La prière, arme du Machia'h selon Likouté Moharan
Le Rabbi de Breslev relie la prière, la justice et la charité à travers une chaîne d'images, du verset des kohanim au Zohar.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le poisson de Rabba Bar Bar Hana selon Rabbi Nahman, 42 min
En bref
Le Rav Oury Cherki commente le début de la Torah Beit du Likouté Moharan de Rabbi Nachman de Breslev, consacrée à la prière. Il explique que la prière est présentée comme l'arme essentielle du Machia'h, comparée à une narine, et que son efficacité suppose la maîtrise des passions, la justice et la tsedaka. Il montre aussi comment la Torah alimente la prière et relie chacun aux prières de la génération, par l'intermédiaire du juste de la génération.
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Shalom à tout le monde, Shalom Aleikhem. Bon, Hadadar, qui ne fait que s'amplifier. Eh bien, puisque c'est comme ça, ça va, on en profite. Je voulais en profiter pour remercier tous ceux qui ont participé à la campagne du Rav et au Shalom. Vous avez participé, effectivement. Orot veKelim a fait participer beaucoup de monde et je suis très reconnaissant. Amen. Voilà qu'à votre. Bon.
Puisque c'est comme ça, le mieux c'est de s'y mettre, non ? On y va. Alors, on est en plein Likouté Moharan, je crois, n'est-ce pas ? Oui. Vous avez ici le texte de la deuxième Torah. C'est une Torah bête. Vous vous rappelez que les chapitres du Likouté Moharan sont appelés Torot, au singulier Torah.
Nous sommes donc dans la Torah bête, qui en principe suit l'ordre des enseignements extraordinaires et merveilleux de Rabbi Nahman de Breslev. Ce sont des contes fantastiques. Mais dans notre cas précis, le texte de Rabbi Nahman, avec son histoire merveilleuse, ne viendra que vers la fin.
Le texte nous parle, en principe, de la tefila. C'est le grand enseignement de Rabbi Nahman sur la prière: d'où vient la prière, que signifie-t-elle, quelle est sa puissance, comment fonctionne-t-elle. Il y a ici tout un enchaînement d'idées les unes après les autres. Il faut tenir le coup, c'est-à-dire comprendre vraiment comment une idée est liée à une autre. Surtout, dans le langage de Rabbi Nahman, il y a beaucoup de styles associatifs: tel mot veut dire en vérité tel autre mot. C'est du symbolisme. Alors on va essayer de mettre un peu d'ordre dans les broussailles.
Je lis ici: Leshon Rabbeinu Zikhrono li-vrakha, ceci est ce qu'a dit notre maître, que sa mémoire soit une bénédiction. Il nous amène un verset: « Dieu dit à Moshe, dit aux Kohanim, aux prêtres, fils d'Aaron, et tu leur diras: ne vous souillez pas à une âme, c'est-à-dire à la mort, précisément, dans votre peuple. » Il y a une interdiction pour les Kohanim de toucher un mort, d'être en contact avec lui. Cela les rend impurs, or les Kohanim n'ont pas le droit d'être impurs.
Ce verset a l'air tout à fait banal, vous allez voir comment Rabbi Nahman le développe, c'est assez extraordinaire. Je reprends: « Dieu dit à Moshe, dit aux Kohanim. » Le verbe dire, tout à fait banal, sera compris par la suite comme concernant la tefila, la prière. « Va tamar ? » « Tu leur diras de ne pas se souiller. » Qu'est-ce que ne pas se souiller ? C'est symbolique: ne pas se souiller par une impureté séminale et, de manière plus générale, n'avoir aucune impureté, ni sexuelle ni de mauvaise pensée. Nous retrouverons ce verset dans la suite de l'enseignement.
Avant de commencer, il nous amène une autre citation, tirée du Zohar. « Il est dit dans le Sifra di-Tsniouta », le livre des choses cachées. Le Sifra di-Tsniouta est la partie la plus profonde du Zohar, un texte extrêmement énigmatique, qui est une épreuve pour tous les commentateurs. Il nous amène ici une petite citation: des orifices, nukva est un orifice, des pardesca. Pardesca, c'est une jarre, une jarre creuse. Vous comprenez qu'il s'agit ici d'une image. « Masha roha de-haye », et de là on tire un esprit de vie pour le Messie. Il y a donc un orifice dans une jarre, et de cet orifice sort un souffle de vie qui vivifie le Machiah. Maintenant que nous avons compris, nous allons pouvoir passer au texte.
Donc, Aleph: « Kia ikar kelezeno shel Machiah, hou ha-tefila, shiou b'chinat chottem. » L'arme essentielle du Messie, c'est la prière, qui est comparée à la narine. Vous voyez déjà que l'orifice dans la jarre est la narine, et que la narine représente la prière. « Kemo shekatouv », ainsi qu'il est dit: « Ut'hillati ehtom lakh », ma louange est pour toi comme une narine. Vous avez là un verset absolument incompréhensible dans Isaïe, mais ce n'est pas grave.
« Oumisham ikar chiyouto », c'est de là que vient l'essentiel de sa vitalité. « Vekhol milhamto shia'aseh », et toutes les guerres qu'il fera, « vekhol akevishot shi'irbosh », toutes les conquêtes qu'il opérera: tout lui vient de là-bas, c'est-à-dire de sa puissance de prière. « Kemoshe kato'ou », ainsi qu'il est dit: il respirera, il sentira la crainte de Dieu. C'est donc quelque chose qui ressemble à la narine, et c'est là son arme principale.
« Kemoshe kato'ou », ainsi qu'il est dit: « Beharbi oufkachti », lorsque Yaakov dit qu'il a fait une conquête par son épée et son arc. Rachi explique: harbi et kachti, c'est la tefila et la bakacha, ma prière et ma demande. Beharbi, mon épée, Rachi la traduit comme ma prière; bekachti, mon arc, comme s'il était écrit bakachati, ma demande. « Vekhimo kato'ou », ainsi qu'il est dit: « Lo b'kachti evtah », je ne mets pas ma confiance dans mon arc, « ki ha-Elokim hou'ilanou », mais c'est Dieu qui nous donne la victoire, « we-ha-Elokim tehilati... », comme il est dit: ma louange est pour toi comme une narine.
Indépendamment de toutes les associations, les symbolismes, etc., que dit ici Rabbi Nahman ? Le Messie est un homme politique. C'est un roi, qui a une armée et qui fait des conquêtes. On pourrait donc se dire que l'essentiel de la puissance du Messie serait sa force militaire. Or ce que nous dit ici Rabbi Nahman, c'est que l'essentiel est la prière. Pourquoi a-t-il besoin d'utiliser toutes ces images, toutes ces phrases qui sont tellement... Oui, c'est un peu embrouillant. C'est un style dont nous n'avons pas l'habitude.
Je vous rappelle que ce n'est pas moi qui ai proposé d'enseigner le Likouté Moharan, c'est David Altar, tout d'abord. Deuxièmement, il faut savoir surmonter un problème de langage. Si vous avez une difficulté à comprendre le langage de quelqu'un, vous prenez les habitudes, et après ça passe tout seul. D'accord ?
Je reprends l'idée essentielle. Le politique et le militaire sont l'enveloppe extérieure de la prière du Messie. Cela veut dire l'importance de la prière. Mais il faut comprendre comment elle fonctionne. Est-ce que la prière est quelque chose de magique ? On pourrait se dire: j'ai un truc, je fais tant et tant de psaumes, et j'ai tout ce que je veux. Non, ce n'est pas du tout ça. Rabbi Nahman nous explique comment fonctionne la vie intérieure de la prière. Pour cela, il faudrait que j'aie le texte, que je n'ai pas pour l'instant. Ah, voilà, ça y est.
« Ve-zeh ha-klizayn » est cette arme, cet ustensile militaire, « tsarikh lekabel »: il faut, pour le recevoir, ressembler à Yossef, c'est-à-dire préserver sa pureté corporelle, au niveau des instincts sexuels. Ainsi qu'il est dit: « Sa'ar, ton épée sur ta hanche. » Ainsi qu'il est dit: « Mi-peri vitneka, ouassimo al kissé », du fruit de ton ventre, je te mettrai un trône. Le trône est pour le Messie, qui a sa source dans la prière. …
Cours d'Orot veKelim
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