L'âme blessée par la faute et le chemin de la techouva
Comment la faute heurte l'âme, et pourquoi le remords prouve déjà la bonté de l'homme.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Deux genres d'âmes et la techouva après la chute, 1 h 07
En bref
Le Rav Yossef Benshoushan commente le paragraphe 15 du chapitre 14 du Béréchit Rabba (Pisca Dalet Tet Vav) et explique qu'après une faute l'âme souffre, mais que le simple fait de ressentir ce malaise et de penser à la techouva est déjà un signe d'élévation et une porte vers le retour à Hachem. Il montre que chacun doit servir Hachem selon sa propre mida, sa nature et ses capacités, et non en imitant autrui. Enfin il distingue les niveaux du service divin, de la crainte du châtiment à l'amour de Hachem, et souligne que la crainte du péché constitue le sommet de cette progression.
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Béréchit Dalet, Piska Tet Vav, ce qui veut dire, en, chapitre 14, paragraphe 15. Tet Vav. Ça va, tu sais où on est ? Page, page Kouf Zayn. Kouf Zayn. La page. Tu veux lui montrer où c'est ? Voilà. Vas-y, sympa, tu vois, il est gentil. Voilà, le paragraphe Tet Vav. C'est bon, c'est bon, tiens-le, tiens-le vite. On y va.
Il n'y en a pas besoin d'audeur.
Vim, nifamim, y ra'eloh, shah mida amitoureret alede ha kriya besefari minene ha mousa va ira'a, ena lefi midatoh, ytbonen veyachkor al midatoh mahi, veyitchazek veytamet veyichud be midatoh atzmit, veygam mize al enahedoh, mima shemitourer alede ha sefariim. Vaf al pi shikatan me'odou, tzad ha tzvisa shelo beinyanim shenam kolkar sheikhim lo. Mikol makom.
Kol madrigot atov v'kodesh tsichot liyot mekusharot zouim zou. V'yachat koulan ya'asu chativa achat da'ir alav or Hachem v'torato ha'iliona ben noam Hachem v'touvo. Pas de vision, déjà. Afal pi, bien que la tristesse et la peur nous accablent à cause de l'annulation de l'étude de la Torah et à cause…
De tous les péchés, comme on a vu dans les piskot précédentes, que l'âme ressent amèrement les péchés. Nous, on peut faire des péchés et on ne ressent pas tellement le mal qui est en cela, si ce n'est la désobéissance. Mais à vrai dire, le péché va à l'encontre totale de la nature de l'âme. Elle la détériore comme un poignard qu'on rentrerait dans son dos. Donc elle ressent profondément le mal que le péché fait.
C'est comme… il y a plusieurs niveaux dans l'âme. Neshama, Roua'h, Nefesh. La Neshama est toujours dans toute sa sainteté et sa pureté. Les autres couches, plus superficielles, peuvent être atteintes et détériorées. Elles giclent de sang. Elles souffrent énormément. Et vu que les couches superficielles giclent de sang, même l'intériorité de l'âme en souffre. Elle émet des cris de douleur. Ceux qui ont des oreilles, qu'ils écoutent.
On a tous des oreilles. On écoute d'une écoute profonde, interne. Ça se répercute sur nous par des sensations de malaise, de mélancolie, de tristesse. Et on ne sait pas exactement d'où ça provient. Donc on essaie de combler cela par des choses triviales. Bon, je vais aller au resto, on va manger un moncre à ce coup, tunisien, ça va passer. Et ça ne passe pas, et l'angoisse reste. Parce qu'il n'y a pas à combler le manque avec ce qu'il fallait. C'est-à-dire ?
Donc, bien que des fois on soit accablés de tristesse et de peur à cause de l'annulation de la Torah et des péchés, Mikol Makom, cependant, T'echef k'echem me'aririm be'tchouva, dit qu'on commence à penser techouva, même si on n'a pas pris de nouvelles résolutions de faire techouva. Même si on se dit: il faudrait peut-être que je fasse techouva. Cette pensée-là, c'est déjà une ouverture à la lumière de la techouva.
Qui va lui permettre de pénétrer en nous. Donc, techef chemarim et techouva. Dès qu'on commence à penser techouva, Akol Mitapekh. Tout se transforme en bien. Donc il n'y a plus de quoi avoir peur. Ne crois pas que tu es sale et que tu n'es pas adéquat pour appliquer les mitsvot et la Torah. Quelqu'un a fait un péché, un gros péché. Il ressent un profond dégoût de lui-même. Il dit: bon, avec une telle tache…
Je vais quand même pas oser entrer au Beit Hamikdash. Grosse erreur. Le fait même que tu ressens un profond dégoût de la faute, ça prouve que tu es bon. C'est le début du processus d'effacement, si tu continues à faire fructifier de plus en plus cette pensée. J'explique. Si un rat nage dans les égouts, il se sent mal ? Non, c'est son élément naturel. Et si toi tu nages dans les égouts, tu te sens très mal.
Hachem, pourquoi tu te sens très mal ? Parce que c'est tout à fait anti-naturel. C'est le contraire même de ta nature. Donc, si quand tu pèches, tu fautes, tu te sens mal dans ta peau, qu'est-ce que ça veut dire ? Que ce comportement est antagoniste à ta personnalité. Donc si ça, c'est mal, ça prouve que toi tu es bien. Donc le fait même que tu ressentes mal, que tu as le mal de la faute, ça prouve que tu es bon.
C'est comme ça que tu arrives à te retirer du désespoir. Très souvent, suite à une faute, quelqu'un commence à rentrer dans un désespoir profond. Il se dit: je suis vraiment un sale type, je ne vaux rien, je suis affreux, je suis dégueulasse, etc., etc. Comment sortir de l'auberge ? Comment sortir des sables mouvants du désespoir ? En faisant une auto-analyse. En réfléchissant deux minutes. Qu'est-ce qui m'amène ?
C'est-à-dire que tu n'es pas apte
À approcher tout ce qui a une odeur de sainteté. Bien au contraire, fonce à toute vitesse vers la Torah, vers la mitsva, Hachem te recevra à bras ouverts. — Qu'est-ce que tu voulais dire ? — Ça dépend quelle était la cause de ta dépression. Là, je parle d'une dépression suite à une faute. C'est pas grave. Tu n'es pas le seul dans ce monde à avoir fauté. Quand tu trouveras quelqu'un qui n'a pas fauté, tu me le présenteras. Top, continuons.
Tout se transforme en bien, n'ayant crainte. Et donc nous devons nous renforcer avec beaucoup de courage et beaucoup d'assurance, et compter sur la bonté divine qui nous recevra toujours à bras ouverts, et saisir de plus belle la Torah et le service divin. Ce qui est important à savoir, et là c'est le mot le plus important de la piska:
« Selon sa mesure ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire, chacun selon sa mesure ? Ça peut être son niveau, ou bien ça peut être le genre d'abondance d'Hachem qu'il doit avoir. Il n'y a pas de stéréotype. Il n'y a pas d'uniformisme. Chacun a une constitution différente de l'autre, dans sa personnalité, dans ses données, dans ses aspirations, dans ses capacités.
Et surtout, pas imiter les uns les autres. Ce n'est pas parce que pour lui c'est ce qui est le plus adéquat dans l'avodat Hachem que c'est automatiquement le plus adéquat pour moi. C'est clair ? Je m'explique. Il se peut que pour quelqu'un, le summum de son avodat Hachem, c'est d'étudier la Torah toute la journée. Et un autre, pas du tout. Il n'est pas fait pour ça. Il doit gambader sur les collines et doit être un soldat d'élite. Et c'est en cela qu'il est dans l'avodat Hachem.
Ça ne veut pas dire qu'il ne doit pas étudier la Torah, tout le monde doit étudier la Torah. Mais c'est savoir si ce bonhomme est fait pour étudier 24 heures sur 24, ou bien 24 secondes par jour, ou 24 minutes, peu importe. Mais toute sa vie, il la consacre à faire avancer les idéaux divins de sa manière à lui, selon la composition de sa personnalité. Chacun pour ce à quoi il est fait, en fonction de sa nature. Et c'est vers cela qu'il faut retourner. Et …
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