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Orgueil et tristesse : deux élans à redresser

Pourquoi la tristesse n'a rien de bon, et comment l'orgueil bien orienté devient une mission envers les nations.

1 h 01

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Anan HaTorah et Anan HaGueoula : le nuage qui voile la lumière, 1 h 09

En bref

Le Rav Yossef Benshoushan montre que la tristesse liée à la teshouva n'a rien de salutaire : elle est une maladie de l'âme qui s'étend comme un cancer, alors que la souffrance, elle, est locale et peut être un feu purificateur. Il explique que l'orgueil, comme tout trait négatif, a une source positive qu'il faut ramener à sa juste place, celle d'un service envers les autres peuples. Il enseigne enfin que l'épreuve n'est jamais donnée au-dessus de nos forces et que la teshouva reste l'arme la plus puissante.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Yud Alef, Yud Alef. C'est bon ?

Alken, kasher ba'ot lo machsabot chel Yer'a, veshchel Techouva, bedekh Yitzavon, yatsiach da'atou mehem, atchit itkolet machsabtot. Yikabel alav kol atochet shekdoucha veshchirat shamayim, bedekh chedva vesimcha arruya leshch'elev, ovdeh Hachem be'emet. Proponon et chavizon. Merayenot keresh shekdoucha, si parfois*

Tu as des pensées d'élévation dans la sainteté, de techouva, de repentance, qui t'amèneraient à une tristesse. On peut comprendre pourquoi. Tu commences à penser aux comportements sales et vils que tu as eus. Tu as un profond dégoût, un profond dédain de toi-même, donc une non-appréciation de ton moi, et tu sombres dans la tristesse. La rue, c'est le trafic. Il faut s'en éloigner. Pourquoi ?

C'est pour cela, Malken…

Si jamais tu te sens harcelé de pensées de crainte de Dieu et de repentance, mais sous apparence de tristesse, yassiach da tomeam. Écarte-toi de ces pensées. Repousse-les. Ne laisse pas pénétrer ta personnalité. Tu les vois apparaître à l'horizon, tu les repousses. Tu ne laisses pas t'approcher de telles pensées, de ta personnalité.

Vous avez compris ce qu'il dit ? En aucun cas la tristesse. Il n'y a rien de bon dans la tristesse. Dans chaque chose dans ce monde, il y a toujours un aspect positif. Même les choses les plus détestables. Par exemple, l'orgueil. C'est un des traits de caractère les plus détestables. Cependant, il y a au fond de l'orgueil un point positif. Hachem Malakh Gaavah lavesh: Dieu règne dans ce monde, revêtu de grandeur, de fierté. Pas la fierté dans le sens

de grandeur qui vient piétiner les autres et opprimer les autres. C'est un fait que Dieu est plus grand que tous. Et étant plus grand que tous, il se soucie du bien de tous. Donc, tout comme Dieu, toi aussi tu dois ressentir cette grandeur relativement aux autres êtres humains, d'appartenir à ce groupe humain d'élite qui s'appelle le peuple d'Israël.

Tu dois être empli de fierté de appartenir au peuple d'Israël. Mais ce n'est pas une fierté avec sa connotation négative, qui veut dire opprimer les autres. C'est le fait que j'ai un surplus en moi et que je m'en sers pour procurer du bien-être aux autres. Comme un médecin. Supposons que quelqu'un s'évanouisse dans la rue. Il y a autour de lui des dizaines de curieux. Tout d'un coup arrive quelqu'un qui dit: « Poussez-vous, s'il vous plaît. » Et pour qui te prends-tu ? Je ne comprends rien du tout, mais je suis médecin.

Donc je suis l'homme adéquat dans la situation adéquate. Il n'est pas ivre du fait qu'il est médecin. Il est conscient du fait qu'il s'y connaît mieux que tous dans cette situation, et il s'en sert pour aider ce pauvre malheureux qui s'est évanoui. Donc le fait que tu appartiennes au peuple d'Israël, c'est un fait que tu es bien plus haut. Tu appartiens à une couche supérieure de la création divine. Et ce surplus de divinité qui est en toi, tu t'en sers

pour aider les autres peuples. C'est le rôle du peuple d'Israël. Quand Dieu s'adresse à Abraham: Vé'ehéyé, lekh lekha, quitte ta maison, quitte ton pays, va vers la terre que je t'indiquerai, je ferai de toi une grande nation. Pourquoi ? Ce n'est pas un but en soi d'être une grande nation. Vé'hitbarkhou vekha kol michpechot ha'adama: ils seront bénis à travers toi, les autres nations du monde seront élevées, bonifiées. C'est la vocation du peuple d'Israël. Donc, l'orgueil, c'est mal, c'est puant, c'est insupportable.

Qu'est-ce qu'il y a d'insupportable en cela ? C'est qu'à l'origine, c'est quelque chose de très haut, d'être conscient de ta supériorité et du fait que tu appartiens au peuple d'Israël. Mais si tu te focalises sur cette chose-là, que tu es le peuple d'Israël, ça dévie, et tu t'enorgueillis. Que tu aies des chaussures en cuir et pas en plastique, que tu aies des yeux bleus et non noirs, et des cheveux blonds et non noirs, toutes sortes d'idioties de ce genre: il n'y a vraiment pas de quoi être fier.

Que tu aies des cheveux d'une autre couleur, même que tu aies des biceps plus gros que les autres, ça n'a aucune importance. Mais il y a de quoi être fier d'appartenir au Béni Israël. Se servir de quelque chose de si grand pour quelque chose de si idiot et si banal, c'est impardonnable. Mais à sa source, l'orgueil est quelque chose de positif. Et ainsi de suite dans tout: les traits de caractère qui apparemment sont négatifs sont, à l'origine primaire, un élan positif. Donc on pourrait se dire peut-être de même

pour la tristesse. La prise de conscience que je suis plus élevé que les autres. Bien sûr. Si tu crois que tu n'es en moins que rien, eh bien tu ne vaux en moins que rien. Supposons qu'un médecin, un chirurgien, un professeur en chirurgie dise: « Non, non, je ne suis pas… » Il a un tasbih de khitout, un complexe d'infériorité. Mais il ne peut pas opérer les gens. Il faut qu'il soit conscient de sa supériorité. Donc peut-être qu'on peut dire pareil pour la tristesse. Peut-être que dans la tristesse aussi il y a…

…à l'origine, quelque chose de positif. Non, rien de positif. La tristesse, qui est en fait le désespoir, c'est la mort. Dans le Zohar: Kena deme sa'avouta. C'est le nid de l'impureté. Il n'y a rien de positif dans la tristesse. C'est le manque de vie. Tu es triste parce qu'en fait tu es déconnecté de la vie. Tu ne crois plus en la vie. Tu ne crois plus en toi-même. C'est un abandon de Dieu. C'est un abandon du dévoilement de Dieu en toi. Rien de bien dans cela.

Donc toute pensée de tristesse, même si a priori sa finalité est de te remettre sur le bon chemin, ne te berne pas: elle te fera tomber dans l'abîme. Rien de positif dans la tristesse. Ce n'est pas de la tristesse, ce n'est pas de la tristesse, c'est un enthousiasme. C'est-à-dire qu'il est sensibilisé par la grandeur des choses auxquelles il pense. Tu peux pleurer de joie, tu peux pleurer… aucun problème.

Ça dépend pourquoi. On va rectifier le tir un petit peu. Il y a une différence entre la tristesse et la souffrance. J'explique. Supposons que je sois tombé sur mes genoux et que tout mon genou soit écorché et sanglant. Je ne suis pas un fakir, ça fait mal. Je ressens le mal. Donc c'est de la souffrance. Mais est-ce que, pour autant, je dois être triste ? Non. C'est ponctuel.

Je suis encore marié, j'ai des gentils enfants, j'habite en Erets Israël, je suis actif, je fais énormément de choses très bien dans la vie qui me donnent énormément de satisfaction et de bonheur intense. Et il s'avère qu'ici j'ai un petit mal. Qu'est-ce que je dois en faire ? Eh bien, désinfecter et mettre un petit pansement, c'est tout. À quoi sert le mal, la souffrance ? À te dire: ne continue pas à courir, sans quoi tout ton sang va partir, ça dégouline. Occupe-toi-en.

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