégèse de la Torah. Ensuite, les générations qui ont suivi ont utilisé les méthodes d'exégèse pour résoudre d'autres problèmes de vie, de halakha, sur la base de la Torah.
Mais dans cette méthode d'exégèse, ce qui entre en jeu, c'est la sagesse, c'est-à-dire la chokhmah, et non la capacité de prophétie. Les autres prophètes d'Israël qui ont suivi Moshe Rabbeinu étaient des hommes énormes, mais leur prophétie n'avait pas atteint l'importance de la prophétie de Moshe Rabbeinu. Les prophètes ne sont pas capables, par force de prophétie, dans le contexte de la Torah elle-même, de proposer autre chose que ce qui a été donné par Moshe Rabbeinu. Les prophètes ont pour rôle, finalement, d'intervenir dans Malchout Israël pour réveiller Am Yisraël pour telle ou telle mitsva. Ils sont capables, ils ont le droit dans certains cas, de changer ponctuellement, une fois quand il le faut, même les dynamiques de la Torah, pour telle ou telle raison.
On a quitté cette partie dans laquelle le Rambam a insisté sur le rôle d'un prophète en tant que dirigeant d'Israël, mais pas en tant que donneur de la Torah. La Torah, c'est ce qu'on a reçu de Moshé, de Sinaï. Et ensuite, le Rambam nous a mené à ce qu'on appelle la Michna elle-même, et à celui qui l'a écrite.
Celui qui a écrit la Michna, comme vous le savez, c'est Rabbi Yehouda HaNassi, qui a compilé la Torah she-Baal Péh, qui avait été transmise de façon orale depuis Matan Torah jusqu'à l'époque de Rabbi Yehouda HaNassi, soit presque 1500 ans plus tard. Entre-temps, depuis Matan Torah, se sont passés les quarante ans du désert, les huit cents années du Premier Temple, quatre cents ans d'attente, et quatre cents ans du Temple lui-même, soixante-dix ans de Babylone, encore quatre cents ans de Vahitchénie. On se rapproche déjà des mille quatre cents ans. Et encore un peu de temps depuis la destruction du Second Temple jusqu'à l'époque de Rabbi Yehouda HaNassi, quelque chose d'environ cent ans.
C'est à ce moment-là que Rabbi Yehouda HaNassi, sentant que le peuple d'Israël allait partir en galout, et que dans les conditions de la galout on ne pourrait certainement pas supporter les difficultés et transmettre la Torah she-Baal Péh de façon orale, parce qu'il faut beaucoup de force pour pouvoir le faire, beaucoup de structure, décide d'écrire la Torah she-Baal Péh sous la forme de la Michna, et plus tard une autre forme, une autre dimension de la Torah she-Baal Péh, qui est la Guemara, qui va aussi être écrite.
Le Rambam nous a présenté la personne de Rabbi Yehouda HaNassi comme un personnage extrêmement extraordinaire, dans la qualité de son hébreu, dans la qualité de ses midot, dans sa puissance même temporelle, dans la mesure où c'était quelqu'un d'extrêmement riche.
Et qui avait aussi une capacité d'influencer très fortement le gouvernement romain, dans la mesure où il était proche d'Antonin, je vais raconter cette histoire, qui était à l'époque le gouverneur romain de Yehouda, et qui était son frère de lait. Vous vous souvenez un peu de ce que j'avais raconté: à l'époque où Rabbi Yehouda HaNassi est né, il y avait eu une décision des Romains d'interdire la brit mila, et le gouverneur romain et la mère de Rabbi Yehouda HaNassi, qui était entre femme et sorcière, entre homme et femme, ont interchangé les enfants pour qu'on ne voie pas que Rabbi Yehouda HaNassi était circoncis. Il a grandi, ses premières années en tout cas, entre les bras d'une Romaine, qu'il a donnée à téter. Et dans l'autre sens, Antonin lui-même a tété du lait juif.
C'est la maman de Rabbi Yehouda HaNassi qui a montré à tout le monde que son fils n'était pas circoncis, et c'était Antonin. Rabbi Yehouda HaNassi est resté très en rapport avec Antonin; la Guemara raconte qu'ils étudiaient ensemble.
On arrive là où on a laissé notre texte, c'est-à-dire qu'on prend ça à la page lamed de notre livre, Hakdama leperoush haMichna. On se retrouve quelque part à la page lamed, et on va commencer à lire le petit paragraphe d'Alet. On a vu un peu ça, et on va revenir un tout petit peu dessus. Alors, si tu veux bien, Sacha, tu prends d'Alet, et tu lèves ta voix très fort.
Bekoubalot, mipi, otziyam, a-sevara, machloket. Bon, je m'arrête là-dessus, on va reprendre un tout petit peu. Je vais te dire: Rekash, kala, la-deot, et advarim, quand il a réuni les différentes connaissances qui étaient éparpillées en Israël à propos de la Torah she-Baal Péh, et les textes mêmes des Mishnayot qui ont été écrits à cette époque-là.
Ce sont les quelques générations qui ont précédé Rabbi Yehouda HaNassi, qui ont commencé l'époque des Tanaïm, qui ont écrit les Mishnayot. Il a réuni toutes ces données-là. Ekhel lekhaber haMichna, il a commencé à écrire la Michna elle-même. Cheykol lehelet, qui contient perouch kol haMitsvot haketouvot be-Torah, contient toutes les mitsvot de la Torah.
Maintenant, dans le texte, le Rambam nous explique les différents types de mitsvot, telles qu'elles sont arrivées en Israël. Mehem, parmi elles, parmi ces mitsvot: kabbalot, mekoubalot mipi Moshé, c'est-à-dire une kabbale, une tradition qui a été reçue et qui remonte à l'enseignement de la Torah she-Baal Péh, qui a été reçue par Moshé et par Yehoshoua de Moshé. Moshé a reçu cela et l'a transmis à Yehoshoua.
Ça, c'est une première partie: ce sont finalement des halakhot que Moshe Rabbeinu a reçues directement et qu'il enseignait à Yehoshoua. Ou mehem, parmi les mitsvot en question, deot otziyam be-der hasvara, be-einayim makhloket: un certain nombre de comportements, de halakhot, qui ont été tirés à telle ou telle époque par les méthodes d'exégèse qui ont été mises entre les mains de l'homme d'Israël, et qui ont été utilisées par les maîtres d'Israël, les manguines d'Israël, à partir de Yehoshoua jusqu'à l'époque de Rabbi Yehouda aussi.
Cela contient aussi l'intervention de grands sages qui étaient peut-être en même temps prophètes, mais qui ont fait jouer leur sagesse pour avoir ces benzalachot, en utilisant des méthodes d'exégèse logiques, selon la logique de l'exégèse de la Torah. Et, premièrement, celles …
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