Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le pain de tristesse et le manger avec élévation

Comment manger dans l'élévation, et ce qu'il advient de la nourriture mangée sans intention, selon Orot Israël.

51 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Tristesse, faute et âme blessée selon Orot Israël, 39 min

En bref

Le Rav Yossef Benshoushan explique la notion de chol, le profane, à partir de la Torah ; il montre que l'hébreu est la langue par laquelle le monde a été créé, et que les lettres sont les éléments fondamentaux de l'existence. Il présente ensuite la manière dont on peut transformer un acte corporel bas, comme manger, en acte élevé, en s'appuyant sur les enseignements du Rambam sur la nourriture et sur l'idée de sublimation. Enfin, il enseigne que la tristesse ressentie après une satisfaction animale signale une liberté de l'âme entravée, et que la techouva rétroactive permet de restaurer cette liberté et d'en retirer une joie véritable.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Pas ch'kouv kiman. Kishe osim eze davar bi'etiya shel chol, yim rak u chel eter. Techef, kishe mit'ohorim la shouv al ze, mit'alim kol hakochot, u mit'apachim la atzilut v'likdoucha. V'mit'zot ase, enozaz misham at shem ochalim lo. U bin yene eter.

Tachef, keshé olé berayyono olashouv, haré ou mitkadesh. Lepi'oula v'kol koha mitkadshim imo. Va'itzavon, abba mitor ta'anougechol, mitapech miyad le simcha shel mitsva. Ulishhelev simcha. Alors, donc, on commence. Lorsque l'on fait une chose avec une tendance de chol. K'on fait quelque chose avec une tendance.

Une stimulation profane, c'est comme ça qu'on traduit. J'ai pas trouvé un mot moins grave. Ouais, mais c'est très grave de dire profane. Profane, ça vient du mot profanation. Comme si tout leur rôle était une rébellion contre Dieu. Mais, malheureusement, on parle français, et le français baigne dans le christianisme, qui lui hait tout ce qui est matériel, donc il fait véhiculer ses pensées bizarres à travers ses mots. Mais on n'a pas de mots.

J'ai cherché partout, je n'ai pas trouvé une traduction pour le mot chol. Donc on se sert de ce mot « profane », bien qu'il ne soit pas tellement adéquat. D'ailleurs, toute la Torah ne peut pas être enseignée en français. La Torah a été faite pour être enseignée en hébreu, le Lachon HaKodesh. C'est la langue avec laquelle Dieu a créé le monde. C'est une langue qui décrit l'existence dans son essence. Que ça veut dire ? Si déjà on ouvre les parenthèses: le fait qu'en français ceci s'appelle table et ceci s'appelle chaise, c'est totalement fortuit.

Totalement hasardeux. Il n'y a pas un lien direct entre le mot table et cet objet. Pour qu'on puisse communiquer, de manière aléatoire, on a fixé que ceci s'appelle une table et ceci s'appelle une chaise, pour que, quand je te demande une table, tu m'apportes un tournevis. C'est clair ? Par contre, la Lachon HaKodesh, qui est la langue du Kodesh, c'est-à-dire de HaKadosh Baroukh Hou, c'est la langue avec laquelle il a créé le monde. Ça veut dire que les otiot de Lachon HaKodesh, les langues, les lettres, sont sacrées, sont les éléments fondamentaux de l'existence.

Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est-à-dire que, de la même manière qu'un savant observe un verre d'eau au microscope, il décèle que cette eau est composée de deux molécules, H multiplié par deux et O; plus profondément, l'eau est composée de Mem, Yod, Mem. Quand Mem fait véhiculer une lumière divine spécifique, Yod une autre, même Sophie une autre, la composition des trois lumières fait apparaître l'eau dans le monde.

D'ailleurs, quand, au début de la création, vous remarquez que Dieu a demandé à Adam HaRishon, le premier homme, de donner des noms aux créatures, et c'est ainsi que tous les animaux sont passés devant lui, il les a nommés. Ce qui est assez surprenant, c'est qu'il reçoit une confirmation de Dieu: Ken chemo, ainsi est son nom. C'est bizarre, parce que si la langue était conventionnelle, évidemment, il peut dire ce qu'il veut, c'est bon. Et cela vient nous apprendre qu'en fait, quand Adam HaRishon, qui était un prophète bien plus grand, même, que Moshe Rabbeinu, parce qu'il est l'œuvre des mains de Dieu, a observé cet animal qui faisait « ouah », il a bien scruté son regard.

Il a compris que cet animal était composé d'Aleph, Resh, Yod, Hé: Aryé. Donc, la Lachon HaKodesh et les otiot HaKodesh sont les atomes de l'existence. C'est clair ? Et chaque lettre fait véhiculer une lumière divine. Quand on parle de la vraie Torah, on fait véhiculer dans l'existence de la lumière divine. Et c'est ça, essentiellement, qui a une effectivité bonificatrice sur notre personnalité, aussi les pensées, et d'abord avant tout les lettres.

Donc, la Torah, ça s'apprend en Lachon HaKodesh, quand il n'y a pas le choix. Parce qu'on débarque de l'exil, entre-temps on se casse la mâchoire à parler en français, on essaie de traduire tant bien que mal, mais très souvent plus mal que bien, parce qu'il n'y a pas de mots. Ce ne sont pas des thèmes qui sont abordés par les autres nations. Donc on essaie plus ou moins des choses qui ressemblent, pas trop loin. Donc, fermons la parenthèse.

Kesh'osim davar bi'etiya shel chol. On lit le paragraphe. Péréchit ou dalet, pis kahé. Donc on fait quelque chose avec une motivation de chol, que ce soit shel gufaniyout ou behemiyout. Ça veut dire d'une démarche corporelle ou, pire encore, d'une démarche animale, bestiale. Une tendance, une motivation.

Imra, à condition que ce soit quelque chose de permis. On ne parle pas de avéra. Qu'est-ce que ça veut dire, par exemple, quelque chose avec une tendance corporelle ? Manger pour être en bonne santé. C'est corporel. Ce n'est pas très haut, mais ce n'est pas péché, comme on dit. Ou bien behémout, bestialité. Ça veut dire: par une envie très, très forte, je fais cette action corporelle.

Pas pour ma bonne santé, tout simplement pour m'assouvir, pour assouvir mes satisfactions corporelles, pour assouvir mes envies. Quelque chose qui est encore permis. Il n'est pas interdit de manger un repas extraordinaire qui me procure un plaisir intense. Ça ne vole pas très haut, mais c'est encore permis, c'est dans le domaine du permis. En pleine semaine, tu vas au resto, tu t'éclates, un super gueuleton. C'est pas péché, comme on dit en France.

Mais ce n'est pas pour autant un grand idéal. De manière générale, manger de la viande, ce n'est pas un grand idéal. La Torah le dit avec des nuances: Ki tit'avé nafchekha lé'hokhol bassar. A priori, la viande, on ne devrait la manger que dans les korbanot. Mais le bonhomme, il habite, je ne sais pas, à Eilat, ou bien à Kiryat Shmona. Chaque fois qu'il a envie de manger de la viande, il doit monter à Jérusalem, il ne mangera jamais de viande. Donc: Ki tit'avé nafchekha, quand tu auras envie de manger de la viande.

On entend une connotation péjorative, pour bien te faire comprendre que ce n'est pas un idéal, et si tu peux t'en passer, ça serait pas mal. Parce que ce n'est pas tout: d'abord, c'est pour l'élever vers Dieu. Tu ne fais pas ça dans une intention de te goinfrer. Ça, c'est la différence. Top. Donc, retournons au sujet. De quoi s'agit-il ? Quelqu'un qui a fait une action corporelle, qui a satisfait ses besoins corporels, que ce soit pour

son équilibre, de santé, ou que ce soit pire, par une tendance bestiale et animale, mais encore dans le domaine du permis. Non, pas totalement différents: ce sont des différences quantitatives, mais c'est les deux dans le chol. Ce n'est pas encore dans la Touma, c'est dans le chol. Le chol, c'est tréfa, c'est manger du porc, c'est manger une bonne glace halavi après un steak de viande. Ça, c'est Touma.

Manger un steak, stam. Ça dépend si tu manges du steak parce que ton médecin te dit qu'il faut que tu aies un petit peu de fer, tu as besoin de manger …

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

L'âme collective d'Israël. Ce qui fait la singularité du peuple juif à travers les sources de la pensée du Rav Kook.

  1. 9
    Les tsadikim clairvoyants et les écrans de la lumière
    Pourquoi certains voient le monde comme essentiellement bon, et comment le mal sert de filtre à la lumière divine.
    1 h 22
  2. 10
    L'amour d'Israël selon la Kabbale : la divinité dans le peuple
    Pourquoi aimer le peuple juif tient à la présence divine en lui, et non à un sentiment de groupe.
    38 min
  3. 11
    L'âme, le corps et le risque de s'envoler
    Pourquoi une élévation de l'âme trop haute laisse le corps et les midot à l'abandon, et comment la techouva remet les choses en ordre.
    50 min
  4. 12
    La techouva de la pensée, avant même l'acte accompli
    Pourquoi les remords et la résolution comptent déjà, même quand la réparation reste à faire.
    45 min
  5. 13
    Le pain de tristesse et le manger avec élévation
    Comment manger dans l'élévation, et ce qu'il advient de la nourriture mangée sans intention, selon Orot Israël.
    En cours de lecture
  6. 14
    Tristesse, faute et âme blessée selon Orot Israël
    Pourquoi la tristesse surgit sans cause apparente, et comment la techouva soigne l'âme d'abord par le corps.
    39 min
  7. 15
    La Gueoula et la nature de l'âme d'Israël
    Pourquoi la tristesse vient de ce qui va contre notre nature, et comment la Torah la rétablit.
    49 min
  8. 16
    Manger avec une intention : l'âme et la nourriture
    Pourquoi manger n'est pas seulement un acte corporel, et quelles pensées doivent accompagner la table selon Orot Israël.
    47 min
  9. 17
    Orgueil et tristesse : deux élans à redresser
    Pourquoi la tristesse n'a rien de bon, et comment l'orgueil bien orienté devient une mission envers les nations.
    1 h 01
  10. 18
    Anan HaTorah et Anan HaGueoula : le nuage qui voile la lumière
    Pourquoi Dieu se cache derrière un nuage pour se révéler, et comment ce voile prépare la rédemption d'Israël.
    1 h 09

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav