Ne pas s'enfermer dans ses habitudes
Rav Benshoushan montre comment l'habitude devient une servitude, et pourquoi il faut garder l'essence plutôt que la forme.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : La chute d'un idéal et sa remontée, 1 h 02
En bref
Le Rav Yossef Benshoushan explique que la techouva suppose une souplesse intérieure : savoir lâcher ses habitudes, ses conceptions et même ses comportements dès qu'ils deviennent un obstacle à la progression. Il montre que l'attachement aveugle à la forme (l'habitude, la routine, l'entêtement) est une forme d'enfermement contraire à la liberté que Hachem attend de l'homme. Il illustre ce propos par l'épisode d'Avraham Avinou prêt à obéir à l'ordre du sacrifice d'Its'hak, et par les exemples de Yom Kippour où la mitsva consiste parfois à manger pour préserver la santé.
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Bon, on est au Pérek Tet, Piskalef. On a dit d'yaka …
Il y a une maladie qui provient d'une douleur, et d'une douleur difficile, qui ne permet pas d'éliminer la techouva, d'éliminer avec une douleur difficile. Car la techouva est liée à une liberté originelle véritable, qui est la liberté de l'Éternel, qui n'a pas de douleur. Je vais reprendre. La douleur. C'est la douleur. Très bien. Très bien. De soutenir toujours.
Dans une certaine conception, c'est-à-dire s'agripper à une conception et essayer de s'attacher avec des cordes épaisses qui finalement deviennent une habitude, un milagre, que ce soit au niveau des actions ou des pensées, est une maladie qui provient du fait qu'on se laisse embourber dans une servitude difficile qui ne permet pas.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Il y a pas mal de gens qui ont tendance à s'agripper à des comportements, à des manières de penser.
Et ils ne sont pas prêts à y renoncer. Quand tu leur dis: « Pourquoi tu fais ça ? », ils répondent: « J'ai l'habitude. » Et alors, tu as l'habitude. L'habitude, c'est bien. Ça te sert. Ça peut être un bon outil. Mais si c'est une entrave, tu la balances, sans aucun sentiment. Rien ne doit être fixe. Tout doit être remis en question à tout instant. Tout peut être réanalysé à tout instant. Et ne jamais se dire: « Voilà. »
C'est comme ça que j'ai l'habitude de comprendre: c'est comme ça, telle est ma conception, tel est mon comportement, telles sont mes habitudes, je jette l'encre et je ne bouge plus. Ça, c'est la pire des choses qui puisse arriver. Tu deviens un esclave, tu te graves, tu te dessines toi-même des limites et tu ne peux plus en sortir. Ça peut être dans les choses les plus banales, les plus bêtes, et dans les choses les plus profondes et complexes de la vie. C'est un exemple.
Une fois, j'ai vu dans une foire une petite bête qui est capable de sauter, je ne sais pas, un mètre et demi. Elle est toute petite, mais elle a la possibilité de sauter très haut. On la rentre dans un bocal avec un bouchon, comme ça. Elle saute, elle se prend le bouchon dans la tête, elle fait mal, elle ressaute, elle ressaute, trois, quatre coups, elle reçoit le bouchon dans la tête. Finalement, elle apprend à sauter à 30 cm. Elle continue, elle saute 30 cm. Après quelque temps, tu ouvres le bouchon, et elle continue de sauter à 30 cm.
Elle est emprisonnée dans ses habitudes. Qu'est-ce que ça va nous imager, ça ? Très souvent, on a pris une certaine routine dans notre vie. On s'y fait. Et après, on ne veut plus s'en sortir, pour des choses les plus idiotes, même. Je ne sais pas, disons, supposons que quelqu'un a l'habitude, tous les matins, de se lever à 7 heures, de faire cette file, prendre son petit-déjeuner, etc., s'organiser. Il n'est pas encore opérationnel avant 8 h 30. C'est top. Un bon jour, on lui dit: « Voilà,
on a un super boulot à te proposer à Tel-Aviv. Il faut être à Tel-Aviv à huit heures. » Impossible. Aucune chance. « J'y arriverai jamais. Ça fait vingt ans que je commence le travail à Jérusalem à huit heures et demie. Impossible d'arriver à huit heures à Tel-Aviv. » Et à cause de ça, il gâche toute sa vie. À vrai dire, c'est tellement, tellement idiot, tellement… Il suffit de mettre le réveil une heure avant et tout est décalé. Il ne peut pas. Ce n'est pas un problème
technique, c'est un problème psychologique. Il est…
Emprisonné dans son habitude, et à cause de ça, il gâche toute sa vie. Ça, ce sont de petites choses toutes idiotes. Mais très souvent, dans des choses plus complexes. Par exemple, dans la vie de couple, les choses sautent, « sur des bombes atomiques », entre le couple, pour des idioties sans nom, parce que celui-là a l'habitude de faire comme ça, et celle-ci a l'habitude de faire comme ci, et ils ne sont pas prêts à renoncer, parce que ça fait déjà 30 ans qu'ils ont cette habitude toute idiote, de fait.
Le plus banal qui puisse être dans la vie. Et à cause de ça, tout saute en l'air, par manque de possibilités de se délivrer de ses habitudes. Il faut savoir que rien n'est figé. Tout est réanalysable. Tout est changeable. Tous mes comportements, toutes mes habitudes, tous mes traits de caractère: je n'en suis pas esclave, mais eux sont mes outils. Et à partir du moment où ils ne me servent pas à progresser dans la vie, je les jette à la poubelle.
Sans aucun sentiment. Aucun problème. Il faut être prêt à se transformer d'une extrémité à l'autre, sans aucun problème. Comme il est marqué dans le Zohar HaKadosh: Tzadikim, Moukhanim, les Midbar Garmayoum, Béginikra, Dékoucha, Béréchou. Les véritables tsadikim, quelle est la définition d'un tsadik ? C'est ceux qui sont capables de casser leurs ossements, c'est-à-dire leurs…
Entité la plus profonde, récence la plus profonde pour le Kavod HaKadosh Baroukh. Prenons l'exemple d'Avraham Avinou, par exemple, qui lui s'était adonné pendant très longtemps à éduquer l'humanité, pour qu'ils n'aient pas besoin d'égorger leurs enfants pour servir Dieu. Parce que c'était l'usage à l'époque. C'était la moloch. Pour bien prouver leur amour envers Dieu, ils étaient prêts à sacrifier leurs enfants, à les égorger, etc.
Donc, il leur a expliqué que c'était une idiotie, que Dieu n'est pas un sadique qui a envie de boire du sang d'enfant, etc. Bon. Après quelque temps, Dieu lui dit: « Maintenant, tu prends ton fils, tu l'égorges. » Et « je vais être la risée de tous, ce n'est pas une question. » Il est prêt à se transformer à 180 degrés. Et une fois qu'il est convaincu, il y va, avec allégresse même, il s'apprête à égorger son fils. Et il lui est dit: « Al tichla'h yadekha, ne lance pas ton bras, ta main. »
Sur ce jeu-là. Donc, je fais quand même une petite égratignure pour continuer à exprimer mon âme et ma graisse d'amour, de fidélité à Dieu ? Rien du tout. Même pas une petite égratignure. Pas de problème. Hop. 180 degrés. Cette capacité d'être élastique, de ne pas être buté et, comme du béton, de ne pas bouger.
Tout doit être maniable, tout doit être changeable à tout instant. Chaque fois que tu comprends une vérité plus grande, sans aucun problème, tu lâches la vérité précédente et tu ne t'y agrippes pas. Et ça, c'est la formule de réussite dans la vie. Celui qui n'a pas cette capacité dans sa personnalité est coincé dans tous les domaines de sa vie. Et donc, la techouva, qui par définition même, [10:14] est une progression constante, consiste à permettre à ce flux divin de nous traverser et de nous faire grandir, et il se bloque si tu n'as pas cette capacité élastique. C'est clair ? Regardez dans les mots. Akshanout, c'est l'entêtement. …
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