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Quand la grandeur se cherche soi-même : la Michna de Hillel

Pourquoi l'étude constante de la Torah est la seule vraie grandeur, et ce qui arrive à celui qui s'en détourne.

29 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Le Rambam et l'ordre des traités de Nezikin, 36 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente la Michna de Hillel sur l'orgueil et la disparition du nom : celui qui cherche à se faire grand et qui se croit suffisant dans sa connaissance de la Torah finit par s'effacer, alors que la grandeur véritable vient d'Hachem et se reçoit dans l'humilité. Il montre à partir de l'exemple de Moshé Rabbeinu, appelé « mon serviteur », que la grandeur est un service. Il rappelle que la Torah doit être constamment revue pour rester vivante, et que l'étude est ce qui fait de l'homme un homme et le relie à son Créateur.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc on se retrouve toujours au Pirké Avot, à la suite de l'enseignement de Hillel. On avait vu la dernière fois le thème de Chalom. Maintenant on prend la Michna Yud Guimel, qui est une petite Michna avec pas mal de messages. Préhouven, tu veux te rapprocher un peu ? Je voudrais t'entendre. Tu sais où on est ? Passe un peu sur le côté là.

Bérékrishon, Michna Yud Guimel. Tu lèves ta voix. Je reprendrai, mais tu lèves ta voix. Chalaf. On va essayer de traduire, même s'il y a différentes façons d'approcher la traduction d'une partie du texte. C'est toujours Hillel qui parle: Ouayahomer, naguéd, chéma. Le mot naguéd en hébreu a différents sens. L'un d'eux veut dire pousser, tirer en avant, c'est-à-dire essayer de faire grandir son nom.

Comme on verra, c'est par exemple la façon de lire de Rabbénou Yona: essayer de faire grandir son nom dans une situation d'orgueil, dans un sens de grandeur, de dépasser les autres. Ça, c'est une des lectures. Une autre lecture du mot naguid, qui veut dire « diriger », on verra que c'est la lecture du Maharal: cette chose qu'on appelle nagad, être à la tête.

C'est le fait d'être à la tête, mais en fait c'est d'être à la queue. C'est, en réalité, son nom: c'est avad, c'est-à-dire disparaître. Mais la première lecture, c'est celle sur laquelle on va se pencher: s'il a poussé son nom en avant, kén, par orgueil, en voulant se faire un nom, bientôt, avad chemo, ce nom qu'il a cru pouvoir pousser disparaîtra en réalité. On reviendra sur l'esprit des choses.

Oudéla mossif yossif. Pratiquement tout le monde est d'accord sur le fait que c'est un texte sur l'étude de la Torah. Celui qui a une connaissance de Torah, mais qui ne continue pas à faire grandir son monde de Torah, qui se suffit apparemment de ce qu'il a déjà étudié, qui pense que ce qu'il a est assez, et qui ne réalise pas qu'en réalité la Torah est quelque chose qu'il faut constamment remettre en vie, celui-là va disparaître. Il faut constamment réalimenter ces dimensions. Je reviendrai sur tout le texte, mais je donne une première lecture.

Oudéla yalef kétalah hayav. Yalef, c'est du mot ulpan, apprendre: celui qui n'apprend pas, qui n'étudie pas, qui est ignare, qui quitte le monde de l'étude. Le mot est très dur. Kétalah hayav: il est digne de mort. Oudé ishtamech betaga, celui qui utilise la taga, peut-être traduit par couronne; c'est en principe la couronne de la Torah. Chalaf: il disparaît de ce monde, de l'autre monde.

Bon, ça, ce sont les en-têtes de cette Michna. Apparemment, le début de la Michna tape très fort contre cette illusion: croire que la grandeur dans ce monde est une véritable valeur, que l'auréole dans ce monde, le kavod dans ce monde, serait une véritable valeur. Alors que la position d'Israël dans sa pleine conscience, c'est de savoir très bien que la grandeur n'est pas chez nous, la grandeur est chez Lui. C'est le fait que nous sommes Son peuple: c'est de là qu'on tire notre grandeur, et non pas du fait qu'on aurait une grandeur en nous-mêmes.

Autour de ce qui est dit ici, il y a toute une série de réflexions sur toutes ces dimensions dont on a déjà parlé précédemment, et revient là-dessus encore. Ces personnes qui cherchent à voir la grandeur à travers le fait de se considérer, ou de vouloir être des dirigeants, et de prendre pour elles, pour eux, la direction et le kavod, l'honneur d'être à la tête d'eux.

Hillel, qui est celui qui écrit cette Michna, insiste déjà à ce niveau. Il revient là-dessus, le Maharal en parle: l'essentiel de la vitalité que nous recevons, nous la recevons, il faut le savoir, d'un cadre à jour. Et cette vitalité, cette force, cette vie que nous recevons de Lui, c'est en situation d'humilité qu'il faut la recevoir.

Il faut savoir que nous sommes en train de recevoir constamment la vie de Hachem. Celui qui se sent dirigeant, qui se sent capable tout seul de diriger, de donner, de faire, et qui oublie qu'en réalité toute la force qu'il porte en lui, il la reçoit constamment de HaKadosh Baroukh Hou, celui-là perd quelque part, dans cette illusion de la grandeur, sa prise de conscience réelle du fait qu'il est simplement une créature constamment mise en vie par son Créateur, et dépendante de Lui. Autour de ça, il perd toute sa force, et il perd son…

Finalement, on a dans la Torah un exemple de quelqu'un qui a essayé de fuir la grandeur depuis le début. Qui a essayé constamment de se dérober, de s'imposer ce qui était pour lui l'évidence même, c'est-à-dire l'humilité. Et finalement, c'est le plus grand de tout ce que nous avons parmi les nôtres, Moshé Rabbénou. Quand HaKadosh Baroukh Hou a voulu l'envoyer, lui dire: « Pense à sortir ton peuple », il a répondu: « Moi, je ne suis pas capable de parler, je ne suis pas capable de faire, je ne suis pas à la hauteur, je ne suis pas, je ne suis pas, je ne suis pas. » Ce Moshé Rabbénou qui a essayé de fuir la grandeur.

Il est retrouvé dans notre tradition comme étant le plus grand de tous, à travers une humilité qui est foncière chez lui, dans la mesure où elle est pleine de conscience. Ce n'est pas une position, c'est une prise de conscience. Moshé Rabbénou est le plus grand parmi nos grands d'Israël parce qu'il a la conscience du divin, de l'omniprésence du divin, de l'omnicapacité du divin, de l'omnidépendance du divin.

Il est plein d'humilité parce qu'il sait qu'il ne fait rien de lui-même. Sa grandeur, ce n'est pas lui qui l'a cherchée, c'est Hachem qui la lui a donnée. Mais sa situation à lui, ékev, ce n'est pas de se situer en tant que dirigeant, mais en tant que serviteur. On voit dans la Torah comment Moshé Rabbénou est décrit: il est décrit en termes de Avdi Moshé, c'est-à-dire mon serviteur. Il s'est toujours situé, il a toujours été compris comme serviteur de HaKadosh Baroukh Hou.

Le second point de la Michna qui insiste là-dessus, c'est le thème de l'étude de la Torah. C'est ça dont on parle, non ? De l'homme qui disparaît, yossif. Celui qui n'ajoute pas l'étude de la Torah, yossif, dans le sens de disparaître. Vous connaissez cet enseignement qui dit que les paroles de Torah sont difficiles à acquérir comme des ustensiles en or, et sont faciles à perdre comme des ustensiles en verre.

Difficiles à acquérir vraiment, à acquérir en nous-mêmes, à introduire dans notre cœur, à porter en nous-mêmes, comme des ustensiles en argent ou en or, dans lesquels il faut beaucoup, beaucoup, beaucoup investir pour les avoir. Il est facile de les perdre, comme des ustensiles en verre. C'est-à-dire que cette Torah, bien que, grâce à Dieu, avec des midot tovot intérieures, les gdolim soient capables de porter leur Torah vivante dans leur cœur, c'est quelque chose qui n'est …

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