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Le Rambam, la Torah orale et la transmission depuis Moshe

Comment le Rambam rattache la Michna à la tradition orale, et ce qu'est une halakha de Moshe Sinaï.

58 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Le Rambam sur la halakha Moshé Missinaï, 49 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le début du chapitre d'introduction du Mishneh Torah du Rambam, qui retrace la transmission de la Torah shebaal peh depuis Moshe Rabbeinu jusqu'à Rabbi Yehouda HaNassi. Il montre pourquoi cette Torah orale n'a pas été écrite au départ : elle porte sur la mise en pratique concrète, que seul un enseignement vivant peut transmettre. Il précise aussi la différence entre les halakhot de Moshe mi-Sinai et celles qui s'appuient sur une exégèse du texte écrit.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Essayons de situer un peu les choses. Le texte du Rambam, vous le savez, a été écrit alors que tout le Mishneh Torah est en hébreu. Mais les épîtres du Rambam n'ont pas été écrites en hébreu. Elles ont été écrites en arabe. Pourquoi ? Vraisemblablement, je dis, mais je pense que c'est… parce que l'intelligentsia juive de l'époque trouvait beaucoup plus abordable un texte en arabe qu'un texte en hébreu. Ça se passait en terre arabe, c'est-à-dire en terre de langue arabe.

On fera ça demain, Orot HaTechouva. Si tu veux te rapprocher, Yaakov, c'est bien. Comme tu veux. En attendant…

La plupart des textes du Rambam en arabe, vous le savez peut-être, ont été traduits par une famille, les Ibn Tibbon, des spécialistes des écrits du Rambam, qui les ont traduits en différentes langues, en hébreu en particulier. Il y a la traduction d'Ibn Tibbon, mais ce n'est pas la seule. De nos jours, quelqu'un a essayé de faire une nouvelle traduction du texte arabe du Rambam: un ancien élève de moi, qui s'appelle Shelat. Il y a une édition qui est en bas, qui était la sienne. Mais j'ai préféré garder cette édition du Rafou, qui est très travaillée.

Maintenant, de quoi parle-t-on ? On parle de la Torah She-baal Péh. La Torah She-baal Péh a différentes origines, et le Rambam les explique et les développe. En particulier, on s'arrêtera à un moment donné sur le texte même du Rambam pour rappeler à nouveau… Je vais vous prendre trop de temps là-dessus, mais rappelez-vous un peu la différence qu'il y a entre ce qu'on appelle halakha, le Moshé MiSinaï, et d'autres choses. On reparlera de tout ça ensemble.

Si vous voulez, on va reprendre les choses à la page Kaf de notre texte, à la Hakdama de la Michna. Finalement, la Michna a été rédigée par Rabbi Yehouda HaNassi, qui est un grand homme. A-t-il connu le Second Temple ? C'est déjà parti. C'est donc un post-Second Temple. C'était quand même quelqu'un de très capable, très influent, qui se sentait tout à fait à l'aise avec le gouvernement romain. Et comme vous le savez, Antoine, qui était le gouverneur en terre d'Israël de la part des Romains, n'était ni plus ni moins que son frère de lait. Ça va très loin. Tous les deux sont en quelque sorte frères de lait: Antoine a tété chez la mère de Rabbi Yehouda HaNassi. Mais où est-ce que Rabbi Yehouda HaNassi a tété ? Et vous savez pourquoi ? Quelle est une des raisons ? Comment ?

D'accord ? Parce qu'il y avait un décret contre la brit mila, qui était interdite, et il y avait une peine de mort pour les gens qui faisaient la brit mila. Le père de Rabbi Yehouda HaNassi, qu'on sait bien, est un grand ami de Hachem: il a fait la brit. Donc il fallait protéger cet enfant. Les gouvernantes s'entendaient très bien entre elles, elles se sont échangé les gosses.

Alors, le fils qui était entre les mains de la mère de Rabbi Yehouda, qui était en principe le juif en question, n'était pas circoncis. C'était Antoine. C'est assez incroyable, on se rend compte où est-ce qu'on en est actuellement. Malgré tout, on doit être capable de dire le halal tous les matins, là où on en est. Bon.

Le Rambam, ici, je raccourcis un peu. Il raconte la transmission de la Torah chez Baal Péh à partir de Yehoshoua, la mort de Yehoshoua, les Zeqenim, Hachem, Anshei Knesset HaGedola, tout ce monde qui transmet. Et on en arrive à Rabbeinou HaKadosh, qui est le rabbi d'Antonin, comme Nicolas nous l'a dit. Je prends à la page Kaf-Tet de notre texte. J'avance un peu vite, je ne m'attarde pas trop sur le texte; ensuite on rentrera dans le détail. Mais là, j'essaie d'avancer.

Maintenant, le Rambam est un admirateur sans fin de Rabbi Yehouda HaNassi. Pour lui, Rabbi Yehouda HaNassi, il en est conscient. Ce n'est pas pour lui, c'est vrai, il était comme ça, mais le Rambam en est conscient: Rabbi Yehouda HaNassi, c'était vraiment un géant. Un géant humain et juif, dans les deux directions.

Voyons un peu ce qu'il dit. Si vous voulez, on va vous faire lire un tout petit peu, mais on va lire un peu vite et traduire un peu vite. Vas-y, Nathanaël, tu prends ça, regarde. Page Kaf-Tet. Ce n'est pas Nathanaël, c'est Emmanuel, mais c'est compris. Tu prends la page Kaf-Tet, tu descends d'une dizaine de lignes, tu vois le mot Ahou, et un point ensuite, d'accord ? Ahou, point. Dix lignes sur la droite, depuis le haut. Le début de la page, c'est Divrei HaKodesh ? C'est ce que tu as ? Ahou ? Bon. Maintenant, vas-y.

—

Bon, je reviens un peu sur ce que tu as dit, en résumant. Je lis et je résume un tout petit peu. On parle de la transmission de la Torah, jusqu'à quelqu'un qui est finalement celui qui l'a couchée sur le papier. C'est la Torah She-baal Péh, qui ensuite a été élargie par la Guemara. Mais la première écriture de la Torah She-baal Péh sous la forme de la Michna, c'est Rabbi Yehouda HaNassi qui l'a faite. Avant, elle n'était officiellement pas écrite. C'était la Torah She-baal Péh.

Maintenant, il faut comprendre un peu pourquoi la Torah She-baal Péh est une Torah orale. Parce que la Torah She-baal Péh, dont on parle ici, est une Torah qui a pour but de nous mener à un enseignement que l'homme qui la reçoit doit être capable de mettre en vie. Ce ne sont pas de grands principes, c'est la vie. Or, à ce niveau-là, quand il s'agit de faire et qu'on explique à quelqu'un ce qu'il doit faire, on se retrouve devant des subjectivités qui ne sont pas les mêmes. Et le côté trop objectif du texte écrit n'est pas suffisant pour arriver à toucher la personne qui doit transformer cela en vie.

Donc, si c'est une Torah She-baal Péh, enseignée oralement par un maître, tout de suite, automatiquement, on est dans l'esprit où le message arrive, et la conversation se fait autour de cela, en rapport avec les subjectivités concernées par ce comportement. Parce que ce ne sont pas de grands principes, ce ne sont pas des idées: c'est le détail du comportement, et c'est tellement, tellement, tellement spécifique, ça entre tellement dans les détails, qu'il est difficile de tout écrire. La Guemara essaie plus ou moins de le faire, mais c'est vraiment un chef-d'œuvre immense et très difficile. La Guemara essaie d'arriver jusqu'au détail de la halakha, dans tout son détail.

Mais la Torah She-baal Péh est à un niveau où elle est transmise, sans être officiellement mise par écrit en texte qui entre dans les détails comme la Guemara. Ce sont de grands principes, mais quand il s'agit de les mettre en vie, il faut rencontrer la subjectivité de celui qui les reçoit. Et donc il y a une difficulté.

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