Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

La musique, résidu de la prophétie et étincelles des nations

Rabbi Nahman enseigne qu'on peut écouter toute musique, et qu'étudier le Talmud la nuit permet d'en relever les étincelles.

46 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Miséricorde et rigueur : l'unité des contraires, 47 min

En bref

Le Rav Oury Cherki commente la troisième Torah de Rabbi Nachman de Brastlav, à partir de l'histoire de Rabba Bar Bar Hana et de la grenouille géante, dont il éclaire le sens à la lumière du commentaire du Rachbam et du Talmud. Il montre que, pour Rabbi Nachman, la musique est un reste de la prophétie, qu'elle vient de la source des prophètes, et qu'elle peut élever comme détruire selon celui qui la produit. Il explique enfin que l'étude nocturne de la Guemara, temps de l'exil, permet de s'enraciner dans l'identité d'Israël et d'entendre toute musique sans en être happé.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, on va continuer. Aujourd'hui nous allons étudier la troisième Torah de Rabbi Nahman de Breslev. C'est comme ça qu'elle s'appelle: les chapitres s'appellent les Porot. Et là encore, c'est une belle histoire, une des histoires fantastiques de Rabbah Bar Bar Hana. Dès le départ, on voit qu'il y a un problème d'orthographe: Bar Bar Hana s'écrit avec un hé à la fin du mot Hana. Ce n'est pas avec un Aleph, mais enfin, ce n'est pas grave.

C'est une très belle histoire. Les Didi Khazili Akruqta, « à moi est apparue cette grenouille ». Akruqta veut dire une grenouille. Dehava ki Akra Dehagronia, qui était grande comme le lieu appelé Akra Dehagronia. Dehakra Dehagronia kamahave: et quelle est la dimension d'Akra Dehagronia ? Chitinbate, soixante maisons. C'est-à-dire que la grenouille est grande comme Akra et Agronia, qui est grand comme soixante maisons. Ata Tanina Bal'a: est arrivé un serpent qui l'a englouti. C'est donc un serpent énorme.

Ata Pouchkansa ou Bal'a les Tanina: est arrivé un corbeau femelle. Pouchkansa, ça veut dire un corbeau femelle, je ne veux pas dire une corbeille. Ouvala'a l'Etanina: il a englouti le serpent. Mais sa dikiatif b'ilana: il s'est envolé pour s'installer sur un arbre, tenant en son bec un fromage. Ah non, ça, ça vient d'ailleurs. Ta hazeh kaman afishhele d'ilana: viens voir comment… À quelle hauteur est grande la force de l'arbre ? C'est-à-dire que si un arbre peut contenir tout ça, c'est que l'arbre est très fort. C'est ça, l'histoire.

Il y a également, dans le texte originel, le commentaire du Rachbam. Je ne comprends pas pourquoi il n'a pas été reproduit. Le commentaire du Rachbam est important, je vous le lis. C'est très court. Le Rachbam dit Akroukta: c'est Fardéa. Bon, ça, on l'avait déjà vu. Akukta veut dire une grenouille. Akra de Agronia…

Le Rachbam dit: Gadolayak et Otokrach, c'est-à-dire que la grenouille était grande comme cette ville. Ve Akra de Agronia kamahave shitin bate: et Akra de Agronia est grande comme soixante maisons. Il y a là une petite remarque du Rachbam, qui a l'air insignifiante, mais qui, pour Rabbi Nahman, va être importante. Il dit: Talmouda ka amarla, c'est le Talmud qui le dit. Ce n'est pas Rabbah Bar Bar Hana qui dit qu'Akra et Agronia est grande comme soixante maisons, c'est le Talmud qui le dit.

Talmouda ka amarla. A Tanina est arrivé un serpent: là, il dit Rabba ka amarla, c'est Rabba qui le dit. Pouchkansa orev nekeva: Pouchkansa veut dire un corbeau féminin, un corbeau femelle.

Maintenant, on peut revenir au texte, après avoir vu ces remarques du Rachbam. Elles ont l'air tout à fait insignifiantes, mais on va voir qu'il y a une manière très particulière, chez Rabbi Nahman, de lire ces remarques.

De quoi s'agit-il ? Il s'agit, on va le voir, c'est assez surprenant, de musique. Vous allez me dire: la musique, c'est important, mais il n'y a pas que ça dans la vie. Mais pour Rabbi Nahman, la musique est l'expression de quelque chose de très fort, qui a disparu d'Israël depuis que la Shekhina nous a quittés, depuis que la culture prophétique a disparu.

Alors, qu'est-ce que la musique ? Eh bien, la musique est un résidu. Je parle ici de ce qu'elle était à l'origine: la musique est un résidu de la prophétie. Et donc, si la préoccupation de Rabbi Nahman, c'est la disparition de l'importance d'Israël, comme on l'a vu dans la première Torah, et que la Shekhina ne réside plus, du moins plus de manière manifeste, en Israël, il y a une conséquence au niveau de la musique. On va y arriver.

Iné, mi shechomea, ni guina, mi menagen racha. Kachelo la avoda tabore: celui qui entend une musique d'un musicien méchant, cela lui cause des difficultés dans le service du Créateur. Et quand on entend un musicien digne et bon, cela est bon pour lui, comme nous allons l'expliquer tout à l'heure.

Cette histoire de menagen… On raconte dans la Guemara, dans le traité de Hagiga, à propos d'Elisha ben Abouya. Elisha ben Abouya est un des grands traumatismes des rabbins de l'époque des Tannaïm, puisque c'était un des grands maîtres de la tradition. Il était l'ami de Rabbi Akiva, et il est devenu hérétique. Il a participé, il a collaboré avec les ennemis d'Israël. C'est toute une histoire absolument terrible.

La Guemara, à plusieurs endroits, se demande comment cela lui est arrivé. Une des choses que dit la Guemara à son propos, c'est que le chant grec ne cessait pas de sortir de sa bouche. Maintenant, est-ce que le chant grec est quelque chose de mauvais ? Non. On peut aimer la musique grecque, le bouzouki et tout le reste. Seulement, le problème, c'est que cela faisait partie intégrante de son être. Le fait qu'il ne pouvait pas s'en empêcher veut dire qu'il était happé par une atmosphère culturelle étrangère au judaïsme.

C'est un peu ce que dit ici Rabbi Nahman: quand on entend la musique d'un musicien qui n'est pas casher, cela fait du mal. Est-ce une fatalité ? C'est ce que nous allons voir. En tout cas, cela veut dire que la musique n'est pas une chose indifférente.

Vous savez qu'il y a aujourd'hui tout un débat autour de la musique de Wagner. Vous savez que, jusqu'à ce jour, la Philharmonie israélienne ne joue pas les œuvres de Wagner. Il y a tout un débat, et il y a une superficialité absolument incroyable autour de ce débat. Souvent, j'entends dire dans les médias: c'est vrai qu'on pourrait écouter Wagner, mais il faut tenir compte de la sensibilité des rescapés de la Shoah. Comme si c'était un problème de sensibilité. Quand on dit une chose pareille, c'est qu'on ne comprend rien à la musique. La musique n'est pas un élément indifférent de l'être. La musique fait partie de l'expression de la neshama.

Or, Wagner, c'était un salaud, un antisémite de la pire espèce. On pourrait dire: oui, mais sa musique n'a rien à voir. Mais ce n'est pas vrai. Sa musique, justement, était l'expression la plus pure, si on peut dire, et la plus impure, si on peut dire, de son être intérieur. Et donc, ne pas faire jouer Wagner, ce n'est pas parce qu'on tient compte de quelques personnes sensibles qui, si elles n'étaient pas là, on pourrait enfin écouter Wagner. Ce n'est pas du tout ça. Il y a une musique qui est impure en soi.

Dans l'entourage du Rav Kook, il y avait un rabbin du nom de… le Rav Mordechai Froum. Le Rav Mordechai Froum, pardon, était le gendre du gendre du Rav Kook. Il était d'origine hassidique et aimait beaucoup la musique, en particulier le jazz. C'était un rabbin de très haut niveau, mais il aimait bien le jazz. Et un jour, on lui a…

— Excusez-moi.

— Oui.

— Le terme qui est utilisé dans le texte, on est d'accord que ce n'est pas « grec » ni « impur » ? Ces termes ne sont pas substituables. On est d'accord que …

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

Série approfondie : 24+ cours. Prière, souffle de l'âme, Torah révélée et cachée, rôle du Tsaddik, joie selon Rabbi Nahman.

  1. 2
    Torah descendante, prière montante dans le Likouté Moharan
    Comment Rabbi Nahman de Breslev relie la Torah reçue d'en haut à l'élévation de la prière.
    44 min
  2. 3
    La grâce et la royauté dans la Torah Aleph
    Le khen, le tav et le bon et mauvais penchant : comment la Torah transforme la demande en grâce.
    46 min
  3. 4
    La prière, arme du Machia'h selon Likouté Moharan
    Le Rabbi de Breslev relie la prière, la justice et la charité à travers une chaîne d'images, du verset des kohanim au Zohar.
    46 min
  4. 5
    Le poisson de Rabba Bar Bar Hana selon Rabbi Nahman
    Le bateau, la bonté divine et la Shekhina cachée pendant l'exil selon le Likouté Moharan.
    42 min
  5. 6
    La musique, résidu de la prophétie et étincelles des nations
    Rabbi Nahman enseigne qu'on peut écouter toute musique, et qu'étudier le Talmud la nuit permet d'en relever les étincelles.
    En cours de lecture
  6. 7
    Miséricorde et rigueur : l'unité des contraires
    Comment le verset « Je suis l'Éternel ton Dieu » réunit Midat Harahamim et Midat Hadin, selon Rabbi Nahman.
    47 min
  7. 8
    Le sage, le pécheur et la rencontre qui délivre
    Comment la confession devant un sage fait remonter l'étincelle de sainteté, selon le Rabbi de Breslev.
    46 min
  8. 9
    L'humilité et la techouva selon Rabbi Nahman
    Le passage de la parole du tsadik à l'infini : comment la grandeur de Dieu renvoie à sa volonté infinie.
    39 min
  9. 10
    Le ratso vachov et la torche du tsadik selon Rabbi Nahman
    Comment la rencontre du tsadik et l'aveu de ses fautes ouvrent la voie de l'élévation, à partir de l'histoire du poisson de Rabbah.
    44 min
  10. 11
    Le monde créé pour moi : la joie de la mitsva
    Rabbi Nahman enseigne que chacun est le centre du monde et que la joie des mitsvot révèle où en est le verdict.
    45 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav