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Manger avec une intention : l'âme et la nourriture

Pourquoi manger n'est pas seulement un acte corporel, et quelles pensées doivent accompagner la table selon Orot Israël.

47 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Orgueil et tristesse : deux élans à redresser, 1 h 01

En bref

Le Rav Yossef Benshoushan explique que manger n'est pas seulement une activité du corps mais aussi de l'âme, et que la nourriture doit être accompagnée de pensées justes sous peine de nuire à l'âme comme au corps. Il rappelle que chaque repas suppose la mise à mort d'un être vivant, ce qui impose de s'interroger sur sa légitimité, et que celle-ci tient à son inscription dans une mission plus haute : la reconstruction d'Israël et de Jérusalem, d'où rayonne la morale divine. Il montre enfin comment la bénédiction de Birkat Hamazon et la réflexion, même tardive, pendant la digestion peuvent réparer un repas mal orienté.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Manger, activité du corps et de l'âme

Dalet, pisqa het. Allons-y. Yim mizdamen adavar. Vous êtes prêts ? C'est bon ? Perek yod-dalet, pisqa het. Yim mizdamen davar, shohel adam bimakhshava psoula ou nemoha. Roush av miyad, laha achila, liromem et makhshavto, vekochotav vitchouva me'ahava. Ari hou metaken et ha'avera. Kilou eta tchilat achila, beikavanat eora.

Alors, de quoi s'agit-il ? T'as compris ? De quoi s'agit-il ? Comment manger ? Parce qu'il s'avère que manger n'est pas seulement une activité corporelle,

mais aussi une activité de l'âme, spirituelle. On en a déjà parlé un petit peu avec le Rav. Le lehem, en hébreu, la nourriture essentielle, on le traduit par « pain », mais en fait c'est la nourriture essentielle. Vu que le pain est la nourriture essentielle, on dit lehem, pain. En fait, « pain » se dit lehem. Par exemple, en arabe, lahm est la viande, parce que chez les Arabes, probablement, la nourriture essentielle, c'est la viande. Le lehem, c'est la nourriture essentielle.

Mais là, je ne la connais pas. Donc la racine du mot lehem, c'est alchim, qui veut dire « soudé ». Soudé. Qu'est-ce qu'on soude ? C'est ce qui permet de souder, d'unir le corps à l'âme. Comme quand tu allumes une mèche avec du feu: si tu mets le feu directement sur la mèche, qu'est-ce que ça fait ? Ça la dévore et disparaît.

Ce qu'il faut faire pour que ça puisse tenir, c'est mettre de l'huile. Tu mets de l'huile sur la mèche, qui est un intermédiaire entre la mèche et la flamme, et c'est ce qui permet qu'ils restent ensemble. C'est clair ? Donc l'huile, c'est l'élément qui soude, qui unit la flamme à la mèche. De même, la nourriture, c'est ce qui permet d'unir l'âme, le nefesh, au corps.

## Quelles huiles pour quelles mèches

Toutes les huiles ne sont pas adéquates à toutes les mèches. Il y a certaines huiles qui ne permettent pas que la flamme ait une bonne emprise sur la mèche, et ça fait que, chhh, et finalement ça disparaît, ou ça dévore la mèche, etc. Comment dit-on « apte » en hébreu ? Kacher, kacher, kacher. C'est-à-dire que toutes les hilkhot kashrout viennent déterminer quels sont les éléments qui sont aptes

à unir cette mèche à cette flamme. La mèche israélienne est différente de la mèche des goyim, donc les huiles sont différentes. Un goy, qui a un corps différent, une âme différente, eh bien, ça y est, trot kashrout: elles sont très élémentaires. Il suffit que ce ne soit pas ever min ha-hai, un membre d'un animal vivant. Un juif, qui a une néchama, il y en a, mais une autre, très très grande, un corps spécial.

Eh bien, ça demande beaucoup plus de précision. Donc les hilkhot kashrout sont beaucoup plus ramifiées, beaucoup plus développées, beaucoup plus minutieuses. Tous les éléments ne sont pas adéquats. C'est-à-dire ? Le alchim. C'est la nourriture par excellence, la nourriture essentielle. Vu que le pain est la nourriture essentielle de l'homme, on dit lehem. C'est pour ça que je dis qu'en arabe, il y a la même racine; ce sont des langues proches l'une de l'autre. Ils appellent ça lahm, la viande.

Tout ça pour dire que quand je mange, ce n'est pas seulement une activité corporelle, c'est aussi une activité de l'âme. Ça nourrit l'âme. Donc il ne suffit pas seulement de manger une nourriture adéquate, encore faut-il savoir manger de manière adéquate, savoir y mettre des pensées adéquates. Sans quoi, tu rates un petit peu le coche.

## Manger avec une pensée juste

C'est de ça que ça traite. Sans quoi tu n'as pas atteint ton objectif, comme il le faut. Partiellement, tu as nourri ton âme et ton corps, mais ça, très souvent, ça crée aussi des dégâts. C'est de ça que traite le paragraphe. Im yizdamen, si, par hasard, il arrive que quelqu'un mange avec une pensée psoula: une pensée négative.

Ou nemoucha, basse. Tu manges pour te goinfrer. Tu te jettes sur la nourriture comme un goinfre. Ma'ash ab psoula. C'est-à-dire ? Après, il se rend compte que ce comportement n'était pas adéquat, donc il veut faire tshouva. C'est normal. Alors, quand tu manges, pourquoi tu manges ? Quelle est la légitimité de manger ? N'oublie pas que chaque fois que tu manges, c'est fondé sur un assassinat. Tu as assassiné une vache. Est-ce que c'est moral ?

Est-ce que c'était légitime ? Si tu as faim, si ton estomac creuse, est-ce que ça ne deviendrait pas l'idée de dévorer ton ami à côté ? Tu comprends ? Et la vache, qu'est-ce qui lui a fait du mal, cette pauvre vache ? Elle aussi, elle a envie de vivre. Les cannibales pensent que toi aussi tu es sur terre pour cela: tu es à Téhéran, bien enveloppé dans une marmite de riz, c'est succulent. C'est vite dit de dire qu'elle est sur terre pour cela. C'est nous qui l'avons décidé. Le but des fleurs

c'est d'être mangées ? Le but, je ne sais pas, moi, des nuages ? Il y a toutes sortes de créatures dans ce monde. Tout n'est pas là pour être mangé. Il y a une volonté divine qu'il y ait tant et tant de créatures, et tous ensemble composent l'harmonie de ce monde. Commençons par les choses les plus simples, d'abord. L'homme, au début de son histoire, était végétarien. Après, il est dégringolé, et Dieu lui a permis, entre guillemets, de dévorer des animaux.

## La hiérarchie des êtres et la nourriture

C'est-à-dire, n'étant pas capable. À vrai dire, l'homme aurait dû manger, c'est-à-dire se nourrir directement de la divinité, dans son abstraction la plus absolue: se nourrir de pensées, ethot. Il a dégringolé, il a commencé à manger des etsim, des arbres, c'est-à-dire des végétaux. Il a dégringolé davantage sur le plan moral, alors on lui a permis de manger des animaux.

Il y en a qui dégringolent encore plus et qui mangent des animaux. C'est-à-dire que plus tu es bas, moins tu es connecté à la source de la vie, qui est le divin, plus il te manque d'alimentation, donc tu es obligé, entre guillemets, d'aller voler la vie d'autres êtres. Donc, quand tu commences à dégringoler un petit peu, tu es sous-alimenté, disons, alors tu complètes ton alimentation avec des végétaux, dans lesquels il y a aussi une partie de divinité.

Et quand tu dégringoles encore plus, si tu es encore plus éloigné de la source de vie, tu es vraiment sous-alimenté, tu es obligé de compléter cela en volant la vie d'un être qui a davantage de divinité, qui est l'animal. Donc c'est un symptôme que tu es dégringolé, le fait qu'on t'ait permis de manger des animaux. D'ailleurs, la Torah dit cela de manière dédaigneuse. Normalement, la viande, on ne pourrait la manger que dans un korban.

Oui, mais chaque fois que tu as envie de manger un steak, tu vas monter à Jérusalem ? Supposons que tu habites à Eilat ou à Kiryat Shmona: tu vas faire quatre heures de …

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