La volonté, moteur de l'âme et de l'éducation
Pourquoi renforcer la volonté avant de choisir l'idéal, et comment sublimer les penchants vers des plaisirs plus élevés.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Le cœur brisé du Baal Tchouva et la prière exaucée, 46 min
En bref
Le Rav Yossef Benshoushan explique que la volonté (ratson) est le moteur qui fait avancer l'homme et qu'il faut la renforcer avant de chercher à la diriger vers de bons idéaux, en commençant par les causes corporelles de la faiblesse (sommeil, fatigue, santé) avant les causes spirituelles. Il montre aussi que les hauts idéaux de la Torah correspondent à la nature profonde de l'âme et que le progrès est sans fin, appuyé sur le Rav Kook et le Rambam.
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On a toujours Perek Yudalet, Pizka, Kaf. Tu vois ? Tu vois ? Kaf. Tu vois ?
Alors, on est au chapitre 14, paragraphe 20. Donc, quand la volonté se fait faible, cela entraîne pas mal d'entraves, pas mal de fautes. Parce que si tu es mollusque, tu es faiblard, et tu ne peux pas te renforcer contre tes tentations corporelles, tu ne peux pas te renforcer pour faire le bien. Ça demande énormément de volonté de faire. Et si tu n'as pas de volonté, tu es fichu. D'accord ? C'est comme un soldat. S'il n'a pas de volonté de faire, c'est un soldat de plomb, ce n'est pas un vrai soldat. Il faut faire face à pas mal de choses.
Le problème, complexe, c'est d'avoir la force de surmonter les obstacles, d'avoir la force de vouloir les surmonter. Si tu es tout faible, alors tu te laisses aller, tu te laisses couler dans les choses les plus faciles, les plus attrayantes, qui paraissent les plus belles et les meilleures, mais qui en fait sont empoisonnées, sans essayer de surmonter les problèmes. Donc dès que ta volonté est faible, tu es mal parti. Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Renforcer la volonté, c'est simple. Si ta volonté est faible, cela entraîne que tu fautes. Donc la première chose à faire, c'est renforcer la volonté. D'ailleurs, de manière générale, il faut savoir que la chose la plus importante à développer chez l'enfant, c'est la force de la volonté. Et dans ses premiers pas, peu importe si la volonté est bonne ou mauvaise, l'essentiel, c'est qu'il y ait de la volonté.
C'est la volonté, on l'appelle le ratson, de la racine la-ratz, qui veut dire courir. C'est un courant qui court en toi, la volonté, le ratson. Depuis que Dieu a voulu que tu sois, cela est passé par la volonté de tes parents qui ont voulu que tu sois, ils t'ont mis au monde. Et cette volonté ne cesse de courir en toi de manière constante. Et si, une seconde, elle arrête de courir en toi, tu arrêtes.
D'être. Si tu arrêtes de vouloir, tu arrêtes de vivre et tu meurs. Donc le moteur essentiel qui te fait avancer, qui te fait courir, qui te fait progresser, qui t'aide à surmonter tous les problèmes dans la vie, c'est la volonté. L'accent essentiel qu'on doit mettre dans le développement de l'enfant, à son âge, c'est le développement de la volonté. Sans trop mettre l'accent au début sur la nature de cette volonté.
Ce sont des bonnes volontés, des mauvaises volontés. L'essentiel, c'est que le moteur fonctionne. Cela veut dire que si tu vois ton fils qui s'amuse à sauter de l'armoire sur la table, ne lui dis pas: « Fais attention, c'est dangereux ! » Tu vas lui casser sa volonté. Au contraire, s'il y a deux mètres de l'armoire à la table, tu écartes la table d'encore un mètre pour qu'il saute trois mètres. C'est dangereux, c'est vrai, il risque de se casser le pied. Mais il vaut mieux qu'il se casse le pied que l'âme.
Parce qu'un pied qui se casse, c'est réparable avec du plâtre. Mais une volonté brisée, la plupart du temps, c'est irréparable. Non, tu n'as qu'à mettre un matelas, si tu es un peu prudent. Ou bien être aux aguets, et, au cas où, venir le soutenir. Mais au contraire, super, saute encore plus. Parce qu'il faut renforcer sa volonté. Tu peux dire « Fais attention », mais sans l'affaiblir dans ses pulsions de vouloir.
Progresser, etc. Attention, c'est bien, mais sans l'affaiblir. Tu peux dire: « Vas-y, c'est super, mais prends garde, prends des mesures de précaution, mais continue, fonce. » Très, très important. À quoi bon remplir le crâne de compréhension profonde, d'idéaux, d'espérances nobles, s'il n'y a pas de moteur pour faire avancer ces idéaux ? Finalement, le jour où tu seras censé concrétiser tes idéaux…
Sache que dans ce monde, il n'y a pas que des idéalistes. Il y a pas mal de crapules, de méchants et de vils hommes qui ne sont pas tellement intéressés à ce que les idéaux se concrétisent. Eux, ils aiment bien quand le monde est corrompu. C'est là qu'ils font leur pognon, comme on dit. Donc se tiendront sur ta route pas mal de crapules qui voudront t'empêcher de concrétiser les idéaux dans le monde. S'il y a un faiblard, tu vas te soumettre devant eux. Si tu es fort, tu combattras pour que le bien apparaisse dans le monde.
Non, c'est pour ça que je dis: d'abord et avant tout, il faut développer le moteur qui s'appelle la volonté. Après, quel idéal va-t-on faire véhiculer avec cette volonté ? C'est notre paire de manches. C'est le sekhel. La volonté, on va la comparer à un train qui roule sur des rails de manière constante. Reste à savoir qu'est-ce que tu mets dans ce train. Tu peux mettre de la poubelle et tu peux mettre des barres d'or. Le train, il ne comprend rien, lui, il roule. Que tu le
charges avec de la poubelle ou avec de l'or, il roule quand même. Donc la volonté, c'est le train qui roule. Il faut faire un bon train, qui sait rouler, qui tient la route, qui ne sait pas ce que c'est que s'arrêter. Ça, c'est d'abord et avant tout. Après vient le temps où l'on doit faire entrer dans le crâne les idéaux nobles, justes, etc., pour que tu puisses les véhiculer et les concrétiser dans ce monde.
Mais si je te remplis la tête de tous les idéaux les plus beaux du monde, et que tu es un faiblard, un peureux, un poltron, qui a peur d'affronter les gens, etc., cela ne sert à rien. Tu seras un livre. Un livre, il peut faire quelque chose. Un super livre, Orot HaTechouva. Je le mets sur la table. Il peut faire quelque chose ? Regarde, il est mort. Un livre, c'est mort.
La Torah, elle est vivante quand elle est dans l'être, l'être d'Israël. Cet être doit être fort, vigoureux, empli de force, matérielle, spirituelle, psychique, mentale, dans tous les domaines de sa vie. Il doit être fort pour concrétiser et faire avancer ses idéaux, parce que dans ce monde, il y a pas mal de personnes qui ne sont pas du tout intéressées à ce que les idéaux se concrétisent, c'est le moins qu'on puisse dire. Donc il faudra les affronter. Donc d'abord et avant tout, développer la volonté. Ça, c'est contre les autres.
Mais aussi la volonté contre tes faiblesses. Tu voudrais bien, par exemple, te lever de bon matin et commencer ta journée du pied droit. Comme il fait froid dehors, il pleut, alors tu t'enfonces dans le matelas, tu mets la couverture sur la tête et tu continues à dormir. Tu es un faiblard. Tu te laisses traîner par toute faiblesse corporelle. Si tu avais une volonté de faire, tu sauterais du lit comme un lion.
Qu'il fasse froid, qu'il fasse chaud, que tu aies faim, tout ça, tu te lèves. Parce que tu es habitué à gérer ta vie selon la volonté de faire qui t'anime. Peu importe …
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