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La Gueoula et la nature de l'âme d'Israël

Pourquoi la tristesse vient de ce qui va contre notre nature, et comment la Torah la rétablit.

49 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Manger avec une intention : l'âme et la nourriture, 47 min

En bref

Le Rav Yossef Benshoushan explique que la tristesse et le mal-être viennent du fait d'agir contre sa propre nature, que la Torah décrit et ne constitue pas une religion extérieure. Il développe l'idée que chaque mauvais comportement blesse l'âme, et que l'étude et les mitsvot sont les canaux qui nourrissent la vie. Il insiste enfin sur la nécessité de gouverner ses sentiments et son imagination par l'intellect, comme le fait un dirigeant.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, au revoir, mesdames, messieurs.

Si on se demande d'où vient la tristesse, la réponse est claire: du flux, de l'abondance, des comportements, des actions, des traits de caractère, des conceptions négatives sur la neshama.

Dès qu'elle goûte par son sens pénétrant leur amertume, elle en est écoeurée, apeurée et attristée. Et alors, quand la lumière de la techouva apparaît et que la volonté du bien se renforce de manière originelle, une source de délices et de joie s'ouvre. Et alors, la neshama est… rassasiée, on va dire, de ce délice. Et quand la capacité active traduit ces sentiments, alors apparaît la morale suprême qui fait réussir la vie dans toute sa splendeur.

Ça complique quelque chose ? Rien du tout. Ça paraît de la poésie, mais ce n'est pas du tout de la poésie, c'est très clair. Le Rav explique: d'où provient la tristesse, la mélancolie ?

Toutes sortes de maladies de ce genre, et ce qui fait qu'une grosse majorité de l'humanité se sent mal et va très souvent voir son psy et son psychanalyste, etc. Mais tout simplement, c'est à cause de l'abondance des comportements négatifs. L'âme en souffre énormément. Chaque comportement mauvais, chaque pensée mauvaise, chaque sentiment mauvais.

C'est un coup de poignard dans le ventre ou dans le dos de l'âme, qui en reste sanglante. Elle en souffre énormément, car c'est contre nature. Et cette souffrance, elle l'émet. Et notre conscience perçoit, même un tant soit peu, cette souffrance, et c'est ce qui la attriste.

Il ne faut pas croire que la religion est une doctrine extérieure à laquelle on se doit d'adhérer. La Torah, qui n'est pas une religion, n'est autre que notre nature. C'est-à-dire que Dieu a gravé en nous une nature, de la même manière qu'il a insufflé en nous une âme. Et cette âme vient avec sa propre nature. Et quand on se comporte à l'encontre de sa nature,

eh bien, tu la détruis, tu la détériores et tu la fais souffrir. Et ces souffrances sont ressenties très profondément dans l'âme, et l'âme émet ces souffrances. Bien que tu aies construit un mur de béton entre ton âme et ta conscience, les cris, les hurlements et les souffrances sont tellement puissants que finalement tu en captes quelques-uns, et c'est ça qui te rend dans une tristesse constante.

Donc, au lieu d'aller chez le psy, il y a quelque chose de beaucoup plus simple: c'est de se comporter conformément à notre nature. Vous direz: comment je vais savoir quelle est ma nature ? Théoriquement, on pourrait y arriver tout seul, en faisant une introspection et en retrouvant notre nature, telle que l'a fait Abraham Avinou. À propos d'Abraham Avinou, il est dit que deux rabbins étaient assis dans ses reins et lui ont enseigné toute la Torah.

Évidemment, c'est une métaphore. Les reins ont pour rôle physiologique d'épurer le sang de toutes les saletés, de toutes les impuretés. Donc les reins, en parallèle, on va dire que les reins de ton âme ont eux aussi un discernement: des comportements qui sont adéquats à sa propre nature, et des comportements qui sont des saletés qu'elle doit repousser.

Donc théoriquement, on pourrait tous arriver à cela. Mais Dieu nous a fait un cadeau, une tova, une fleur, qui un beau jour de l'histoire s'est révélée à nous au mont Sinaï. C'est là qu'on a rencontré notre âme. On a rencontré notre âme, c'est-à-dire qu'on a dessiné quelle est la nature de notre âme, au lieu d'attendre d'arriver à la maturité de pouvoir retrouver notre propre nature.

Ceci a été ensuite écrit sur un rouleau de parchemin, ce que mon cher Benoît a fait. Toute la Torah, en fait, vient nous rappeler ce qu'on a oublié. Car, dit la Guemara, un bébé dans le ventre de sa mère, une bougie est allumée au-dessus de sa tête; il scrute le monde d'une extrémité à l'autre, et il étudie la Torah. C'est aussi une métaphore pour dire qu'en fait, le développement de…

…cet embryon qui devient finalement un bébé n'est pas seulement un développement maternel, charnel, corporel, mais aussi un développement de son âme qui se fait. Et dans cette âme est gravée la Torah. La Torah n'est qu'un dessin, une reproduction, une photo de ce qui est gravé d'abord dans notre nature. Je vais donner un exemple, on prend le même exemple.

Supposons qu'une femme qui travaille dans un laboratoire observe une fleur, et qu'elle rédige un cahier: toutes les lois de vie de cette fleur. Comment elle pousse, comment on l'arrose, qu'est-ce qui la détériore, comment elle se reproduit, etc., etc. Ce cahier, si elle a bien travaillé, s'appellera le livre des lois de vie de la fleur. En hébreu, Sefer Torat HaPerah, le livre de la Torah de la fleur.

Et où cette Torah se trouve-t-elle ? Dans le livre ou dans la fleur ? Où se trouve-t-elle d'abord et avant tout ? Elle est d'abord gravée dans la nature même de la fleur. Ce livre n'est qu'une copie, d'accord ? Un dévoilement, une reproduction de ce qui est gravé de manière vivante dans la fleur. De même, tu peux mettre un singe en observation, tu peux mettre un homme en observation.

Comment il grandit, comment il se développe, comment il vit en société, etc., etc. Ce livre s'appellera Sefer Torat HaAdam, le livre de la Torah de l'homme. Car évidemment, cette Torah est d'abord et avant tout gravée dans la nature vivante de l'homme. Il s'avère qu'un homme normal n'assassine pas. Quand il assassine, c'est contre nature: il se sent mal dans sa peau. Un homme normal ne vole pas.

Kitzor, Chabbat, mitsvot, et les Noa'hides. Et ces mitsvot noachides, c'est la Torah de l'humanité. De même, il y a Sefer Torat Israël, le livre de la Torah de l'être qui s'appelle Israël, qui est un être différent des humains, un sur-être, le peuple d'Israël. Eh bien, en lui il y a une richesse de vie bien plus sophistiquée, qui se dévoile de manière optimale par des comportements adéquats.

Ce ne sont pas des pensées adéquates, pas des sentiments adéquats à cette nature. Et toute déviation de cette nature ne fait que dégrader cette nature. Ne fait que causer du mal, des dégâts et de la souffrance à cette vitalité. Donc, chaque fois que tu enfreins une des lois de la Torah, en fait ce n'est pas que tu es désobéissant envers

euh… un gouverneur qui aurait des caprices, mais tout simplement, tu t'auto-suicides. Tu te tues à petit feu. Tu peux décider de te tirer une balle dans la tête et de te tuer totalement, ou bien tu peux décider de te tuer partiellement, en ne te comportant pas selon ta nature. Mechalleléa modiumat. Tout celui qui profane la Torah se tue lui-même.

Et les mitsvot, Asher Ya'aseh otam HaAdam vaHay bahem. Voilà donc les mitsvot que l'homme accomplira, et par l'intermédiaire desquelles il vivra. Les mitsvot ne sont autres que des robinets qui permettent à la vie de nous alimenter. La vie qui vient de la source de la vie, de la source de tout être, *HaKadosh Baroukh …

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