Vayakel Pekoudé : la générosité qui doit suivre la Torah
Pourquoi l'élan de nédivout du peuple doit être guidé par l'ordre divin, selon Harlap et le Sfat Emet.
Rav Yossef Attoun
Ensuite : Vayikra : l'appel de Hachem à Moché et le petit aleph, 40 min
En bref
Le Rav Yossef Attoun commente la paracha Vayakel Pekoudé, qui achève le livre de Chemot avec la construction du Mishkan, le tabernacle du désert. Il montre que l'élan de générosité du peuple, la nédivout, est indispensable, mais qu'il doit rester dans la mesure fixée par l'ordre divin, comme le montre l'épisode où les sages demandent à Moché d'arrêter les dons qui dépassent les besoins. Il éclaire ce passage par le Rav Harlap, le Sfat Emet et le Ramban, puis rattache la prière à l'écoute de la Torah.
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## Fin du livre de Chemot et les parachiot du Mishkan
Nous arrivons à la fin du livre de Chemot. On se rappelle que le livre de Chemot est divisé en trois parties. À partir de la sortie d'Égypte et la naissance du peuple juif, Am Yisraël, ce sont les quatre premières parachiot du livre. Ensuite, nous avons les deux parachiot de Yitro et Mishpatim, qui nous donnent la carte d'identité de ce peuple qui vient de naître, c'est-à-dire la Torah, et les préceptes qui en découlent.
Nous sommes maintenant dans la troisième et dernière partie du livre. Il y a un peuple particulier, chargé d'une mission particulière, qui est la réalisation du projet du Créateur et de la Torah. Il s'avère, comme on l'a expliqué précédemment, qu'il faut un lieu de révélation, un lieu de réalisation particulier de cette Torah par ce peuple. C'est la construction du Mishkan, du tabernacle, du lieu de résidence. Ce lieu, ce Makom particulier, fait que HaMakom Baroukh Hou, qui désigne l'Éternel, pourra se révéler dans un Makom réel, bien réel, qui pour l'instant est un Makom provisoire, comme on l'a vu, et démontable, comme l'est le Mishkan, le tabernacle du désert.
Avec les quarante-deux, qui sont quarante-neuf stations, dans lesquelles le tabernacle a été monté et démonté avant d'entrer sous la conduite de Josué en terre de Canaan, d'Israël, après la mort de Moshé. Voilà un petit peu ce que nous avons appris jusqu'à présent. Aujourd'hui, nous sommes dans les deux dernières parachiot. Je vous rappelle que les parachiot du Mishkan, du tabernacle, sont au nombre de cinq: deux avant, deux après, une au milieu. Les deux avant sont les parachiot de Trouma et Tetzavé, qui nous donnent le Tzivoui, l'ordre que HaKadosh Baroukh Hou donne aux enfants d'Israël de réaliser un Mishkan, un lieu de résidence, et également les vêtements du Kohen Gadol. Et puis deux à la fin, Vayakel et Pekoudé, qui sont le récit de la réalisation elle-même, non plus seulement l'ordre de réaliser, mais la réalisation elle-même. Entre les deux, la catastrophe de la paracha de Ki Tissa avec la faute du veau d'or.
Mais ce n'est pas notre propos. Nous sommes aujourd'hui dans la paracha de Vayakel Pekoudé, qui, cette année, sont reliées toutes les deux. Nous lisons les deux parachiot de Vayakel et de Pekoudé, qui correspondent presque terme à terme à l'ordre de la paracha de Trouma Tetzavé. Je voudrais dire encore un mot ou deux d'introduction.
Sur cette notion que nous rencontrons déjà depuis la paracha de Trouma, mais plus encore dans notre paracha de Vayakel Pekoudé, et que l'on appelle en hébreu la notion de Nedivout. Nedivout, traduisez si vous voulez par générosité, je ne sais pas, il y a un autre mot en français. Nadiv, c'est quelqu'un qui fait des bienfaits, des bonnes choses autour de lui. Avant de rentrer dans la Nedivout des enfants d'Israël, je voudrais tout de suite profiter de l'occasion pour remercier tous ceux qui m'ont, par téléphone et aussi par internet, il faut bien le dire, souhaité un prompt rétablissement, comme vous savez, comme vous voyez. Dieu merci, ça ne marche pas encore très très bien, mais ça va marcher, avec l'aide de Dieu. En tout cas, on est débarrassés du plâtre qui nous encombrait. C'est la main droite, c'est la main de la Nedivout, donc on va maintenant pouvoir donner certainement encore beaucoup plus.
Ce qui est sûr, c'est qu'il y a eu une alarme. Bon, il n'y a rien de grave, j'espère. On continue le cours, c'est la meilleure façon de réagir aux alarmes. Voilà, ça c'est terminé. C'est pour se mettre dans l'ambiance, hein, de la construction du Mishkan. Le Mishkan est donc créé sur un fond de bonne volonté, de Nedivout, de bienfaisance, de générosité, comme on dit en français. Un grand, un immense élan de générosité va traverser le peuple d'Israël. C'est ce qu'on voit à travers toutes ces parachiot, par exemple dans le verset qui nous dit: tu prendras de tout homme dont le cœur est mu par un élan de générosité, vous prendrez mon prélèvement, et toutes les éléments qui vont servir à la construction du Mishkan.
Et effectivement, nous dit la Guemara de Yevamot, il y a dans ce peuple d'Israël trois midot, trois vertus caractéristiques. Il y a beaucoup d'autres vertus, mais il y en a trois caractéristiques: Rahamanim, Baïshanim, Gomlé Chassadim. Le peuple d'Israël est un peuple qui, par la vertu des pères, des ancêtres, se caractérise, a priori, de façon naturelle, par une attitude de Rahamim, de miséricorde, c'est-à-dire le contraire de la cruauté. Et puis Baïshanim, c'est-à-dire une réserve, une pudeur personnelle, c'est-à-dire le contraire de la gaava, de l'orgueil. Et puis Gomlé Chassadim, une générosité naturelle, qui est le contraire de l'égoïsme.
Et donc, à tel point que la Guemara nous dira que si tu trouves quelqu'un qui n'est pas doué de ces trois vertus de façon naturelle, eh bien, vérifie un petit peu quels sont ses antécédents, parce que peut-être il ne fait pas partie de cette nation. En tout cas, quoi qu'il en soit, le Mishkan, le tabernacle, est le reflet de cet élan de générosité.
Au point que, et c'est le sujet qui va nous occuper aujourd'hui, après que j'aurai fait encore un mot d'introduction, on va trouver dans la paracha de Vayakel qu'ils ont été tellement animés d'un élan de générosité que, quelqu'un se rappelle ce qui se passe dans la paracha ? Eh bien, on va assister à cet événement tout à fait curieux: les sages du peuple vont venir chez Moshé. Ils lui diront: écoute, fais quelque chose, le peuple n'arrête pas d'amener. On verra ça dans le texte tout de suite,
mais ils en amènent trop. Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Et immédiatement on va se demander, à travers les commentateurs, mais qu'est-ce que ça peut faire ? D'ailleurs, qu'est-ce que ça peut faire, trop ? Qu'ils amènent, au contraire, plus il y en a, mieux ça vaut. Non, on va voir qu'il y a ici un problème, au point que, dans le verset suivant, Moïse va dire, encore une fois on va voir ça dans le texte, mais j'annonce déjà que Moïse va dire:
Il a fait passer le message dans tout le campement: cessez d'amener, il faut surtout ne plus continuer d'apporter de l'or, de l'argent, des étoffes, des pierres précieuses, etc. Cela suffit. Alors on devra se demander qu'est-ce qui se passe. Mais je voudrais encore dire un mot d'introduction, puisque le Mishkan, le tabernacle du désert, est, comme nous le savons, l'ancêtre du Beit Hamikdash, du Temple de Jérusalem. Et cette dimension de grande et profonde générosité, bien entendu, on va la retrouver lors de la construction du Temple.
Est-ce que vous avez déjà entendu cette merveilleuse histoire, que je ne risque pas de vous raconter ? Comment est-ce que David a su où était l'endroit du Temple ? Rien ne désignait particulièrement cette petite colline qui nous est si âprement disputée aujourd'hui, cette petite colline qui s'appelle Har Abayt, le mont du Temple. Lorsque David va vouloir prendre l'initiative, poser les fondations de cet endroit …
Cours d'Orot veKelim
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