Rambam : pourquoi la émouna en Moshé est définitive
Le Rambam explique que la émouna née de Matan Torah ne dépend pas des miracles et ne se remet pas en question.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Le Rambam et la place de la halakha, 59 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le début des Hilkhot Yesodei HaTorah, chapitre 8 : le Rambam y distingue la foi que le peuple a eue en Moshe Rabbeinu de celle qu'on accorde aux autres prophètes. Les miracles du désert n'étaient pas destinés à prouver sa mission, qui reposait sur la révélation au mont Sinaï. Le cours explique pourquoi cette expérience collective est définitive pour la Torah, alors que les signes ne suffisent pas à fonder une émouna durable.
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Il s'agit de Yesodé HaTorah, Pérek Chvini. Yesodé HaTorah, c'est bien ce que tu as ? D'accord. Bon. J'essaie de mettre les choses au point. Le Rambam, dans le Pérek Chvi'i qui précède immédiatement, traite de la prophétie de façon générale, et dit ce que la Torah dit à propos des néviim qui veulent démontrer que ce sont de vrais néviim. Dans ce contexte, le navi propose un siman, un signe. Et si ce signe s'accomplit, cela peut effectivement être le siman que c'est vraiment un navi, à condition que cette personne soit quelqu'un de sérieux, de reconnu.
Disons que le Rav Mordechai Eliyahou, le grand tsadik de Ye'hrouchalaïm, ou le Rav Ovadia Yossef s'adresse à nous et nous dit: « Je commence à avoir la névoua, voilà, et vous voulez la preuve, je vous apporte un signe. » Mais cela s'établit sur quelqu'un qui est déjà considéré comme tout à fait sérieux à l'intérieur d'Erets Israël, et il montre qu'il est en vie, on accède à sa névoua. Maintenant, est-ce que c'est cette même relation que nous avons par rapport à…
Mon cher rabbin, c'est un livre, Sefer HaMada, ce que tu as ? HaMada, c'est ? Beit ? C'est parfait. Alors tu prends, je te dis, regarde. C'est le premier des cinq livres… le premier des cinq livres du livre. Le premier des cinq livres du livre, en hébreu, c'est Yesodé HaTorah. Euh, tu as dépassé un peu là. Yesodé HaTorah. Le début du livre, hein, comment…
Alors je voudrais aujourd'hui, Bézrat Hachem, regarder ce qui est dit ici dans ces Aleph, Bet, Guimel. Il y a un très bon hébreu, c'est l'hébreu du Rambam. Et je crois qu'il n'y a pas mieux que cela, au niveau d'un hébreu châtié, de qualité, organisé, beau, clair. C'est vraiment le Rambam qui est le maître de… pour de longues… de longues époques, c'est lui qui est un exemple de clarté et d'ordre.
On aurait pu faire un institut, c'est-à-dire que le Rambam est lui-même un institut. Je crois qu'une trentaine, une cinquantaine de personnes de grande qualité travaillant ensemble auraient peut-être donné, s'ils avaient eu à leur tête quelqu'un de grand, quelque chose qui ressemblerait peut-être au Rambam. Bon. Perek Chvini, on va demander à l'homme qui est avec nous de lire ça. Tu lèves ta voix très haut. Moshé Rabbeinu.
Nitsrou ha-mazon. Nitsrou ha-mazon. Ni… Nitsrou, n'est-ce pas ça ? Ah, c'est-à-dire ? On n'a pas la même édition. Si tu veux, c'est avec des points. Si tu veux, tu peux lire dans le texte de Reuven, il est très clair, il est ponctué.
Bon, on s'arrête une seconde. Je vous rappelle un peu ce qu'on a vu précédemment dans le paragraphe, dans le chapitre précédent, dans lequel le Rambam insiste sur le fait que la façon dont un prophète authentifie réellement son envoi, c'est à travers un signe qui se réalise. Un signe qui n'est pas normal.
Par contre, on arrive ici sur une autre zone. C'est celle de Moshé Rabbeinu. Dit le texte: Moshé Rabbeinu, lo héémin bo Yisraël mipenei ha-otot she-assa: Am Yisraël n'a pas eu émouna en Moshé Rabbeinu en tant qu'envoyé de Hachem, à cause des signes qu'il a faits. Chéia maamin al pi ha-ot: malgré tout, il y a une part qui y croit par les signes.
Celui qui a émouna en se basant sur des signes, yesh bélibo dofi: il y a au fond de son cœur un pourcentage de doute. Peut-être que… mais qui me dit que… ? Si tu veux du livre, il y en a un peu ici. Tu cherches. Or, il faut bien comprendre, dans l'idée du Rambam, la génération de Moshé Rabbeinu…
Il faut voir: sauf vraiment des gens qui étaient en dehors du coup, et très négatifs, c'étaient des gens qui avaient une émouna absolue en Moshé. Ceux qui ont vécu le matan Torah, ceux qui ont vécu le matan Torah pleinement, qui étaient des gens aptes à le vivre, avaient une émouna absolue en Moshé Rabbeinu. Pourquoi ? Il explique.
Et là: Kol ha-otot she-assa Moshé Rabbeinu bamidbar, pendant les quarante ans du désert, il ne les a pas faits pour démontrer son envoi en tant que tel devant Am Israël. Bamidbar, il a fait Hatsor et Hassan. Il ne les a faits que parce qu'on avait besoin d'un coup de main, avec une baguette magique, pour faire quand même de temps en temps, par-ci par-là, quelques miracles pour résoudre le problème. La mer Rouge était embêtante quand même, alors on fait quand même quelque chose.
Un coup de baguette, ça s'ouvre. Avec les deux narchones, enfin, c'est bon. Les fiatsor et chesam. L'on les havi réaïa l'anevoua. Il les affiche selon la nécessité, mais pas pour apporter une réaïa. C'est quoi réaïa ? Yafé, al anevoua, asa profesiad. Tu m'as dit que tu t'appelles Shmuel ? — Oui. — C'est bon. Tu arrives à suivre cet hébreu, ce que je fais ? Ça va ? C'est bien ça, là ? Yafé, mitsouya. Ken.
Ils croyaient définitivement en Moshé, une émouna totale qui n'a pas son égal après le Matan Torah. Il y a toutes sortes de néviim, comme Chmouel, comme Eliyahou HaNavi, Yehochoua, qui étaient des néviim, qui étaient connus en tant que tels; ils avaient démontré à travers toute une série de… Mais ce qu'on va voir maintenant est très spécifique. Je ne sais pas si tu connais ce texte. Enfin, on va voir, tu vas voir d'où on va partir.
Et Mitsrayim, on avait besoin de les faire noyer, les Égyptiens, parce qu'ils étaient gênants. Kara ha-yam, il a ouvert la mer. Ve-yitsolelou be-tokh, ils se sont noyés à l'intérieur de la mer. Ils sont restés là-bas. Nitsrou ha-mazon: les mazones, ils avaient besoin de manger, en Israël. Bon, alors il leur a fait descendre la manne.
Pas pour montrer qu'ils étaient capables d'apporter à manger du ciel, ils l'étaient, c'est sûr, mais ils l'ont vu vivre. Mais surtout pour leur donner à manger. Tsamou, Tsamou, c'est ? Ils avaient soif. Bakal ha-emet ha-reven: donner un coup sur la pierre, il en est sorti une source, et de l'eau qui les a accompagnés pendant quarante ans. Ka-Pi Adamah Korah: Korah, de façon très négative, s'oppose à Moshé Rabbeinu, la terre s'ouvre et les avale.
Ba-al ha-amot ha-navi, la terre des Invalés, Dieu idanken, véhen she-arkolaot. Et de la même façon, par rapport au reste, des signes miraculeux qui sont passés par la main de Moshé Rabbeinu. Mais ce n'est pas ça qui a fait qu'on a eu émouna en lui définitivement, en tant qu'envoyé de Hachem. Et que dit le Rambam ?
Be-ma'ama de-Sinaï. Be-ma'ama. En quoi est-ce qu'on a eu émouna en lui ? Par quoi ? Il dit: « Be-ma'ama de-Sinaï », à travers le Matan Torah. Ce sont ceux qui ont vécu l'expérience du Matan Torah, ceux-là, qui ont une émouna …
Cours d'Orot veKelim
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